Mali : 12 chauffeurs dont 2 Sénégalais exécutés par le GSIM selon Human Rights Watch

L’organisation Human Rights Watch (HRW) a dénoncé, ce mardi 10 mars 2026, l’exécution sommaire de dix chauffeurs routiers et de deux apprentis adolescents dans la région de Kayes, au sud-ouest du Mali. Les faits, qualifiés de crimes de guerre, se sont déroulés le 29 janvier dernier lors d’une attaque d’envergure menée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.

Le convoi, composé d’au moins 40 camions-citernes partis de Dakar, a été intercepté à environ sept kilomètres du village d’Ambidédi alors qu’il était sous escorte militaire malienne.

Selon les témoignages recueillis par HRW, les victimes ont été retrouvées deux semaines après l’attaque, les yeux bandés, les mains liées dans le dos et la gorge tranchée. Parmi les disparus figurent deux ressortissants sénégalais (39 et 49 ans), ainsi que des Maliens, un Burkinabè et un Ivoirien.

Cette attaque s’inscrit dans une stratégie délibérée du GSIM visant à asphyxier l’approvisionnement en carburant du Mali, le groupe armé considérant désormais tout transport de produits pétroliers comme une « cible militaire ». HRW appelle les autorités maliennes à sortir de leur silence et à traduire les responsables de ce massacre devant la justice.

MS/NDARINFO

Les USA seraient près de conclure un accord avec le Mali leur permettant de revenir dans la région du Sahel

Le site Business Insider a déclaré que les États-Unis étaient sur le point de conclure un accord avec le Mali afin de permettre aux avions américains de reprendre leurs vols de reconnaissance au-dessus du pays.

Selon le site, qui cite des responsables américains, cet accord, s’il est conclu, constituerait « une avancée majeure dans les efforts déployés par Washington pour rétablir la coopération en matière de sécurité avec Bamako après des années de tensions ».

L’accord

L’accord proposé permettrait à Washington de surveiller les activités des groupes armés liés à Al-Qaïda, qui ne cessent de se développer dans la région du Sahel africain.

Récemment, l’administration de Donald Trump avait levé les sanctions américaines imposées à plusieurs hauts responsables maliens, dont le ministre de la Défense, afin de faciliter l’accord et d’améliorer les relations bilatérales, qui se sont tendues depuis le rapprochement entre Bamako et Moscou, à un moment où l’administration de l’ancien président Joe Biden manifestait un soutien important à l’Ukraine, en guerre avec la Russie depuis 2022.

L’ancienne administration avait justifié ces sanctions par des allégations de rapprochement entre Bamako et les mercenaires Wagner, dissous par la Russie et remplacés par le « Corps russe ».

Washington avait fermé il y a quelque temps sa plus grande base aérienne dans la région du Sahel africain.

En août 2014, Washington a retiré ses soldats de la base aérienne 201 à Agadez après que les autorités militaires du Niger aient demandé le départ des soldats américains de leur territoire.

Mais Washington, par le biais de ses négociations avec le Mali, tente de revenir dans la région du Sahel africain, notamment après un accord avec le Nigeria lui permettant de mener des frappes aériennes contre les groupes armés présents dans cette région, et après que certains médias aient fait état d’un accord entre les États-Unis et la Côte d’Ivoire pour la création d’une base dédiée aux drones à Barame, dans le centre de la Côte d’Ivoire.

Stratégie de retour

La Mali, pays enclavé et l’un des plus grands producteurs d’or d’Afrique, est devenue un centre névralgique pour les activités des groupes armés liés à Al-Qaïda, qui ont intensifié leurs attaques et leurs enlèvements d’étrangers dans la région.

Selon les données de l’ACLED, les groupes tels que Ansar al-Islam et les musulmans comptent sur les enlèvements comme principale source de financement de leurs activités, en plus des activités minières de certaines de leurs branches.

Afin de mettre un terme à la propagation et à l’intensification des activités de ces groupes, des responsables américains se sont succédé en visite au Mali ces derniers temps, la capitale malienne ayant connu une intensification des mouvements diplomatiques.

L’envoyé américain en Afrique, Nick Checker, s’est rendu au Mali en février dernier et a rencontré le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, avec lequel il a discuté de la relance des relations, notamment dans la lutte contre le terrorisme et les relations commerciales.

