Crise du carburant au Mali : Attaques contre les citernes, Que dit l’assurance

Les attaques répétées contre les citernes de carburant ont plongé le Mali dans une crise profonde, révélant non seulement des pertes économiques massives, mais aussi l’absence de protection assurantielle face aux risques de guerre et de terrorisme.

La crise du carburant que traverse le Mali ne se limite pas à une simple pénurie. Elle expose un problème plus profond : la vulnérabilité d’un secteur stratégique face à des attaques qui détruisent camions, infrastructures et chaînes logistiques entières.
Des centaines de citernes ont été incendiées, provoquant une flambée des prix, des files d’attente interminables et un ralentissement significatif des activités économiques.

Un choc économique majeur pour les transporteurs et les opérateurs pétroliers

Au-delà de la pénurie, les pertes sont colossales pour les transporteurs, distributeurs et compagnies pétrolières.
Matériel réduit en cendres, revenus bloqués, réseaux de distribution paralysés : l’impact financier est sans précédent.

Pourtant, dans ce chaos, un point crucial émerge : la quasi-absence de couverture assurantielle pour ce type de risques.

Ce que dit réellement le Code CIMA sur les attaques armées

Le Mali, comme les autres pays membres, applique le Code des assurances CIMA.
L’article 38 est clair : les dommages résultant d’une guerre, d’une guerre civile, d’émeutes ou de mouvements populaires sont exclus de la garantie, sauf mention contraire dans le contrat.

Autrement dit, les attaques de citernes par des groupes armés entrent dans une catégorie que les assureurs ne sont pas obligés de couvrir.

Conséquence :
➡️ les transporteurs et opérateurs touchés ne sont généralement pas indemnisés,
➡️ les pertes reposent entièrement sur leurs épaules.

Comme le confie un acteur économique :
« Le marché de l’assurance reste silencieux face aux risques de guerre et de terrorisme. Les produits existent, mais ils sont coûteux et réservés aux grandes entreprises. Les plus vulnérables restent sans filet. »

Assurances spécialisées : des solutions existent, mais hors de portée pour la majorité

Certaines compagnies internationales proposent des produits “risques politiques”, “guerre” ou “terrorisme”, comme AXA XL.
Mais ces assurances :

  • sont très coûteuses,

  • exigent des conditions strictes,

  • restent confidentielles,

  • et ne concernent qu’une minorité d’acteurs.

Les petites et moyennes entreprises du secteur du transport ou des hydrocarbures en sont pratiquement exclues.

Vers une solution malienne ou régionale ?

Face aux pertes humaines et matérielles, l’État malien a officiellement rendu hommage aux acteurs du secteur des hydrocarbures touchés par ces attaques.
Pour éviter que la crise ne se reproduise, plusieurs pistes émergent :

  • création d’un fonds de garantie national,

  • mise en place d’un mécanisme public d’assurance pour risques majeurs,

  • réforme du Code CIMA pour étendre la protection à ces situations exceptionnelles.

Une telle réforme, impactant les 14 États membres, redonnerait confiance aux investisseurs et protégerait enfin un secteur vital pour l’économie régionale.

Bandiagara : Le Gouverneur reçoit les citernes de carburant et met fin à plusieurs jours de pénurie

 

La région de Bandiagara respire enfin. Après plusieurs jours de pénurie qui ont paralysé une partie des activités, 13 citernes de carburant sont arrivées ce vendredi 5 décembre 2025. La réception officielle a été présidée par le Gouverneur, le Colonel-Major Olivier Diassana, en présence de représentants des différentes couches socioprofessionnelles.

L’annonce a provoqué un véritable soulagement : populations, jeunes, femmes et acteurs économiques sont sortis nombreux pour accueillir les camions-citernes, symbole d’un retour à la normale très attendu.

Dans son allocution, le Gouverneur Diassana a salué la patience et la résilience des habitants de la région. Il a également transmis les remerciements et le soutien des autorités nationales, rappelant que cette action s’inscrit dans la volonté du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, de répondre rapidement aux difficultés des populations.

Le Gouverneur a par ailleurs invité les citoyens à maintenir leur confiance dans les autorités et assuré que le bien-être des communautés reste une priorité absolue.

Mali: Le CNT adopte à l’unanimité la première partie du projet de loi de finances 2026

 

Le Conseil National de Transition (CNT) a adopté ce jeudi 4 décembre 2025, à l’unanimité de ses membres, la première partie du projet de loi de finances pour l’exercice 2026. Au total, 128 voix pour, 0 contre et 0 abstention ont été enregistrées, marquant un soutien sans équivoque à ce texte majeur pour la gouvernance économique du pays.

Cette adoption intervient dans un contexte où les autorités entendent renforcer la stabilité macroéconomique, améliorer la mobilisation des ressources internes et optimiser la gestion des dépenses publiques.

Un budget 2026 construit autour des priorités nationales

Selon les données publiées, les recettes budgétaires prévues pour 2026 s’élèvent à 3 057 milliards 792 millions 44 mille F CFA, tandis que les dépenses sont projetées à 3 578 milliards 216 millions 683 mille F CFA.

