Marché de Médine en flammes : intervention rapide des ministres et élan de solidarité générale

Dans la nuit du dimanche 15 février 2026, un incendie d’une rare violence a réduit en cendres une partie importante du marché de Médine. Si le bilan humain est heureusement nul, le traumatisme économique est immense pour les commerçants de la capitale.

Il était un peu plus de 23 heures lorsque l’alerte a été donnée. En quelques minutes, les flammes, attisées par un vent nocturne, ont envahi les allées du marché de Médine, transformant environ une centaine de kiosques en brasier.

Face à l’ampleur du sinistre, la Protection Civile a déployé un dispositif d’envergure. Sous une coordination rigoureuse et avec l’appui des forces de Police et de Gendarmerie pour sécuriser le périmètre, les sapeurs-pompiers ont divisé le site en sept zones d’intervention.

Avec au moins deux gros engins pompe affectés à chaque secteur, les soldats du feu ont lutté une partie de la nuit pour circonscrire le foyer et éviter que l’incendie ne se propage aux habitations environnantes.

Dès les premières heures, deux membres du gouvernement se sont rendus sur les décombres encore fumants : le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général de division Daoud Aly Mohammedine, et son homologue de l’Industrie et du Commerce, M. Moussa Alassane Diallo.

Le Général Mohammedine a immédiatement annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de déterminer les causes exactes de la tragédie et d’établir les responsabilités. Tout en exprimant la solidarité des plus hautes autorités, il a lancé un appel pressant à la vigilance collective pour freiner la récurrence de ces incendies dans les espaces marchands.

De son côté, le ministre Moussa Alassane Diallo a déploré l’impact social dévastateur de ce sinistre. À quelques semaines du mois de Ramadan, période de forte activité commerciale, la perte de ces outils de travail constitue un coup dur pour l’économie locale et la stabilité des ménages.

Malgré la désolation, l’espoir tente de renaître. Une mobilisation solidaire, regroupant les gestionnaires du marché, les notables du quartier et les associations de commerçants, se met déjà en place. L’objectif est double : apporter une aide d’urgence aux victimes les plus précaires et organiser la relance rapide des activités pour ne pas paralyser davantage le secteur.

Cet énième incendie de marché à Bamako repose avec acuité la question de l’aménagement des infrastructures marchandes et de l’installation des dispositifs de sécurité incendie aux normes.

La Rédaction/Malijet.com

Mali : Barrick Mining signe pour dix ans de plus

Le Mali figure parmi les principaux producteurs d’or du continent africain. Barrick Mining compte, de son côté, parmi les plus grands groupes aurifères mondiaux. Après de longs mois de tensions autour du partage des revenus et du contrôle de la mine Loulo-Gounkoto, les deux partenaires prolongent finalement leur collaboration.

Le gouvernement malien a approuvé un décret renouvelant pour dix années supplémentaires le permis d’exploitation de la mine de Loulo, l’une des deux composantes du complexe Loulo-Gounkoto situé dans l’ouest du pays. Cette décision intervient après l’accord conclu en novembre 2025 entre l’État et Barrick Mining, qui a mis fin à un différend lié à l’application du code minier adopté en 2023.

Selon les détails relayés cette semaine par la presse internationale, le renouvellement concerne spécifiquement Loulo, dont le permis initial, accordé en 1996 pour trente ans, arrivait à expiration ce mois. Le site de Gounkoto, l’autre partie du complexe, dispose pour sa part d’un permis valable jusqu’en 2042.

Dans le cadre du processus de renouvellement, Barrick a réalisé une nouvelle étude de faisabilité. Celle-ci identifie des réserves pouvant permettre une exploitation à ciel ouvert économiquement viable sur six ans et une exploitation souterraine sur 16 ans.  En revanche, les termes exacts de la nouvelle convention minière associée au renouvellement du permis n’ont pas été précisés. Le gouvernement indique que la décision a été prise conformément aux dispositions du code minier en vigueur.

Dix ans pour tourner la page d’un conflit coûteux

Il faut rappeler que c’était le nouveau code minier de 2023 qui était à l’origine du long bras de fer entre le gouvernement malien et Barrick. Le texte permet désormais à l’État de détenir jusqu’à 30% du capital d’un projet minier, auxquels peuvent s’ajouter 5 % réservés à des investisseurs locaux. Sous l’ancien régime, l’État détenait 20% de Loulo-Gounkoto.