L’activité diplomatique américaine dans la région du Sahel africain reflète des changements plus larges dans la politique de Washington à l’égard de ces pays qui ont connu une série de coups d’État militaires ayant porté des militaires au pouvoir. Afin de se maintenir au pouvoir, les gouvernements d’un certain nombre de ces pays se sont éloignés de leurs partenaires occidentaux et se sont tournés vers Moscou.

Selon Business Insider, le nouvel accord américain avec le Mali en matière de renseignement pourrait ramener Washington en partie dans cette région, mais dans un contexte différent de celui de 2024.

fr.saharamedias.net

Mali : alerte à la forte chaleur sur l’ensemble du territoire

L’Agence nationale de la météorologie (Mali-Météo) a publié le 9 mars 2026 une alerte signalant une hausse importante des températures sur tout le pays, avec des maximales prévues entre 34 °C et 45 °C du 9 au 15 mars.

Selon l’agence Mali-Météo, rattachée au ministère des Transports et des Infrastructures, la montée de chaleur affectera toutes les régions du pays, marquant un renforcement des températures en ce début de saison chaude. Les zones sahéliennes et sahariennes du nord pourraient enregistrer jusqu’à 45 °C, un niveau habituel pour cette période.

La période allant de mars à mai correspond au pic de la saison chaude au Mali, avant l’arrivée des premières pluies de l’hivernage. Dans des localités comme Kayes, Gao ou Tombouctou, les températures dépassent fréquemment 40 °C, augmentant les risques sanitaires pour la population.

Face à cette situation, Mali-Météo recommande aux habitants de prendre des précautions, en particulier pendant le mois de Ramadan, à savoir bien s’hydrater aux heures autorisées ; limiter l’exposition prolongée au soleil ; et porter des vêtements légers et adaptés ; et se rafraîchir régulièrement et surveiller les personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, malades).

La forte chaleur peut également impacter les activités économiques et sociales : hausse de la demande en électricité pour ventilateurs et climatiseurs, dans un contexte où l’approvisionnement reste parfois fragile ; conséquences sur l’agriculture et l’élevage, avec assèchement rapide des sols et des points d’eau avant la saison des pluies.

Les scientifiques notent par ailleurs une tendance au réchauffement plus rapide dans le Sahel, avec une multiplication des épisodes de chaleur extrême ces dernières années.

Dans ce contexte, Mali-Météo appelle la population à rester vigilante tout au long de la période d’alerte, alors que le pays entre progressivement dans sa phase la plus chaude de l’année.

MD/te/Sf/APA

Quand la mafia du gasoil défie les mesures

Chassez le naturel, il revient au galop, à l’instar de la crise du carburant au Mali. Tel un serpent de mer, le phénomène refait peu à peu surface et sa résurgence s’annonce par une pénurie de gasoil qui, en réalité, n’a jamais cessé d’échapper aux mesures de régularisation de la distribution.

 

Ainsi donc, pendant que la disponibilité de l’essence a tendance à reléguer la crise aux oubliettes chez ses consommateurs, la convoitise du gasoil continue d’obliger ses usagers à parcourir des dizaines de kilomètres à la chasse d’une denrée introuvable. En cause, la résistance aux pratiques spéculatives contre lesquelles les autorités se prévalaient naguère encore du déploiement d’une irrésistible armada de paravents administratifs. Tandis que les stations-service affichent partout la sécheresse totale de gasoil, l’essentiel des engins-diesel continuent de fonctionner et pullulent dans la circulation sans qu’on puisse déceler leurs sources d’approvisionner. Pour le savoir, il faut vraisemblablement figurer parmi les initiés de canaux de distribution hermétiquement fermés qui, soit échappent au contrôle du puissant dispositif ou jouissent allègrement de sa complaisance pour prospérer. En effet, les centrale d’EDM Sa, selon nos investigations, ne sont pas les facteurs d’absorption des volumes de gasoil qui triomphent de l’embargo djihadiste. On parle aussi des unités tapis dans les zones industrielles de l’intérieur dont les exploitants chinois paieraient des fortunes aux importateurs de carburant pour assurer la régularité de leur ravitaillement en hydrocarbures appropriées. Avec une préférence accordée à la mafia minière, il ne reste que des gouttelettes de gasoil aux consommateurs d’une certaine catégorie réduites statut de parents pauvres des mesures de lutte contre la spéculation.

