« INPS : où sont passés les 15,9 milliards de francs CFA d’irrégularités relevés par le BVG ? »

Le rapport définitif du Bureau du Vérificateur général sur la gestion de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) fait apparaître des irrégularités financières d’un montant total de 15,925 milliards de FCFA sur la période 2021-2025. Primes indues, carburant, subventions, pensions, dépenses sans visa, prestations payées mais non exécutées : le rapport dresse le constat d’une gestion marquée par de nombreux dysfonctionnements.

Le chiffre donne immédiatement la mesure de l’affaire : 15 925 298 453 FCFA d’irrégularités financières relevées par le Vérificateur général dans la gestion de l’INPS au titre des exercices 2021, 2022, 2023, 2024 et 2025. Le rapport définitif, daté du 31 août 2026, estime que ces pratiques entraînent une forte déperdition des ressources de l’Institut et risquent de compromettre la continuité du service de sécurité sociale au Mali.

Pour mesurer l’importance des sommes en jeu, il faut rappeler que l’INPS a enregistré, durant la période contrôlée, 1 250,98 milliards de FCFA de recettes et 1 183,43 milliards de FCFA de dépenses.

5,57 milliards FCFA de primes de rendement jugées indues

C’est la principale irrégularité financière relevée par le BVG.

Selon le rapport, la prime de rendement devait être une prime trimestrielle, calculée après évaluation des agents et dans la limite de 15 % du salaire brut mensuel.

Mais l’INPS aurait appliqué une autre méthode : un montant mensuel était d’abord calculé, puis multiplié par le nombre de mois de présence de l’agent durant le trimestre.

Résultat : 8,726 milliards de FCFA de primes ont été accordés alors que le montant régulièrement dû était évalué à 3,153 milliards. Le BVG chiffre ainsi le montant indu à 5,573 milliards de FCFA.

À elle seule, cette irrégularité représente donc plus du tiers du montant total des irrégularités financières relevées.

Plus de 3 milliards FCFA de subventions jugées irrégulières

Le rapport relève également plus de 3,1 milliards de FCFA de subventions irrégulières.

Le problème ne réside pas nécessairement dans le principe même d’aider des personnes ou des organisations. Le BVG reproche surtout à l’INPS d’avoir accordé ces subventions sans plan d’action dûment adopté et, dans certains cas, pour des activités qui ne relevaient pas des domaines prévus par le Code de prévoyance sociale.

Parmi les dépenses citées dans le rapport figurent notamment la distribution de vivres lors de fêtes, la réalisation de moulins et d’unités de fabrication de savon, l’embouche bovine, le curage de caniveaux, la réalisation de fermes bovines, la prise en charge d’activités syndicales, mais aussi des évacuations sanitaires de proches d’employés ou de personnes relevant d’autres structures.

Le rapport mentionne également la prise en charge d’abonnements à une piscine et à un terrain de football pour des employés de l’INPS ainsi que l’achat de pagnes au profit de l’amicale des femmes travailleuses de l’Institut.

2,48 milliards FCFA de gratifications

Le BVG a aussi épinglé 2,480 milliards de FCFA de gratifications versées au personnel.

Selon les vérificateurs, les gratifications au titre des exercices 2023 et 2024 ont été payées alors que les exercices concernés n’étaient pas encore clôturés et que les conditions prévues pour leur attribution n’étaient pas réunies.

L’INPS a contesté cette observation, en soutenant notamment que les gratifications étaient prévues dans les budgets adoptés par le Conseil d’administration.

Mais après examen des réponses et des pièces produites, le BVG a maintenu sa constatation. Il relève notamment, pour la gratification 2023, que le paiement est intervenu le 26 décembre 2023 alors que la délibération produite pour l’autoriser est datée du 28 décembre 2023.

2,11 milliards de dépenses sans visa du Contrôle financier

Autre montant particulièrement important : 2,112 milliards de FCFA de dépenses ont été payés sans le visa préalable du Délégué du Contrôle financier, selon le BVG.

Ces dépenses concernaient notamment des subventions, des réceptions, la formation du personnel, des rémunérations d’intermédiaires, des honoraires et d’autres charges liées au personnel.