Les discussions avec Barrick ont été plus longues que celles engagées avec d’autres opérateurs. Début 2025, les tensions ont culminé avec la saisie d’un stock d’or sur le site, la suspension des opérations et l’ouverture d’une procédure d’arbitrage international par le groupe canadien devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI).

L’accord trouvé en novembre a prévu le retrait des procédures d’arbitrage par Barrick, l’abandon des poursuites par l’État malien, la libération d’employés détenus et la restitution du contrôle opérationnel du complexe. Des paiements liés à des impayés ont également été évoqués, sans que l’ensemble des termes financiers ne soit rendu public.

L’impact économique du conflit a été significatif. En 2025, la production industrielle d’or du Mali a reculé de 22,9%, à 42,2 tonnes. Loulo-Gounkoto, qui produisait 22,5 tonnes en 2024, n’a livré que 5,5 tonnes l’année suivante en raison de la suspension des activités. Le complexe, auparavant premier producteur du pays, a perdu sa place au profit de la mine Fekola exploitée par le canadien B2Gold.

Un contexte de marché favorable

En attendant davantage de détails sur les potentielles zones d’ombre entourant ce développement, notons que le renouvellement et l’accalmie dans les relations entre Barrick et le Mali arrivent dans un contexte de marché favorable.

Les prix du métal jaune ont augmenté ces derniers mois pour atteindre en début d’année 2026 jusqu’à 5 590 USD l’once (environ 4 710 euros), avant de descendre en dessous des 5 000 USD (4 215 euros). La demande des banques centrales et le statut de valeur refuge du métal continuent de soutenir les perspectives.

Pour le Mali dont l’or constitue le principal produit d’exportation et une source essentielle de recettes publiques, la reprise effective de Loulo-Gounkoto est déterminante. Même chose pour Barrick, qui a produit un total de 3,2 millions d’onces d’or (environ 100 tonnes) en 2025 sur l’ensemble de ses opérations et compte sur le complexe malien pour maintenir le cap en 2026.

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Mali : grève des chauffeurs routiers après l’attaque meurtrière d’un convoi de carburant

Actus. Le Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (Synacor) a décrété, lundi 09 février, une grève sur l’axe Bamako–frontière sénégalaise pour exiger le rapatriement des corps de collègues tués fin janvier dans une attaque attribuée aux jihadistes. Au moins 15 chauffeurs ont péri dans cette embuscade qui marque une nouvelle escalade de la violence.

Une grève jusqu’au rapatriement des corps 

Réunis en assemblée générale à Bamako, les membres du Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (Synacor) ont décidé lundi de suspendre leurs activités sur l’axe reliant la capitale à l’ouest du pays. Dans un communiqué signé par son chargé de communication, Aboubacar Coulibaly, le syndicat exprime son “mécontentement face à la situation actuelle” et exige le rapatriement des corps de leurs collègues, toujours laissés sur la route entre Diboli, à la frontière sénégalaise, et Kayes. Les activités de transport, les opérations de déchargement ainsi que toutes les activités connexes sont suspendues “jusqu’à nouvel ordre”. La reprise du travail est conditionnée à une solution concernant les corps des chauffeurs tués.

Une attaque d’une rare brutalité  

Le 29 janvier, un convoi transportant du carburant a été attaqué dans l’ouest du Mali. Au moins 15 chauffeurs ont été tués — 18 selon certains témoignages recueillis sur place — et des dizaines de camions-citernes ont été détruits. Selon une source sécuritaire citée par l’AFP, les assaillants auraient arrêté les chauffeurs avant de les exécuter à bout portant, les yeux bandés. Il s’agirait de la première fois que les chauffeurs sont systématiquement ciblés et tués lors de ce type d’attaque. L’attaque a eu lieu sur l’axe reliant la frontière sénégalaise à Kayes, une route stratégique pour l’approvisionnement en carburant du pays.

Le JNIM intensifie la pression 

Ces violences sont attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Depuis septembre, le JNIM impose un blocus sur plusieurs villes maliennes et multiplie les attaques contre les convois de carburant, contribuant à asphyxier l’économie nationale et à fragiliser davantage la capitale. En novembre dernier, dans une vidéo de propagande, le groupe jihadiste avait annoncé que les chauffeurs de camions-citernes seraient désormais considérés comme des “cibles militaires”. L’attaque du 29 janvier marque ainsi une nouvelle intensification des offensives, après plusieurs semaines d’accalmie.

