« INPS : où sont passés les 15,9 milliards de francs CFA d’irrégularités relevés par le BVG ? »

Le rapport définitif du Bureau du Vérificateur général sur la gestion de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) fait apparaître des irrégularités financières d’un montant total de 15,925 milliards de FCFA sur la période 2021-2025. Primes indues, carburant, subventions, pensions, dépenses sans visa, prestations payées mais non exécutées : le rapport dresse le constat d’une gestion marquée par de nombreux dysfonctionnements.

Le chiffre donne immédiatement la mesure de l’affaire : 15 925 298 453 FCFA d’irrégularités financières relevées par le Vérificateur général dans la gestion de l’INPS au titre des exercices 2021, 2022, 2023, 2024 et 2025. Le rapport définitif, daté du 31 août 2026, estime que ces pratiques entraînent une forte déperdition des ressources de l’Institut et risquent de compromettre la continuité du service de sécurité sociale au Mali.

Pour mesurer l’importance des sommes en jeu, il faut rappeler que l’INPS a enregistré, durant la période contrôlée, 1 250,98 milliards de FCFA de recettes et 1 183,43 milliards de FCFA de dépenses.

5,57 milliards FCFA de primes de rendement jugées indues

C’est la principale irrégularité financière relevée par le BVG.

Selon le rapport, la prime de rendement devait être une prime trimestrielle, calculée après évaluation des agents et dans la limite de 15 % du salaire brut mensuel.

Mais l’INPS aurait appliqué une autre méthode : un montant mensuel était d’abord calculé, puis multiplié par le nombre de mois de présence de l’agent durant le trimestre.

Résultat : 8,726 milliards de FCFA de primes ont été accordés alors que le montant régulièrement dû était évalué à 3,153 milliards. Le BVG chiffre ainsi le montant indu à 5,573 milliards de FCFA.

À elle seule, cette irrégularité représente donc plus du tiers du montant total des irrégularités financières relevées.

Plus de 3 milliards FCFA de subventions jugées irrégulières

Le rapport relève également plus de 3,1 milliards de FCFA de subventions irrégulières.

Le problème ne réside pas nécessairement dans le principe même d’aider des personnes ou des organisations. Le BVG reproche surtout à l’INPS d’avoir accordé ces subventions sans plan d’action dûment adopté et, dans certains cas, pour des activités qui ne relevaient pas des domaines prévus par le Code de prévoyance sociale.

Parmi les dépenses citées dans le rapport figurent notamment la distribution de vivres lors de fêtes, la réalisation de moulins et d’unités de fabrication de savon, l’embouche bovine, le curage de caniveaux, la réalisation de fermes bovines, la prise en charge d’activités syndicales, mais aussi des évacuations sanitaires de proches d’employés ou de personnes relevant d’autres structures.

Le rapport mentionne également la prise en charge d’abonnements à une piscine et à un terrain de football pour des employés de l’INPS ainsi que l’achat de pagnes au profit de l’amicale des femmes travailleuses de l’Institut.

2,48 milliards FCFA de gratifications

Le BVG a aussi épinglé 2,480 milliards de FCFA de gratifications versées au personnel.

Selon les vérificateurs, les gratifications au titre des exercices 2023 et 2024 ont été payées alors que les exercices concernés n’étaient pas encore clôturés et que les conditions prévues pour leur attribution n’étaient pas réunies.

L’INPS a contesté cette observation, en soutenant notamment que les gratifications étaient prévues dans les budgets adoptés par le Conseil d’administration.

Mais après examen des réponses et des pièces produites, le BVG a maintenu sa constatation. Il relève notamment, pour la gratification 2023, que le paiement est intervenu le 26 décembre 2023 alors que la délibération produite pour l’autoriser est datée du 28 décembre 2023.

2,11 milliards de dépenses sans visa du Contrôle financier

Autre montant particulièrement important : 2,112 milliards de FCFA de dépenses ont été payés sans le visa préalable du Délégué du Contrôle financier, selon le BVG.

Ces dépenses concernaient notamment des subventions, des réceptions, la formation du personnel, des rémunérations d’intermédiaires, des honoraires et d’autres charges liées au personnel.

L’INPS a expliqué notamment que certaines dépenses avaient été exécutées dans un contexte de retard d’approbation des budgets, d’urgence ou de nécessité d’assurer la continuité de ses activités.