L’INPS a expliqué notamment que certaines dépenses avaient été exécutées dans un contexte de retard d’approbation des budgets, d’urgence ou de nécessité d’assurer la continuité de ses activités.

Le BVG n’a toutefois pas retenu ces explications comme suffisantes et a maintenu sa constatation.

Des rémunérations supérieures aux montants autorisés

Le rapport révèle également que le Directeur général, le Directeur général adjoint et l’Agent comptable ont perçu, entre janvier 2022 et décembre 2025, des rémunérations supérieures à celles fixées par une délibération du Conseil d’administration.

Le montant total considéré comme indu atteint 469,335 millions de FCFA.

Dans le détail, le BVG chiffre les rémunérations indues à 181,704 millions pour le Directeur général, 137,958 millions pour le Directeur général adjoint et 149,674 millions pour l’Agent comptable.

699 millions FCFA de ristournes pour comptable

Le rapport fait également état de 699,042 millions de FCFA de ristournes pour comptable jugées indues.

Une partie de ces ristournes aurait notamment été versée au Directeur général et au Directeur général adjoint, alors que l’accord d’établissement réserve cet avantage aux agents des services comptables et financiers.

Le BVG relève également des montants de ristournes versés aux comptables supérieurs aux montants considérés comme dus.

Des pensions majorées pour 19 agents

Le contrôle des pensions révèle un autre problème.

Le Directeur des Structures déconcentrées aurait ordonné le paiement de pensions de 19 agents, dont deux agents de l’INPS, pour des montants supérieurs à ceux liquidés par la Direction des Prestations, sans documents justifiant les révisions.

Le montant total des majorations indues est évalué à 344,297 millions de FCFA.

Plus d’un demi-milliard pour des prestations qui n’auraient pas été exécutées

Dans les directions régionales de Kayes, Koulikoro et Sikasso, le BVG affirme avoir constaté le paiement de prestations qui n’auraient pas été exécutées.

Il s’agit notamment de contrats portant sur des abonnements Internet par faisceau hertzien. Après vérification, l’équipe du BVG indique qu’aucune installation de faisceau hertzien n’existait dans les localités concernées et que leur connexion était assurée par un autre prestataire.

Montant relevé : 557,153 millions de FCFA.

Le cas du carburant interpelle également

Le rapport relève plusieurs irrégularités liées au carburant.

Le Délégué du Contrôle financier auprès de l’INPS aurait bénéficié d’avantages comprenant notamment des indemnités de logement, d’eau et d’électricité, des primes ainsi qu’une dotation mensuelle de 1 000 litres de carburant, pour un total de 166,912 millions de FCFA.

Le BVG considère ces avantages comme non prévus par la réglementation.

Le rapport relève par ailleurs 22,931 millions de FCFA de dotations en carburant attribuées irrégulièrement à des personnes qui n’étaient pas membres du personnel de l’INPS.

Le Directeur général aurait également bénéficié d’une dotation supplémentaire de 44 000 litres de carburant, évaluée à 36,124 millions de FCFA, en plus de la dotation mensuelle prévue.

Des avances de mission non justifiées

Le BVG a également relevé des avances sur frais de mission qui n’avaient pas été suffisamment justifiées.

Après plusieurs remboursements intervenus pendant les travaux de vérification, puis après la production de pièces complémentaires par l’INPS, le montant de l’irrégularité a finalement été ramené à 13,852 millions de FCFA.

138 agents avec des diplômes non authentifiés

L’affaire ne se limite pas aux dépenses.

Le rapport définitif indique que 138 agents recrutés par l’INPS ont fourni des diplômes que les structures de formation censées les avoir délivrés n’ont pas authentifiés.

Le sujet est d’autant plus sensible que le rapport relève parallèlement de graves irrégularités dans les recrutements effectués en 2023, 2024 et 2025.