Un axe vital paralysé 

La grève décrétée par le Synacor affecte un corridor stratégique reliant Bamako à Kayes et à la frontière avec le Sénégal. Cet axe est essentiel pour le commerce, l’approvisionnement en carburant et le transport de marchandises. En suspendant leurs activités, les chauffeurs entendent exercer une pression sur les autorités pour obtenir le rapatriement rapide des corps et des garanties de sécurité accrues. Dans un contexte sécuritaire déjà extrêmement tendu, cette paralysie pourrait accentuer les difficultés économiques du pays et renforcer les tensions sociales dans les jours à venir.

Le Mali crée une société d’Etat pour gérer ses participations dans les sociétés minières

En conseil des ministres le 6 février 2026, le gouvernement du Mali a acté la création d’une société anonyme dénommée « Société de Patrimoine minier du Mali (SOPAMIM)» dont le capital est détenu à 100% par l’Etat. Ce, à travers des projets de texte adoptés à cet effet.

« Le secteur minier constitue l’un des secteurs stratégiques de notre économie. Il contribue de manière significative aux recettes d’exportation et fiscales, au développement du secteur privé et à l’attractivité des investissements directs étrangers », indique le compte-rendu de la rencontre.

Avant d’en arriver là, Bamako a adopté, en août 2023, une loi portant réforme de son Code minier laquelle a permis une augmentation de la participation de l’Etat au capital des sociétés minières. Le nouveau texte prévoyait la création de cette société en vue de prendre des participations pour son compte, de faire le portage pour les nationaux et de gérer les participations de l’Etat dans les différentes sociétés minières.

Depuis, le Mali, grand producteur d’or, a fait le ménage dans son secteur des mines. Ce qui a, entre autres, fait augmenter les recettes provenant des sociétés minières aurifères de 52,5 % en 2024.

Navigation sur le fleuve Sénégal : le projet entre en phase opérationnelle

Le projet de restauration de la navigation sur le fleuve Sénégal franchit une étape décisive. Autorisée par la 78ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), tenue les 30 et 31 janvier à Nouakchott, la première phase des travaux est programmée pour avril 2026. La réunion, présidée par le ministre malien de l’Énergie et de l’Eau, Boubacar Diane, en présence du Haut commissaire de l’OMVS, Mohamed Abdel Vetah, a réuni les ministres des pays membres : Mali, Guinée, Mauritanie et Sénégal.

Un corridor fluvial stratégique pour le Mali

Le projet vise à rétablir une navigation efficace sur les 905 kilomètres séparant Saint-Louis, au Sénégal, du futur terminal fluvial d’Ambidédi, situé à une dizaine de kilomètres de Kayes, au Mali. À terme, les marchandises débarquées au port maritime de Saint-Louis pourront être acheminées directement par voie fluviale jusqu’au Mali, réduisant la dépendance aux corridors routiers et aux ports des pays voisins.

La première phase prévoit notamment :

  • le dragage du chenal pour permettre le passage de barges transportant plusieurs milliers de tonnes ;

  • le balisage et l’aménagement du fleuve pour une navigation de jour comme de nuit ;

  • la réhabilitation des escales fluviales avec quais, zones de stockage et infrastructures logistiques.

Le coût estimé de cette étape initiale est de 7,38 milliards de FCFA.

Des avantages multiples pour le Mali et la région

Pour le Mali, pays enclavé, le projet constitue un levier majeur de désenclavement et de souveraineté économique. Une seule barge peut transporter l’équivalent de 40 à 50 conteneurs, réduisant significativement les coûts logistiques, la consommation de carburant et l’usure des routes, tout en diminuant les risques liés à l’insécurité sur les axes routiers.

Le futur terminal d’Ambidédi est appelé à devenir un hub logistique régional, générant des emplois directs et indirects, stimulant le commerce local et offrant des retombées socio-économiques importantes pour la région de Kayes.

Le projet bénéficie également aux autres États membres de l’OMVS. Le Sénégal, point d’entrée maritime du corridor, profitera d’une valorisation accrue de ses infrastructures portuaires et d’un meilleur écoulement des marchandises. Au total, plus de 800 kilomètres de localités riveraines seront désenclavées, et plus de 240 000 hectares de terres irrigables dans le delta et la vallée du fleuve pourront être exploités pour l’agriculture. Sur le plan environnemental, le projet contribuera à protéger Saint-Louis des inondations sur le long terme.