Le BVG n’a toutefois pas retenu ces explications comme suffisantes et a maintenu sa constatation.

Des rémunérations supérieures aux montants autorisés

Le rapport révèle également que le Directeur général, le Directeur général adjoint et l’Agent comptable ont perçu, entre janvier 2022 et décembre 2025, des rémunérations supérieures à celles fixées par une délibération du Conseil d’administration.

Le montant total considéré comme indu atteint 469,335 millions de FCFA.

Dans le détail, le BVG chiffre les rémunérations indues à 181,704 millions pour le Directeur général, 137,958 millions pour le Directeur général adjoint et 149,674 millions pour l’Agent comptable.

699 millions FCFA de ristournes pour comptable

Le rapport fait également état de 699,042 millions de FCFA de ristournes pour comptable jugées indues.

Une partie de ces ristournes aurait notamment été versée au Directeur général et au Directeur général adjoint, alors que l’accord d’établissement réserve cet avantage aux agents des services comptables et financiers.

Le BVG relève également des montants de ristournes versés aux comptables supérieurs aux montants considérés comme dus.

Des pensions majorées pour 19 agents

Le contrôle des pensions révèle un autre problème.

Le Directeur des Structures déconcentrées aurait ordonné le paiement de pensions de 19 agents, dont deux agents de l’INPS, pour des montants supérieurs à ceux liquidés par la Direction des Prestations, sans documents justifiant les révisions.

Le montant total des majorations indues est évalué à 344,297 millions de FCFA.

Plus d’un demi-milliard pour des prestations qui n’auraient pas été exécutées

Dans les directions régionales de Kayes, Koulikoro et Sikasso, le BVG affirme avoir constaté le paiement de prestations qui n’auraient pas été exécutées.

Il s’agit notamment de contrats portant sur des abonnements Internet par faisceau hertzien. Après vérification, l’équipe du BVG indique qu’aucune installation de faisceau hertzien n’existait dans les localités concernées et que leur connexion était assurée par un autre prestataire.

Montant relevé : 557,153 millions de FCFA.

Le cas du carburant interpelle également

Le rapport relève plusieurs irrégularités liées au carburant.

Le Délégué du Contrôle financier auprès de l’INPS aurait bénéficié d’avantages comprenant notamment des indemnités de logement, d’eau et d’électricité, des primes ainsi qu’une dotation mensuelle de 1 000 litres de carburant, pour un total de 166,912 millions de FCFA.

Le BVG considère ces avantages comme non prévus par la réglementation.

Le rapport relève par ailleurs 22,931 millions de FCFA de dotations en carburant attribuées irrégulièrement à des personnes qui n’étaient pas membres du personnel de l’INPS.

Le Directeur général aurait également bénéficié d’une dotation supplémentaire de 44 000 litres de carburant, évaluée à 36,124 millions de FCFA, en plus de la dotation mensuelle prévue.

Des avances de mission non justifiées

Le BVG a également relevé des avances sur frais de mission qui n’avaient pas été suffisamment justifiées.

Après plusieurs remboursements intervenus pendant les travaux de vérification, puis après la production de pièces complémentaires par l’INPS, le montant de l’irrégularité a finalement été ramené à 13,852 millions de FCFA.

138 agents avec des diplômes non authentifiés

L’affaire ne se limite pas aux dépenses.

Le rapport définitif indique que 138 agents recrutés par l’INPS ont fourni des diplômes que les structures de formation censées les avoir délivrés n’ont pas authentifiés.

Le sujet est d’autant plus sensible que le rapport relève parallèlement de graves irrégularités dans les recrutements effectués en 2023, 2024 et 2025.

Selon le BVG, 291 agents ont été recrutés en 2023, 1 236 en 2024 et 1 412 en 2025, sans plan de recrutement soumis à l’autorisation expresse du ministre de tutelle. Le rapport relève également l’absence d’approbation du Conseil d’administration sur les modalités et le nombre de recrutements, l’absence de tests écrits ou d’entretiens d’évaluation dans les cas examinés et d’autres anomalies dans les dossiers.

Et les 128 millions de cotisations AMO ?

Le BVG affirme également que l’INPS n’a pas reversé à la CANAM la totalité des retenues AMO opérées sur les pensions.

Les retenues liquidées s’élevaient à 3,396 milliards de FCFA, contre 3,268 milliards effectivement versés, soit un écart de 128,180 millions de FCFA.