Il en résulte un déficit budgétaire de 520 milliards 424 millions 639 mille F CFA, que le gouvernement prévoit de financer par divers mécanismes internes et externes.

Ce budget ambitionne de renforcer plusieurs secteurs clés : la sécurité, l’éducation, la santé, la souveraineté économique, ainsi que les investissements structurants destinés à soutenir la croissance.

Un vote symbolique pour une nouvelle dynamique budgétaire

L’unanimité enregistrée au CNT témoigne d’un consensus sur les orientations budgétaires proposées par le gouvernement. Les membres du Conseil ont salué un document jugé cohérent avec les priorités nationales, notamment la consolidation de l’État, l’amélioration de la gouvernance publique et la poursuite des réformes économiques.

La seconde partie du projet de loi, consacrée aux dépenses détaillées par ministère et programmes, sera examinée prochainement, avant l’adoption finale de la loi de finances 2026.

Crise Carburant : le Comité de Crise constate un succès du protocole d’accord et vise la suppression des réseaux parallèles
Le Comité Interministériel de Gestion des Crises et Catastrophes s’est réuni ce mardi 2 décembre 2025 sous la présidence du Premier Ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga. La réunion a dressé un bilan très positif de la gestion de la crise des hydrocarbures.
Protocole du 21 novembre : des résultats concrets
Le Comité a salué les progrès obtenus grâce à l’application rigoureuse du Protocole d’accord signé le 21 novembre 2025 avec les acteurs pétroliers. Cet accord a permis d’introduire des mesures concrètes pour fluidifier l’approvisionnement :
-Réduction des délais : La durée de passage des véhicules au Bureau du Pétrole des Douanes est désormais réduite à 24 heures.
-Clé de répartition : Une nouvelle clé de répartition des arrivages a été établie pour garantir une meilleure distribution, allouant 70 % aux distributeurs et 30 % aux industries.
Lutte contre le marché noir et préparatifs du Ramadan
Malgré ces avancées, le Comité a souligné la nécessité de maintenir la vigilance, en insistant sur l’importance de lutter contre les réseaux parallèles de distribution de carburant, ainsi que contre les détournements et les rétentions de stock.
Concernant les autres denrées essentielles, des mesures incitatives d’importation en prévision du mois de ramadan ont été discutées. Les ministères concernés ont reçu instruction d’élaborer un plan d’approvisionnement détaillé pour assurer la disponibilité des produits.
En fin, le Premier Ministre a encouragé le maintien des efforts pour un retour rapide à la normale et a remercié le Chef de l’État, le Général d’Armée Assimi Goïta, pour son soutien constant aux acteurs ayant contribué à la résolution de la crise.
Zana/Malijet.com
Mali: le 1er chargement de lithium de la mine de Bougouni expédié

L’exportation du lithium de Bougouni vers Hainan marque une étape majeure pour le Mali dans le marché mondial des minerais stratégiques.

Le 1ᵉʳ décembre 2025, la première cargaison issue de la mine de Bougouni a été embarquée au port de San Pedro. Cet envoi marque l’entrée effective du Mali dans le commerce international du lithium.
Le navire a quitté le port ivoirien avec 28 950 tonnes de concentré de spodumène. Il est attendu au port de Yangpu à Hainan début ou mi-janvier 2026, selon l’entreprise Hainan Mining. La valeur de cette cargaison avoisine 24 millions de dollars, un montant qui reflète la qualité du produit, affichant une teneur d’environ 5,39 % de Li₂O selon les résultats publiés par l’exploitant.
Cette expédition intervient après le transport, à la fin du mois d’octobre, de plus de 30 000 tonnes de concentré depuis Bougouni vers San Pedro pour constituer le stock de départ.
Elle consacre ainsi la mise en production de la mine, exploitée par la co-entreprise réunissant Kodal Minerals, Hainan Mining et l’État malien, qui avait préparé depuis plusieurs mois la montée en charge de l’usine DMS.
Bougouni devient de ce fait la deuxième mine commerciale de lithium en activité au Mali, aux côtés de Goulamina. Les estimations de l’opérateur situent la capacité annuelle autour de 125 000 tonnes de concentré, un volume qui place déjà le site parmi les projets structurants du pays.
L’exportation via la Côte d’Ivoire confirme par ailleurs l’importance croissante du corridor minier reliant le sud du Mali au port de San Pedro, désormais essentiel au transit des minerais stratégiques.
Pour les autorités comme pour les communautés locales, ce premier chargement n’est pas qu’une opération commerciale.
Il symbolise la concrétisation d’un projet suivi de près depuis les premières phases d’exploration et porte l’espoir de retombées économiques à long terme dans une filière appelée à gagner en importance dans les années à venir.
La réussite de cette expédition ouvre une nouvelle phase, où se joueront les futures capacités de production et la place que le Mali entend occuper sur un marché mondial en pleine mutation.
MD/ac/Sf/APA