Une ambition historique pour l’intégration régionale

Le ministre Boubacar Diane a souligné l’importance stratégique du projet, rappelant que la croissance de la demande, les contraintes d’exploitation et la nécessité de répondre aux besoins futurs imposent d’accélérer la mise en œuvre et la modernisation des installations existantes, tout en intégrant les énergies renouvelables.

Le projet de navigation sur le fleuve Sénégal réaffirme qu’l’enclavement du Mali n’est pas une fatalité et qu’il existe des solutions durables pour connecter le pays aux échanges régionaux et mondiaux.

Mali: une société publique pour gérer les participations minières
Le Conseil des ministres du Mali a adopté, le 6 février 2026, les textes portant création de la Société de patrimoine minier du Mali, une société anonyme détenue intégralement par l’État. Cette structure est chargée de gérer les participations publiques dans les sociétés minières opérant sur le territoire national.
Réuni le vendredi 6 février 2026 au Palais de Koulouba sous la présidence du chef de l’État, le Conseil des ministres a adopté, sur rapport du ministre de l’Économie et des Finances, les projets de texte portant création de la Société de patrimoine minier du Mali, dénommée SOPAMIM S.A. La nouvelle entité est constituée sous la forme d’une société anonyme dont le capital est détenu à 100 % par l’État malien.
La création de la SOPAMIM intervient dans le cadre de l’application de la Loi n°2023-040 du 29 août 2023 portant Code minier en République du Mali. Ce texte prévoit un renforcement de la participation de l’État dans le capital des sociétés minières, ainsi que la mise en place d’une société de patrimoine chargée de détenir et d’administrer ces participations pour le compte de la Nation.
Selon les textes adoptés, la SOPAMIM a pour missions principales de gérer les participations de l’État dans les sociétés minières, de prendre des participations stratégiques dans de nouveaux projets et d’assurer le portage des intérêts des acteurs nationaux. Elle est également appelée à centraliser la gestion du patrimoine minier public, jusque-là répartie entre plusieurs structures administratives.
Le secteur minier constitue l’un des piliers de l’économie malienne. Il représente plus de 75 % des exportations du pays, environ 25 % des recettes budgétaires et près de 10 % du produit intérieur brut, selon les données officielles.
Le Mali figure parmi les principaux producteurs d’or du continent africain, avec une production annuelle supérieure à 70 tonnes ces dernières années, faisant du métal jaune la première source de devises du pays.
La réforme introduite par le Code minier de 2023 a porté la participation de l’État dans les sociétés minières à des niveaux pouvant atteindre jusqu’à 30 %, incluant des participations gratuites et des options d’acquisition supplémentaires.
La SOPAMIM constitue l’instrument opérationnel destiné à mettre en œuvre ces dispositions et à assurer le suivi des intérêts financiers de l’État dans le secteur extractif.
Les autorités indiquent que la centralisation de la gestion des participations minières vise à améliorer la traçabilité des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles et à renforcer la coordination entre les différents acteurs publics impliqués dans le secteur. Les modalités de gouvernance, de contrôle et de reddition des comptes de la SOPAMIM doivent être précisées par des textes d’application.

La création de cette société publique s’inscrit dans un contexte régional marqué par l’adoption, dans plusieurs pays producteurs de ressources naturelles, de mécanismes similaires de gestion des participations étatiques. Au Mali, la SOPAMIM est appelée à intervenir dans un secteur qui demeure central pour les finances publiques et les équilibres macroéconomiques du pays.

MD/ac/Sf/APA

Titres publics : le Mali vise 1 450 milliards FCFA de mobilisation en 2026

Le ministère de l’Économie et des Finances a officiellement lancé, le 5 février 2026, le calendrier d’émission des titres publics pour l’exercice en cours. La cérémonie, présidée par le Directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique, Siaka Samaké, représentant le ministre Alousséni Sanou, a permis de faire le point sur les performances de 2025 et de dévoiler les orientations stratégiques pour 2026.

Un bilan 2025 jugé satisfaisant

Malgré un contexte économique exigeant, l’État malien a confirmé la solidité de sa signature sur le marché financier régional. En 2025, le Trésor public a mobilisé 1 193 milliards de FCFA à travers 34 émissions de titres.