Au total : 15,9 milliards de FCFA d’irrégularités

Le tableau récapitulatif du rapport définitif totalise 15 925 298 453 FCFA d’irrégularités financières.

Les principaux montants sont :

  • 5,573 milliards FCFA : primes de rendement indues ;
  • 3,129 milliards FCFA : subventions irrégulières ;
  • 2,481 milliards FCFA : gratifications indues ;
  • 2,112 milliards FCFA : dépenses sans visa du Contrôle financier ;
  • 699,042 millions FCFA : ristournes pour comptable indues ;
  • 557,154 millions FCFA : prestations non exécutées ;
  • 469,336 millions FCFA : rémunérations indues du personnel de Direction ;
  • 344,298 millions FCFA : majorations indues de pensions ;
  • 166,912 millions FCFA : avantages indus au Délégué du Contrôle financier ;
  • ainsi que plusieurs autres irrégularités.

À eux seuls, les quatre premiers postes représentent plus de 13,2 milliards de FCFA, soit plus de 80 % du montant total relevé.

Le BVG a transmis et dénoncé les faits

Le dossier prend une dimension supplémentaire : le Vérificateur général indique avoir procédé à la transmission et à la dénonciation de faits au Président de la Section des comptes de la Cour suprême et au Procureur de la République financier concernant les différentes irrégularités relevées.

La liste transmise reprend les paiements d’avantages indus, les carburants, les dépenses sans visa, les primes, les subventions, les pensions, les prestations non exécutées, les retenues AMO non reversées ainsi que les faits relatifs aux faux diplômes.

Il ne s’agit donc pas simplement d’un constat administratif interne : le rapport a donné lieu à une transmission aux autorités compétentes.

Une gestion qui soulève de sérieuses questions

Au-delà des chiffres, le rapport met en évidence des faiblesses importantes dans le fonctionnement de l’INPS.

Le BVG relève notamment que l’Institut n’élaborait pas de compte administratif et de compte de gestion durant la période examinée, n’avait pas actualisé son manuel de procédures depuis 2004, n’avait pas réalisé d’inventaire physique de ses biens en 2023, 2024 et 2025 et ne tenait pas correctement ses archives.

Plus préoccupant encore, le Directeur général signait des chèques et des ordres de virement alors que le règlement réserve cette compétence à l’Agent comptable.

L’INPS a eu droit à la procédure contradictoire

Le rapport définitif précise que l’INPS a été entendu dans le cadre de la procédure contradictoire.

Les résultats préliminaires ont été communiqués aux responsables concernés. L’INPS a transmis ses observations écrites le 11 août 2026 et une séance contradictoire s’est tenue le 21 août 2026. Des documents complémentaires ont ensuite été examinés avant la production du rapport définitif.

Cela signifie que les chiffres et constats présentés dans le rapport publié par le BVG tiennent compte de cette phase de réponse de l’INPS. Dans plusieurs cas, le BVG indique expressément que les explications et documents fournis n’ont pas remis en cause ses constatations.

Un avertissement pour la sécurité sociale malienne

L’INPS n’est pas une entreprise ordinaire. Il gère des régimes de protection sociale destinés notamment à couvrir les travailleurs contre différents risques sociaux : prestations familiales, accidents du travail et maladies professionnelles, retraite, invalidité et décès.

C’est précisément ce qui donne une dimension particulière aux conclusions du Vérificateur général.

Le BVG estime que les irrégularités financières constatées entraînent une forte déperdition des ressources de l’INPS et pourraient compromettre la continuité du service de sécurité sociale au Mali.

Le rapport recommande donc notamment de renforcer les contrôles, de respecter les règles de recrutement, d’améliorer la gestion financière et comptable, d’éviter les conflits d’intérêts et de renforcer la transparence dans l’utilisation des ressources de l’Institut.

Malitime.net

 

Vérification financière : Gestion de l’Institut National de Prévoyance Sociale

Mali-Chine : la CCIM obtient des assurances pour une reprise rapide des visas chinois

La suspension temporaire des services consulaires chinois à Bamako inquiétait les opérateurs économiques maliens. La CCIM a engagé des démarches auprès de l’ambassade de Chine pour accélérer le rétablissement du service.

La Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM) a été reçue le 28 août 2026 par M. Liu Kaiyuan, Premier Conseiller de l’ambassade de Chine au Mali, dans le cadre des démarches engagées après la suspension temporaire de la délivrance des visas chinois.