Selon le BVG, 291 agents ont été recrutés en 2023, 1 236 en 2024 et 1 412 en 2025, sans plan de recrutement soumis à l’autorisation expresse du ministre de tutelle. Le rapport relève également l’absence d’approbation du Conseil d’administration sur les modalités et le nombre de recrutements, l’absence de tests écrits ou d’entretiens d’évaluation dans les cas examinés et d’autres anomalies dans les dossiers.

Et les 128 millions de cotisations AMO ?

Le BVG affirme également que l’INPS n’a pas reversé à la CANAM la totalité des retenues AMO opérées sur les pensions.

Les retenues liquidées s’élevaient à 3,396 milliards de FCFA, contre 3,268 milliards effectivement versés, soit un écart de 128,180 millions de FCFA.

Au total : 15,9 milliards de FCFA d’irrégularités

Le tableau récapitulatif du rapport définitif totalise 15 925 298 453 FCFA d’irrégularités financières.

Les principaux montants sont :

  • 5,573 milliards FCFA : primes de rendement indues ;
  • 3,129 milliards FCFA : subventions irrégulières ;
  • 2,481 milliards FCFA : gratifications indues ;
  • 2,112 milliards FCFA : dépenses sans visa du Contrôle financier ;
  • 699,042 millions FCFA : ristournes pour comptable indues ;
  • 557,154 millions FCFA : prestations non exécutées ;
  • 469,336 millions FCFA : rémunérations indues du personnel de Direction ;
  • 344,298 millions FCFA : majorations indues de pensions ;
  • 166,912 millions FCFA : avantages indus au Délégué du Contrôle financier ;
  • ainsi que plusieurs autres irrégularités.

À eux seuls, les quatre premiers postes représentent plus de 13,2 milliards de FCFA, soit plus de 80 % du montant total relevé.

Le BVG a transmis et dénoncé les faits

Le dossier prend une dimension supplémentaire : le Vérificateur général indique avoir procédé à la transmission et à la dénonciation de faits au Président de la Section des comptes de la Cour suprême et au Procureur de la République financier concernant les différentes irrégularités relevées.

La liste transmise reprend les paiements d’avantages indus, les carburants, les dépenses sans visa, les primes, les subventions, les pensions, les prestations non exécutées, les retenues AMO non reversées ainsi que les faits relatifs aux faux diplômes.

Il ne s’agit donc pas simplement d’un constat administratif interne : le rapport a donné lieu à une transmission aux autorités compétentes.

Une gestion qui soulève de sérieuses questions

Au-delà des chiffres, le rapport met en évidence des faiblesses importantes dans le fonctionnement de l’INPS.

Le BVG relève notamment que l’Institut n’élaborait pas de compte administratif et de compte de gestion durant la période examinée, n’avait pas actualisé son manuel de procédures depuis 2004, n’avait pas réalisé d’inventaire physique de ses biens en 2023, 2024 et 2025 et ne tenait pas correctement ses archives.

Plus préoccupant encore, le Directeur général signait des chèques et des ordres de virement alors que le règlement réserve cette compétence à l’Agent comptable.

L’INPS a eu droit à la procédure contradictoire

Le rapport définitif précise que l’INPS a été entendu dans le cadre de la procédure contradictoire.

Les résultats préliminaires ont été communiqués aux responsables concernés. L’INPS a transmis ses observations écrites le 11 août 2026 et une séance contradictoire s’est tenue le 21 août 2026. Des documents complémentaires ont ensuite été examinés avant la production du rapport définitif.

Cela signifie que les chiffres et constats présentés dans le rapport publié par le BVG tiennent compte de cette phase de réponse de l’INPS. Dans plusieurs cas, le BVG indique expressément que les explications et documents fournis n’ont pas remis en cause ses constatations.

Un avertissement pour la sécurité sociale malienne

L’INPS n’est pas une entreprise ordinaire. Il gère des régimes de protection sociale destinés notamment à couvrir les travailleurs contre différents risques sociaux : prestations familiales, accidents du travail et maladies professionnelles, retraite, invalidité et décès.

C’est précisément ce qui donne une dimension particulière aux conclusions du Vérificateur général.

Le BVG estime que les irrégularités financières constatées entraînent une forte déperdition des ressources de l’INPS et pourraient compromettre la continuité du service de sécurité sociale au Mali.