Cette performance a été portée en grande partie par le secteur bancaire national. Selon la présidente de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF), Sidibé Aïssata Koné, les banques maliennes ont contribué à hauteur de 686 milliards de FCFA, soit 58 % du montant total mobilisé.

Les principaux investisseurs distingués

La cérémonie a également été marquée par la reconnaissance des partenaires financiers les plus actifs. Le classement des meilleurs investisseurs de l’année 2025 place la BDM-SA en tête, suivie de la BMS-SA et de la BNDA.

Objectif 2026 : financer des projets structurants

Pour l’exercice 2026, l’État malien affiche des ambitions renforcées avec un objectif de mobilisation fixé à 1 450 milliards de FCFA. Les ressources attendues serviront au financement de projets structurants jugés prioritaires pour le développement économique et social du pays.

La directrice de l’UMOA-Titres, Oulimata N’Diaye Diasse, a salué la qualité de la coopération avec le Mali, mettant en avant la crédibilité du cadre de gestion de la dette publique. De son côté, le ministre Alousséni Sanou a insisté sur la nécessité de renforcer la transparence dans la gestion des titres publics et de maintenir un dialogue constant avec les investisseurs afin de préserver la stabilité du marché.

Port de Dakar et les 4000 conteneurs bloqués au Mali : Plus de 13 milliards de francs CFA envolés
Privé de milliers de conteneurs immobilisés au Mali, le port de Dakar subit de plein fouet une crise logistique qui pourrait coûter 20 millions d’euros soit plus de 13 milliards de francs CFA aux armateurs. Ce qui risque de faire flamber les prix dans toute la région. Le port autonome de Dakar, poumon économique du Sénégal et porte d’entrée de l’Afrique de l’Ouest, se retrouve alors au centre d’une équation économique. L’immobilisation de plus de 4 000 conteneurs vides au Mali prive la plateforme sénégalaise d’un matériel essentiel à son fonctionnement.

Avec un prix moyen de 5000 euros par conteneur neuf, ce sont environ 20 millions d’euros de matériel qui échappent au circuit logistique de Dakar. Mais la perte financière va bien au-delà pour les compagnies maritimes opérant depuis le port sénégalais. « Un conteneur vide et immobile est un conteneur qui ne travaille pas, qui ne transporte pas de marchandises. C’est un manque à gagner très important pour les compagnies maritimes », explique un économiste malien dont les propos sont relayés par RFI. Pour MSC et Hapag-Lloyd, principales victimes avec respectivement 2800 et 700 conteneurs bloqués, l’impact sur la rentabilité des lignes Dakar-Bamako est considérable.

Cette hémorragie de conteneurs trouve sa source dans le chaos sécuritaire malien. Les attaques jihadistes récurrentes dans la région de Kayes, à la frontière avec le Sénégal, ont transformé la route Dakar-Bamako en parcours à hauts risques. Les transporteurs rechignent désormais à effectuer le trajet retour, même pour récupérer les précieux conteneurs.

Le Conseil malien des chargeurs évoque un « risque réel de durcissement des conditions d’exploitation des opérateurs économiques maliens par les armateurs ». Traduction concrète : les compagnies maritimes pourraient augmenter leurs tarifs ou réduire leurs services depuis Dakar pour compenser leurs pertes, pénalisant l’ensemble de la chaîne logistique ouest-africaine.

L’impact pourrait se faire sentir bien au-delà des bureaux des armateurs. « Les coûts logistiques sont immédiatement répercutés sur les prix des produits », avertit l’économiste malien interrogé par RFI, rappelant l’explosion des prix du ciment pendant l’été dernier. Avec 70 % des importations maliennes qui transitent par Dakar, toute perturbation de la circulation des conteneurs entre les deux capitales affecte directement les consommateurs maliens. À l’approche du ramadan, période de forte consommation, la pression monte sur les autorités pour trouver une solution.

Dakar avait pourtant fait des efforts

En novembre dernier, c’était le problème inverse qui préoccupait Bamako : plus de 2 000 conteneurs pleins attendaient au port de Dakar d’être acheminés au Mali, bien au-delà de la durée règlementaire. La ministre malienne des Transports, Dembélé Madina Sissoko, s’était déplacée personnellement à Dakar pour négocier.

Le Sénégal avait alors accepté l’annulation totale des pénalités de stockage pour les sociétés maliennes et accordé un délai de trois mois pour leur évacuation. Résultat : il ne reste aujourd’hui que 304 conteneurs en attente à Dakar, avec une date limite fixée au 24 février pour leur « enlèvement ».