Conduite par son secrétaire général, Mahamadou Sanogo, la délégation de la CCIM a notamment attiré l’attention de la partie chinoise sur les difficultés rencontrées par les opérateurs économiques maliens, pour qui la mobilité entre le Mali et la Chine constitue un enjeu important.

Des travaux à l’origine de la suspension

Selon les explications fournies lors de la rencontre, l’interruption du service consulaire est liée à d’importants travaux d’aménagement sur l’axe Bamako-Koulikoro.

Ces travaux ont entraîné la démolition des locaux qui abritaient les services consulaires chinois, rendant temporairement impossible le traitement normal des demandes de visas.

Cette situation affecte notamment les entrepreneurs et commerçants maliens ayant des activités, des partenariats ou des projets nécessitant des déplacements en Chine.

Pékin rassure les opérateurs économiques maliens

La partie chinoise a reconnu les difficultés occasionnées par cette interruption et a expliqué que les infrastructures nécessaires au traitement des dossiers ne sont actuellement plus opérationnelles.

M. Liu Kaiyuan a toutefois assuré que des dispositions sont en cours afin de permettre une reprise du service dans les meilleurs délais.

Pour la CCIM, cette rencontre constitue une étape importante pour défendre les intérêts des opérateurs économiques maliens et préserver la fluidité des échanges commerciaux entre les deux pays.

La Chambre entend maintenir le dialogue avec l’ambassade de Chine afin de suivre l’évolution de la situation et de veiller à une reprise rapide de la délivrance des visas.

Bamako : la Douane saisit 6 tonnes de viande de volaille avariée à Médina-Coura

Une cargaison dissimulée dans un camion présenté comme transportant des matériaux ou des déchets a été interceptée par la Brigade mobile d’intervention.

La Brigade mobile d’intervention (BMI) de Bamako a réalisé une importante saisie le 1er septembre 2026 au marché de Médina-Coura. Les agents des Douanes ont intercepté un camion transportant clandestinement une importante quantité de produits alimentaires d’origine étrangère.

L’opération a été déclenchée à la suite d’un renseignement. Les agents ont pris en filature un camion présenté comme transportant du sable, du gravier ou encore des ordures.

600 cartons de volaille saisis

Après interception et contrôle du véhicule, les douaniers ont découvert 600 cartons de viande de volaille avariée, pour un poids total estimé à 6 000 kilogrammes, soit six tonnes.

Le camion et sa cargaison ont été conduits dans les locaux de la Douane afin de permettre la poursuite de la procédure et les suites réglementaires.

Au-delà de l’aspect fiscal et douanier, cette saisie soulève un important enjeu de protection de la santé des consommateurs.

La lutte contre l’introduction et la commercialisation de produits alimentaires non conformes contribue également à la régulation du marché, à la protection de la production nationale et à la préservation des intérêts des opérateurs économiques qui respectent les règles en vigueur.

Cette opération vient ainsi rappeler l’importance des contrôles douaniers dans la lutte contre la fraude et le commerce de produits susceptibles de présenter des risques pour les populations.

Mali : arrivée de centaines de camions-citernes à Bamako pour renforcer l’approvisionnement en carburant

Plusieurs centaines de camions-citernes transportant des hydrocarbures ont été réceptionnés à Bamako ce mercredi 1er avril, dans un contexte marqué par des tensions persistantes sur l’approvisionnement énergétique du pays.

Le convoi, composé de véhicules chargés de gaz, gasoil, essence et fuel, a été accueilli au niveau du parc de l’Office malien des produits pétroliers (OMPP) ainsi que sur le site de l’ex-MINUSMA. L’opération, encadrée par les services compétents, vise à renforcer les stocks disponibles et à accélérer la mise à disposition des produits sur le marché national.

Une opération sous haute surveillance

Selon des sources officielles, des contrôles rigoureux ont été effectués à l’arrivée du convoi. Ceux-ci ont porté notamment sur :

  • La conformité des livraisons
  • La qualité des produits
  • Les conditions de stockage
  • La sécurisation des volumes réceptionnés

Cette vigilance s’inscrit dans une volonté des autorités de garantir un approvisionnement fiable et sécurisé dans un contexte sensible.

Un renfort dans un contexte de dépendance logistique

Cette nouvelle livraison vient consolider les stocks existants, alors que le Mali demeure fortement dépendant des corridors routiers régionaux pour ses importations d’hydrocarbures.