Le rapport recommande donc notamment de renforcer les contrôles, de respecter les règles de recrutement, d’améliorer la gestion financière et comptable, d’éviter les conflits d’intérêts et de renforcer la transparence dans l’utilisation des ressources de l’Institut.

Malitime.net

 

Vérification financière : Gestion de l’Institut National de Prévoyance Sociale

Cour d’appel de Bamako : les procès de Ben le Cerveau, du Commandant Daouda Konaté et de Ras Bath programmés

La Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako dévoile le calendrier de plusieurs procès très attendus

La Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako a publié le calendrier des prochaines audiences concernant plusieurs dossiers judiciaires qui retiennent l’attention de l’opinion publique. Les procès d’Adama Diarra, surnommé « Ben le Cerveau », du Commandant Daouda Konaté et de Mohamed Youssouf Bathily, plus connu sous le nom de « Ras Bath », figurent parmi les principales affaires inscrites au rôle des audiences.

Les dates des procès

Selon le calendrier officiel communiqué par la Cour d’appel de Bamako :

  • 27 juillet 2026 : procès d’Adama Diarra, dit « Ben le Cerveau » ;
  • 3 août 2026 : procès du Commandant Daouda Konaté ;
  • 10 août 2026 : procès de Mohamed Youssouf Bathily, alias « Ras Bath ».

Ces audiences se dérouleront devant la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako, conformément au calendrier judiciaire établi.

Une forte attente autour de ces dossiers

Ces différentes affaires suscitent un important intérêt auprès du public malien en raison de leur portée médiatique et des personnalités concernées. L’annonce des dates d’audience marque une nouvelle étape dans le traitement judiciaire de ces dossiers.

Les autorités judiciaires poursuivent ainsi l’organisation des audiences dans le respect du calendrier fixé, tandis que les observateurs suivront avec attention le déroulement de ces procès au cours des prochaines semaines.

Ce qu’il faut retenir

La publication de ce calendrier permet de connaître les dates auxquelles la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako examinera ces trois dossiers. Les audiences débuteront le 27 juillet 2026 avec le procès de Ben le Cerveau, se poursuivront le 3 août avec celui du Commandant Daouda Konaté et s’achèveront le 10 août avec le procès de Ras Bath.

Dossier Paramount – Embraer : La Cour opte pour un désaveu de la procédure

À l’instar du dossier des «équipements militaires et de l’avion présidentiel», celui des marchés «Paramount – Embraer» n’a pu être vidé sans déconvenue pour le ministère public.

 

En cause, un rapport d’audit bancal et peu intelligible de l’ancienne ministre Bintou Camara, auquel les juges ont décidé d’infliger une cinglante censure en exigeant des compléments d’informations sur l’ensemble des contours et péripéties ayant jalonné les commandes publiques y afférentes.

C’est la décision que plusieurs semaines de bras de fer judiciaire ont inspirée à la formation criminelle de la Cour suprême sur lesdites affaires. Au lieu du verdict annoncé, les attentes et pronostics ont été déjoués, vendredi après-midi, par la surprenante option de faire rejouer la partie sur la base de données et témoignages plus édifiants et moins tendancieux que le spécieux descriptif servi par l’ancienne conseillère de la présidence dans son rapport d’audit. Le renvoi des deux affaires a été ainsi assorti de la promesse de reprendre les audiences à la date du 23 mars prochain avec une approche nouvelle à la clé : l’extension des auditions au Contrôleur général de services publics, puis la consultation des fournisseurs de matériels militaires sur la teneur et l’exécution des marchés les concernant.