Face à cette nouvelle crise, les compagnies maritimes ont choisi de ne pas communiquer directement depuis Dakar. Elles ont laissé les autorités maliennes relayer leurs doléances, exprimées lors d’une réunion le 20 janvier dernier dans la capitale sénégalaise. Ni le Conseil malien des chargeurs, ni le ministère des Transports n’ont répondu aux demandes de clarification sur les solutions envisagées pour débloquer la situation, rapporte la Rfi.

Mali : Bamako reprend le contrôle stratégique de son or

Grâce à la réforme de son code minier, le Mali a profondément modifié le rapport de force avec les multinationales de l’or. En renforçant la participation de l’État et en imposant de nouvelles règles fiscales, Bamako affirme sa souveraineté économique et ouvre la voie à une transformation locale des ressources.

Depuis l’adoption du nouveau code minier en août 2023, le Mali a engagé une reprise en main de son secteur aurifère, longtemps dominé par des intérêts étrangers. Ce texte permet désormais à l’État de détenir jusqu’à 30 %, voire 35 %, des parts dans les projets miniers, incluant une participation gratuite de 10 %.

Les effets financiers sont déjà visibles. Selon le ministère des Mines, les recettes minières ont augmenté de plus de 50 % en 2024, passant de 547 à plus de 835 milliards de FCFA. L’or, qui représente environ 80 % des exportations du pays, devient ainsi un levier central de la souveraineté économique.

Cette nouvelle orientation s’est illustrée dans le bras de fer avec le groupe canadien Barrick Gold, exploitant du complexe Loulo-Gounkoto. En novembre 2025, un accord a été conclu prévoyant le paiement de près de 430 millions de dollars d’arriérés fiscaux et douaniers, ainsi que des dividendes annuels estimés à 90 milliards de FCFA.

Au-delà des recettes, les autorités misent sur la transformation locale. L’extension de la raffinerie de Sénou, lancée en 2025, vise à capter davantage de valeur ajoutée sur le sol national. Par ailleurs, un décret impose désormais aux sociétés minières de confier une part importante de la sous-traitance à des entreprises maliennes.

Cette dynamique s’inscrit dans une vision régionale portée par l’Alliance des États du Sahel (AES). Le Mali, le Burkina Faso et le Niger cherchent à harmoniser leurs politiques minières afin de renforcer leur poids face aux multinationales et aux marchés internationaux.

En reprenant la main sur son or, Bamako affirme une ligne claire : l’exploitation des ressources naturelles doit désormais servir en priorité le développement national et le bien-être des populations.

AES : les Chefs d’État inaugurent la Banque Confédérale d’Investissement et de Développement à Bamako

Les Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES) ont procédé ce mardi 23 décembre 2025 à Bamako à l’inauguration officielle de la Banque Confédérale d’Investissement et de Développement (BCID-AES), une institution financière stratégique destinée à soutenir les investissements structurants et à renforcer la souveraineté économique de l’espace AES.

Une institution clé pour la souveraineté économique de l’AES

Dans le cadre de la mise en œuvre des orientations stratégiques de la Confédération des États du Sahel, la Banque Confédérale d’Investissement et de Développement (BCID-AES) a été officiellement inaugurée à Bamako.

La cérémonie a été présidée par le Président de la Transition du Mali et Président de la Confédération AES, le général d’Armée Assimi Goïta, aux côtés du Président de la République du Niger, le général d’Armée Abdourahamane Tiani, et du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.

Un levier pour le financement du développement régional

Institution financière stratégique de la Confédération, la BCID-AES a pour mission de :

  • soutenir les investissements structurants ;
  • accompagner les projets de développement économique et social ;
  • renforcer la souveraineté financière et économique des États membres ;
  • promouvoir un développement durable et intégré dans l’espace AES.

Elle s’inscrit dans la dynamique de mutualisation des moyens engagée par les pays membres pour faire face aux défis économiques et sécuritaires.

Une cérémonie solennelle à forte portée symbolique

La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence de nombreuses autorités politiques, administratives et militaires des États membres de la Confédération.

Elle a été marquée par la coupure du ruban symbolique, suivie d’une visite guidée des installations de la nouvelle institution bancaire.

Cette inauguration constitue une étape majeure dans la consolidation des instruments économiques de l’AES, après la mise en place d’outils communs dans les domaines de la sécurité et de l’information.