Depuis plusieurs mois, les autorités multiplient les initiatives pour maintenir un niveau d’approvisionnement suffisant. Entre fin octobre et début décembre 2025, d’importants convois — parfois composés de 300 à 400 citernes — avaient déjà rejoint la capitale sous escorte militaire. En novembre 2025, un autre convoi de plus de 80 citernes en provenance du Niger avait également été acheminé vers Bamako.

Des convois exposés à des risques sécuritaires

Malgré ces efforts, la chaîne d’approvisionnement reste fragile. Les convois de carburant sont régulièrement exposés à des menaces sécuritaires.

Le 29 janvier 2026, une attaque meurtrière visant un convoi de camions-citernes dans l’ouest du pays, près de la frontière sénégalaise, a causé la mort de plusieurs personnes et la destruction de nombreux véhicules. Cet incident illustre les défis majeurs auxquels fait face le Mali pour sécuriser ses flux énergétiques.

Stabiliser un secteur stratégique

Dans ce contexte, l’arrivée de ce nouveau convoi apparaît comme une tentative supplémentaire des autorités pour stabiliser le marché intérieur.

Le carburant reste en effet un enjeu crucial pour :

  • Les ménages
  • Les transporteurs
  • Les services essentiels
  • L’économie nationale dans son ensemble

La continuité de l’approvisionnement énergétique constitue ainsi un défi stratégique pour le pays.

Mali : un stock stratégique de carburant pour sécuriser 45 jours de consommation nationale

Le Mali franchit un cap important dans sa politique énergétique. Face aux fluctuations des marchés internationaux et aux risques récurrents de rupture d’approvisionnement, le Conseil des Ministres a adopté une série de textes instituant un Stock National de Sécurité de produits pétroliers liquides et gazeux.

Cette réforme ambitieuse vise à garantir au pays une réserve équivalente à 45 jours de consommation nationale, marquant ainsi une évolution majeure dans la gestion des ressources énergétiques.

Une dépendance énergétique totale à sécuriser

Le Mali dépend entièrement des importations pour couvrir ses besoins en carburant. Cette réalité concerne tous les secteurs stratégiques : électricité, transport, mines, télécommunications ou encore défense.

Les chiffres présentés en Conseil des Ministres illustrent cette pression croissante :

  • Les importations de produits pétroliers sont passées de 2 621 513 m³ en 2023 à 2 665 106 m³ en 2024, soit une hausse de 1,66 %
  • Le gaz butane a enregistré une progression encore plus marquée de 14,38 %, atteignant 15 838 tonnes

Dans ce contexte, toute perturbation externe peut rapidement impacter l’économie nationale et le quotidien des populations.Jusqu’à présent, l’État intervenait de manière ponctuelle pour atténuer les effets des crises, souvent au prix de lourdes subventions.

Avec cette nouvelle politique, le Mali adopte une approche proactive. Le dispositif prévoit la constitution d’un stock de sécurité couvrant 45 jours pour les produits suivants :

  • Super carburant
  • Gasoil
  • Jet A1 (carburant aviation)
  • Gaz butane

L’objectif est clair : anticiper les chocs plutôt que les subir.

🎯 Un bouclier économique et social

Au-delà de l’aspect technique, cette réforme représente un véritable levier de stabilisation économique. Elle permettra notamment de :

  • Assurer la continuité des services essentiels (hôpitaux, sécurité, défense)
  • Limiter l’impact des hausses brutales des prix sur les ménages
  • Préserver la compétitivité des entreprises et industries
  • Renforcer la résilience face aux crises internationales

En instituant ce stock national de sécurité, le Mali pose les bases d’une stratégie énergétique plus autonome et résiliente. Cette décision s’inscrit dans une volonté plus large de protéger l’économie nationale et de garantir la stabilité sociale.

Les modalités de mise en œuvre définies dans les textes adoptés ouvrent désormais la voie à une nouvelle ère dans la gestion énergétique du pays.

Mali : le Premier ministre échange avec le nouveau PDG de B2Gold sur les perspectives minières

Le Premier ministre malien, le Général de division Abdoulaye Maïga, a reçu en audience, ce mardi 17 mars 2026, le nouveau Président-directeur général du groupe minier canadien B2Gold Corp, Mike Cinnamond. La rencontre s’est tenue en présence du ministre des Mines, Amadou Keïta.