La Rédaction du Temoin

 

Dossier Paramount – Embraer : La Cour opte pour un désaveu de la procédure

À l’instar du dossier des «équipements militaires et de l’avion présidentiel», celui des marchés «Paramount – Embraer» n’a pu être vidé sans déconvenue pour le ministère public.

 

En cause, un rapport d’audit bancal et peu intelligible de l’ancienne ministre Bintou Camara, auquel les juges ont décidé d’infliger une cinglante censure en exigeant des compléments d’informations sur l’ensemble des contours et péripéties ayant jalonné les commandes publiques y afférentes.

C’est la décision que plusieurs semaines de bras de fer judiciaire ont inspirée à la formation criminelle de la Cour suprême sur lesdites affaires. Au lieu du verdict annoncé, les attentes et pronostics ont été déjoués, vendredi après-midi, par la surprenante option de faire rejouer la partie sur la base de données et témoignages plus édifiants et moins tendancieux que le spécieux descriptif servi par l’ancienne conseillère de la présidence dans son rapport d’audit. Le renvoi des deux affaires a été ainsi assorti de la promesse de reprendre les audiences à la date du 23 mars prochain avec une approche nouvelle à la clé : l’extension des auditions au Contrôleur général de services publics, puis la consultation des fournisseurs de matériels militaires sur la teneur et l’exécution des marchés les concernant.

Pour ce qui est de la commande spécifique des 36 Marauders, le scénario s’annonce d’autant plus judicieux qu’il implique l’opportunité de redresser tant de torts causés aux inculpés par la défiguration ou la rétention des données, le galvaudage des faits et les manœuvres sibyllines de les éluder par endroit, ainsi que la soustraction de témoins indispensables aux besoins de manifestation de la justice. Autant de lacunes ayant empoisonné la procédure et déteint sur sa moralité, tout au long des confrontations publiques marquées par le démantèlement en règle des chefs d’inculpation ainsi que des énormités servies à l’opinion comme pertes financières imputables au marché des engins blindés. Face à l’épreuve, les responsables présents et leurs conseils respectifs n’ont pas manqué d’argumentaires assez solides pour pulvériser la montagne de conclusions à la sauvette ayant sous-tendu la prétention du Parquet Général d’infliger la perpète aux accusés absents et 10 ans de réclusion à leurs comparses ayant choisi d’affronter leurs sorts. Si ce réquisitoire maximaliste du ministère public n’a pas emporté d’adhésion à l’issue des audiences, c’est qu’il pèche par excès de dissonance avec les réalités dissimulées du dossier et paraissent d’une grosseur à heurter la conscience justicière. À l’instar du rapport d’audit dont s’inspire la qualification des faits, il est en déphasage manifeste, tant avec la teneur des montants en souffrance qu’avec la partition et la responsabilité de certains acteurs. En effet, contrairement à la propension du parquet à entretenir la confusion entre le montant total du contrat Paramount et son taux d’exécution, les paiements effectués avant interruption des opérations dépassent à peine 25% des 39 milliards conclus entre la firme sud-africaine et l’Etat malien pour l’acquisition de 36 blindés équipés et la prestation de services connexes. Il s’agit de 11 milliards libérés au total contre lesquels la partie malienne, par le biais de ses structures compétentes, ont accusé réception partielle du matériel, depuis 2019, pour une valeur de 7 milliards francs CFA que l’audit et la procédure ont feint d’ignorer. Il en résulte, somme toute, une différence de 4 milliards francs que plus d’une dizaine d’anciens hauts responsables de l’Etat auraient injustement payé par la perpétuité pour certains et 10 ans de réclusion pour d’autres, si la sentence des juges avait résonné dans le sens de l’amplification à dessein des pertes supposées ainsi que de la responsabilité des acteurs avec. Au lieu de quoi, la sagesse et la vigilance ont pu triompher de la justice expéditive et la superficialité habituelle a pu laisser la place à la profondeur qui consiste à ne négliger aucun aspect de l’affaire qui soit déterminant dans la manifestation de la vérité. C’est toute la teneur de la décision des juges du dossier «Paramount-Embrayer». Elle s’assimile à un désaveu cinglant et inédit de procédure et contribue par conséquent à réhabiliter la justice dans son rôle de maillon autonome d’une lutte contre la corruption qu’aurait décrédibilisé davantage la persistance dans les ardeurs répressives à l’aveuglette.

 

A. KEÏTA

Source : Le Témoin