Pour ce qui est de la commande spécifique des 36 Marauders, le scénario s’annonce d’autant plus judicieux qu’il implique l’opportunité de redresser tant de torts causés aux inculpés par la défiguration ou la rétention des données, le galvaudage des faits et les manœuvres sibyllines de les éluder par endroit, ainsi que la soustraction de témoins indispensables aux besoins de manifestation de la justice. Autant de lacunes ayant empoisonné la procédure et déteint sur sa moralité, tout au long des confrontations publiques marquées par le démantèlement en règle des chefs d’inculpation ainsi que des énormités servies à l’opinion comme pertes financières imputables au marché des engins blindés. Face à l’épreuve, les responsables présents et leurs conseils respectifs n’ont pas manqué d’argumentaires assez solides pour pulvériser la montagne de conclusions à la sauvette ayant sous-tendu la prétention du Parquet Général d’infliger la perpète aux accusés absents et 10 ans de réclusion à leurs comparses ayant choisi d’affronter leurs sorts. Si ce réquisitoire maximaliste du ministère public n’a pas emporté d’adhésion à l’issue des audiences, c’est qu’il pèche par excès de dissonance avec les réalités dissimulées du dossier et paraissent d’une grosseur à heurter la conscience justicière. À l’instar du rapport d’audit dont s’inspire la qualification des faits, il est en déphasage manifeste, tant avec la teneur des montants en souffrance qu’avec la partition et la responsabilité de certains acteurs. En effet, contrairement à la propension du parquet à entretenir la confusion entre le montant total du contrat Paramount et son taux d’exécution, les paiements effectués avant interruption des opérations dépassent à peine 25% des 39 milliards conclus entre la firme sud-africaine et l’Etat malien pour l’acquisition de 36 blindés équipés et la prestation de services connexes. Il s’agit de 11 milliards libérés au total contre lesquels la partie malienne, par le biais de ses structures compétentes, ont accusé réception partielle du matériel, depuis 2019, pour une valeur de 7 milliards francs CFA que l’audit et la procédure ont feint d’ignorer. Il en résulte, somme toute, une différence de 4 milliards francs que plus d’une dizaine d’anciens hauts responsables de l’Etat auraient injustement payé par la perpétuité pour certains et 10 ans de réclusion pour d’autres, si la sentence des juges avait résonné dans le sens de l’amplification à dessein des pertes supposées ainsi que de la responsabilité des acteurs avec. Au lieu de quoi, la sagesse et la vigilance ont pu triompher de la justice expéditive et la superficialité habituelle a pu laisser la place à la profondeur qui consiste à ne négliger aucun aspect de l’affaire qui soit déterminant dans la manifestation de la vérité. C’est toute la teneur de la décision des juges du dossier «Paramount-Embrayer». Elle s’assimile à un désaveu cinglant et inédit de procédure et contribue par conséquent à réhabiliter la justice dans son rôle de maillon autonome d’une lutte contre la corruption qu’aurait décrédibilisé davantage la persistance dans les ardeurs répressives à l’aveuglette.

 

A. KEÏTA

Source : Le Témoin

Mali : le casier judiciaire et le certificat de nationalité désormais disponibles en ligne

L’administration malienne franchit une nouvelle étape dans sa transformation numérique. Le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a officiellement lancé la dématérialisation du casier judiciaire et du certificat de nationalité, deux documents essentiels dans les démarches administratives des citoyens.

Désormais, les Maliens peuvent effectuer leurs demandes et obtenir ces actes directement en ligne, via leur téléphone portable. Cette avancée est le fruit d’une collaboration entre le ministère de la Justice et celui de la Communication, à travers l’Agence des technologies de l’information et de la communication (AGETIC).

Portée par le ministre Mamoudou Kassogué, la réforme poursuit trois objectifs majeurs : rapprocher la justice des usagers, améliorer l’efficacité du service public en réduisant les délais et les déplacements, et renforcer la transparence dans la gestion administrative.

Cette digitalisation marque une étape clé dans la modernisation de l’État, avec l’ambition de simplifier les procédures et d’améliorer l’expérience des citoyens face aux services publics.

Justice : nouveau rebondissement dans le dossier Paramount au Mali

Le verdict attendu le vendredi 6 février 2026 dans l’affaire dite « Paramount–Embraer » n’a finalement pas été rendu. La Chambre criminelle spécialisée en matière économique et financière a décidé de rabattre le délibéré et d’ordonner un complément d’information, estimant le dossier insuffisamment éclairé pour être jugé en l’état.