Au cœur des échanges, les perspectives de coopération dans le secteur minier et les avancées enregistrées dans les activités de B2Gold au Mali, notamment sur le site de Fekola, l’un des principaux pôles aurifères du pays.

Des avancées dans les projets énergétiques et logistiques

Le PDG de B2Gold a salué l’appui des autorités maliennes, qui a permis des progrès significatifs dans plusieurs domaines. Il a notamment évoqué : l’octroi d’une autorisation pour la mise en place d’une ferme solaire, les efforts visant à garantir une sécurisation de l’approvisionnement en carburant ainsi que l’amélioration des conditions d’exploitation sur le site de Fekola.

Ces avancées résultent, selon lui, d’une collaboration étroite avec les ministères des Mines et des Finances.

Cap sur le projet Menankoto Sud

Mike Cinnamond a également sollicité l’accompagnement du gouvernement pour l’obtention du permis d’exploitation du projet Menankoto Sud, présenté comme un investissement stratégique.

Ce projet, encore en attente d’autorisation, suscite un intérêt particulier de la part des investisseurs et pourrait générer des retombées économiques importantes pour le pays.

Confiance dans le potentiel du Mali

Le nouveau dirigeant de B2Gold s’est dit confiant quant à la capacité du Mali à offrir un environnement favorable aux investissements miniers et à valoriser ses ressources naturelles.

Cette audience s’inscrit dans la volonté des autorités maliennes de renforcer les partenariats avec les investisseurs internationaux et de consolider le rôle du secteur minier comme moteur de croissance économique.

Mali : 12 chauffeurs dont 2 Sénégalais exécutés par le GSIM selon Human Rights Watch

L’organisation Human Rights Watch (HRW) a dénoncé, ce mardi 10 mars 2026, l’exécution sommaire de dix chauffeurs routiers et de deux apprentis adolescents dans la région de Kayes, au sud-ouest du Mali. Les faits, qualifiés de crimes de guerre, se sont déroulés le 29 janvier dernier lors d’une attaque d’envergure menée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.

Le convoi, composé d’au moins 40 camions-citernes partis de Dakar, a été intercepté à environ sept kilomètres du village d’Ambidédi alors qu’il était sous escorte militaire malienne.

Selon les témoignages recueillis par HRW, les victimes ont été retrouvées deux semaines après l’attaque, les yeux bandés, les mains liées dans le dos et la gorge tranchée. Parmi les disparus figurent deux ressortissants sénégalais (39 et 49 ans), ainsi que des Maliens, un Burkinabè et un Ivoirien.

Cette attaque s’inscrit dans une stratégie délibérée du GSIM visant à asphyxier l’approvisionnement en carburant du Mali, le groupe armé considérant désormais tout transport de produits pétroliers comme une « cible militaire ». HRW appelle les autorités maliennes à sortir de leur silence et à traduire les responsables de ce massacre devant la justice.

MS/NDARINFO

Quand la mafia du gasoil défie les mesures

Chassez le naturel, il revient au galop, à l’instar de la crise du carburant au Mali. Tel un serpent de mer, le phénomène refait peu à peu surface et sa résurgence s’annonce par une pénurie de gasoil qui, en réalité, n’a jamais cessé d’échapper aux mesures de régularisation de la distribution.

 

Ainsi donc, pendant que la disponibilité de l’essence a tendance à reléguer la crise aux oubliettes chez ses consommateurs, la convoitise du gasoil continue d’obliger ses usagers à parcourir des dizaines de kilomètres à la chasse d’une denrée introuvable. En cause, la résistance aux pratiques spéculatives contre lesquelles les autorités se prévalaient naguère encore du déploiement d’une irrésistible armada de paravents administratifs. Tandis que les stations-service affichent partout la sécheresse totale de gasoil, l’essentiel des engins-diesel continuent de fonctionner et pullulent dans la circulation sans qu’on puisse déceler leurs sources d’approvisionner. Pour le savoir, il faut vraisemblablement figurer parmi les initiés de canaux de distribution hermétiquement fermés qui, soit échappent au contrôle du puissant dispositif ou jouissent allègrement de sa complaisance pour prospérer. En effet, les centrale d’EDM Sa, selon nos investigations, ne sont pas les facteurs d’absorption des volumes de gasoil qui triomphent de l’embargo djihadiste. On parle aussi des unités tapis dans les zones industrielles de l’intérieur dont les exploitants chinois paieraient des fortunes aux importateurs de carburant pour assurer la régularité de leur ravitaillement en hydrocarbures appropriées. Avec une préférence accordée à la mafia minière, il ne reste que des gouttelettes de gasoil aux consommateurs d’une certaine catégorie réduites statut de parents pauvres des mesures de lutte contre la spéculation.

La Rédaction du Temoin

 

Mali : 13 tonnes de poulet de contrebande saisies en 48 heures par les Douanes à Ouezzindougou et Kanadjiguila

Les services des Douanes maliennes ont réalisé deux importantes saisies de viande de volaille de contrebande en l’espace de 48 heures. Les opérations, menées par la Brigade Mobile d’Intervention (BMI) de Bamako, ont permis de mettre la main sur un total de 13 tonnes de cuisses de poulet destinées au marché clandestin.

La saisie la plus significative a eu lieu dans la nuit du 3 mars 2026 à Kanadjiguila. Agissant sur la base de renseignements douaniers, les agents ont intercepté un camion-benne suspect transportant une cargaison dissimulée.

La fouille du véhicule a permis de découvrir 800 cartons de viande fraîche de volaille d’origine brésilienne, soit environ 8 tonnes de cuisses de poulet. Les produits étaient introduits sur le territoire en violation de la réglementation en vigueur sur l’importation des denrées alimentaires.

Une seconde saisie quelques jours plus tôt

Cette opération fait suite à une première intervention réussie menée le 1er mars 2026 à Ouinzimbougou, où les agents de la même unité avaient déjà saisi 5 tonnes de cuisses de poulet transportées dans un véhicule de type fourgonnette.

Au total, ces deux opérations successives ont permis de retirer 13 tonnes de produits de contrebande du circuit de distribution.

Selon les autorités douanières, ces produits introduits illégalement présentent souvent des risques sanitaires importants, notamment en raison de la rupture de la chaîne du froid et de l’absence de contrôle sur leur origine et leurs conditions de conservation.

Les Douanes maliennes affirment que ces actions s’inscrivent dans leur stratégie visant à assainir le marché alimentaire national, protéger la santé des consommateurs et soutenir les producteurs locaux face à la concurrence déloyale des marchandises de contrebande.

Mali : nouvelles impulsions diplomatiques avec la Chine et l’Iran

Le Premier ministre malien a reçu le 23 février 2026 les nouveaux ambassadeurs d’Iran et de Chine à Bamako. Ces audiences illustrent la diversification des partenariats internationaux du Mali.

Le chef du gouvernement malien, le général Abdoulaye Maïga, a accordé successivement des audiences au nouvel ambassadeur de la République islamique d’Iran, Mahmoud Khani Jooyabad, puis au nouvel ambassadeur de la République populaire de Chine, Li Xiang. Ces visites de courtoisie marquent la prise de fonction officielle des deux diplomates et s’inscrivent dans la continuité des relations bilatérales entre Bamako et ces deux capitales.

Avec l’Iran, les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération politique, sécuritaire et technologique. Le diplomate iranien a exprimé la volonté de dynamiser les relations avec le Mali et, plus largement, avec la Confédération des États du Sahel. L’idée d’une commission mixte Iran–Mali a été évoquée afin de structurer les projets communs, notamment dans les domaines de la défense, de la sécurité et du transfert de technologies.

Les autorités maliennes ont, pour leur part, réaffirmé leur disponibilité à collaborer avec des partenaires jugés respectueux de la souveraineté nationale.

La rencontre avec l’ambassadeur de Chine s’inscrit dans un cadre déjà consolidé. En septembre 2024, les relations sino-maliennes ont été élevées au rang de partenariat stratégique à l’occasion d’une rencontre entre les chefs d’État à Pékin. La coopération couvre plusieurs secteurs, dont les infrastructures, l’agriculture, la santé et la sécurité. La Chine demeure un acteur important des projets de développement au Mali, tandis que la coopération militaire entre les deux pays remonte aux années 1970.

Ces audiences interviennent alors que les relations du Mali avec plusieurs partenaires occidentaux se sont reconfigurées depuis 2022, à la suite du retrait progressif des forces françaises et de la réduction de certains dispositifs européens.

Dans le même temps, Bamako a renforcé ses échanges avec des puissances asiatiques et moyen-orientales, affirmant une stratégie de diversification de ses alliances.

MD/ac/Sf/APA