Cette décision relance les débats dans un dossier déjà fortement contesté par la défense. Alors que l’opinion publique attendait un dénouement judiciaire, la juridiction a choisi de surseoir à statuer, considérant que plusieurs zones d’ombre persistent et empêchent une appréciation sereine des faits.

Pour mener ce complément d’information, la Cour a désigné un magistrat chargé d’accomplir des actes d’instruction précis. Une démarche rarement anodine à ce stade de la procédure et perçue par de nombreux observateurs comme un revers pour l’accusation. Elle revient, en filigrane, à reconnaître les insuffisances de l’instruction initiale, pourtant validée par la Cour suprême.

Une instruction fragilisée par les critiques de la défense

Depuis l’ouverture du procès, les avocats des prévenus dénoncent la faiblesse des éléments à charge, ciblant notamment le rapport d’audit qui fonde l’essentiel des poursuites. Selon la défense, ce document serait dépourvu de valeur probante et incapable d’établir des responsabilités pénales claires.

La décision de la Chambre criminelle semble accréditer ces critiques, en consacrant la nécessité d’investigations complémentaires avant toute décision sur le fond.

Dans ce cadre, la Cour prévoit l’audition du Contrôleur général des services publics, appelé à s’expliquer sur l’exécution du budget lié à la Loi d’orientation et de programmation militaire, ainsi que sur les contrats d’équipements militaires au cœur de la procédure. Les sociétés Paramount et Embraer devront également produire un état détaillé des éléments relatifs aux contrats incriminés, afin de permettre à la juridiction de disposer d’une vision complète des engagements financiers et contractuels.

La reprise de l’audience est fixée au 23 mars prochain. D’ici là, l’affaire Paramount demeure dans une zone d’attente judiciaire, prolongeant l’incertitude pour les prévenus comme pour l’opinion publique, dans un dossier emblématique mêlant défense nationale, finances publiques et exigence de transparence.

Pour rappel, le procès Paramount au Mali porte sur des soupçons de surfacturation d’équipements militaires. En février 2026, le parquet avait requis de lourdes peines, allant jusqu’à la réclusion à perpétuité contre des accusés absents — anciens ministres et hauts gradés — et dix ans de prison contre les prévenus présents, visant plusieurs figures de l’ère IBK pour corruption et atteinte aux biens publics.

Affaire Moussa Mara : la Cour d’appel confirme la condamnation

Le dossier judiciaire de Moussa Mara connaît son épilogue. La Cour d’appel de Bamako a rendu, ce lundi 9 février 2026, son arrêt dans l’affaire impliquant l’ancien Premier ministre, confirmant le jugement prononcé en première instance.

Moussa Mara est définitivement condamné à deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme et un an avec sursis. Par cette décision, la juridiction d’appel rejette le recours introduit par la défense et valide l’intégralité de la sentence initiale.

Cette confirmation marque un tournant majeur dans une affaire qui a largement mobilisé l’opinion publique et suscité de nombreux débats, tant sur le plan judiciaire que sur celui des libertés publiques au Mali.

Affaire Moussa Mara : le verdict attendu le 9 février

L’issue judiciaire de l’affaire Moussa Mara est désormais imminente. Condamné en première instance à deux ans de prison, dont un an ferme, l’ancien Premier ministre attend la décision de la Cour d’appel de Bamako, appelée à statuer définitivement sur son sort.

Poursuivi à la suite de publications sur les réseaux sociaux, Moussa Mara est détenu depuis le 1er août 2025. Lors de l’audience du 19 janvier 2026, il a réaffirmé son attachement aux libertés publiques. À l’issue des débats, la Cour a mis sa décision en délibéré, renvoyant le verdict au 9 février 2026.

Pour la défense, le dossier doit être tranché strictement sur le terrain du droit. Dans l’opinion publique, ce procès dépasse toutefois la seule personne de Moussa Mara et relance le débat sur l’équilibre entre l’autorité de l’État et la liberté d’expression au Mali.

Dakar : l’influenceur malien “Général Chico” condamné à un an de prison ferme pour propos offensants envers l’islam

L’influenceur malien Cheikhna Nimaga, plus connu sous le pseudonyme de Général Chico, a été condamné mercredi par le tribunal hors classe de Dakar à un an de prison ferme. Il était poursuivi pour des propos jugés offensants envers l’islam et la communauté musulmane.

Jugé en flagrant délit, le prévenu a été reconnu coupable d’insultes via un système informatique, de discours contraires aux bonnes mœurs, d’incitation à la discrimination religieuse et d’actes d’intolérance, selon l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Dans cette affaire, le Haut Conseil islamique du Mali ainsi que plusieurs organisations religieuses se sont constitués parties civiles, estimant que les propos diffusés sur les réseaux sociaux par l’influenceur portaient atteinte aux fondements de l’islam et à la dignité des musulmans.

L’audience, tenue au palais de justice de Dakar, s’est déroulée en présence de nombreux guides religieux et responsables d’associations musulmanes. Au cours de l’instruction, le tribunal a ordonné la traduction officielle des enregistrements incriminés afin d’évaluer avec précision la teneur des propos.

Pour le parquet, ces faits constituent une atteinte grave à la cohésion sociale et à la paix religieuse. La défense, assurée par Me Bachir Lo, a reconnu le caractère choquant des propos tout en plaidant pour la clémence, mettant en avant les excuses publiques présentées par son client et sa bonne foi.

Cheikhna Nimaga dispose désormais d’un délai pour interjeter appel de cette décision.

Justice : Mahamadou Gassama renvoyé devant le Tribunal correctionnel d’Abidjan

L’affaire Mahamadou Gassama franchit une nouvelle étape judiciaire importante. Ce mardi 30 décembre 2025, son avocat, Maître Mamadou Ismaïla Konaté, a annoncé via la plateforme X que son client était désormais renvoyé devant le Tribunal correctionnel d’Abidjan.

Cette décision fait suite à l’ordonnance du juge d’instruction notifiée le même jour, marquant la fin de l’instruction et l’ouverture prochaine du procès.

Les chefs d’accusation

Mahamadou Gassama est poursuivi pour deux principaux motifs : offense au Chef de l’État et diffusion d’expressions outrageantes sur Internet.

Le Procureur de la République avait requis ce renvoi le 22 décembre dernier. Le magistrat instructeur a suivi ces réquisitions, estimant que des « indices suffisants » existaient pour justifier un débat contradictoire devant la juridiction compétente.

Une défense confiante

Depuis Paris, Maître Konaté et son équipe affichent leur sérénité. Tout en étudiant la possibilité de contester l’ordonnance, ils se disent prêts à démontrer l’innocence de leur client.

« Nous restons confiants dans le respect des droits fondamentaux de notre client et nous nous préparons activement à faire valoir ses arguments devant le tribunal », indique le communiqué. La défense insiste également sur la nécessité d’un traitement rapide de l’affaire pour permettre à Mahamadou Gassama de recouvrer pleinement ses droits.

Respect de la présomption d’innocence

Dans un contexte médiatique sensible, Maître Konaté rappelle que Mahamadou Gassama bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’au verdict définitif. Il appelle médias et citoyens à éviter tout jugement prématuré qui pourrait perturber le déroulement serein des débats judiciaires.

L’audience devant le Tribunal correctionnel d’Abidjan sera fixée prochainement.

Affaire “Ras Bath” : le dossier renvoyé devant la Cour d’Assises

La Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Bamako a rendu son délibéré ce mardi 16 décembre 2025 dans le dossier de l’activiste Youssouf Bathily, alias Ras Bath.

Contrairement aux attentes de ses soutiens, la juridiction a décidé de renvoyer l’affaire devant la Cour d’Assises, écartant ainsi toute libération à ce stade de la procédure.

Inculpé notamment pour « association de malfaiteurs » et d’autres charges connexes, Ras Bath demeure en détention.

Incarcéré depuis 2023, il totalise désormais plus de deux ans de détention préventive.

Ce renvoi ouvre la voie à une nouvelle phase judiciaire, avec la perspective d’un procès devant la Cour d’Assises, sans calendrier encore communiqué.

L’affaire reste donc pendante et suivie de près par l’opinion publique.