Affaire Epstein : le frère de Jeffrey Epstein évoque un « assassinat » et accuse le ministère de la Justice

Plus de six ans après la mort de Jeffrey Epstein en prison, son frère Mark Epstein relance la controverse. Invité de BFMTV, il a affirmé que le financier américain n’aurait pas mis fin à ses jours en août 2019, mais aurait été victime d’un homicide dissimulé par les autorités américaines.

Une thèse contestée par la version officielle

Jeffrey Epstein avait été retrouvé mort le 10 août 2019 dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center de New York, où il était détenu dans l’attente de son procès pour trafic sexuel de mineures. Le rapport officiel avait conclu à un suicide par pendaison.

Depuis plusieurs années, Mark Epstein conteste cette version. Il affirme aujourd’hui disposer d’éléments supplémentaires étayant la thèse d’un meurtre.

Sur BFMTV, il a déclaré : « J’accuse le ministère de la Justice d’avoir dissimulé le meurtre de Jeffrey. »

Des zones d’ombre soulevées

Mark Epstein met en avant plusieurs éléments qu’il juge troublants :

  • Les conclusions contestées de certains médecins légistes présents lors de l’autopsie

  • Des images de vidéosurveillance jugées incomplètes

  • Des dysfonctionnements au sein de l’établissement pénitentiaire

Le docteur Michael Baden, médecin légiste ayant assisté à l’autopsie à la demande de la famille, a lui aussi exprimé des doutes sur la thèse du suicide, évoquant publiquement la possibilité d’une strangulation.

Toutefois, les autorités fédérales américaines ont maintenu leur conclusion officielle.

Une enquête indépendante annoncée

Selon Mark Epstein, une enquête indépendante aurait été menée et conclurait à un homicide. Les résultats complets ne sont pas encore rendus publics.

L’affaire Epstein continue d’alimenter de nombreuses spéculations, en raison notamment des relations du financier avec des personnalités politiques et économiques influentes aux États-Unis et à l’international.

Une affaire toujours sensible aux États-Unis

La mort de Jeffrey Epstein avait déjà suscité un vaste débat public en 2019, notamment en raison de défaillances reconnues dans la surveillance carcérale.

Malgré les controverses, aucune preuve officielle n’a, à ce jour, remis en cause la conclusion judiciaire d’un suicide.

Libye : 15 ans après le 17 février 2011, un pays toujours divisé

Quinze ans après le soulèvement du 17 février 2011 qui a conduit à la chute du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye demeure profondément fragmentée sur les plans politique, institutionnel et économique. Cet anniversaire intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par l’assassinat récent de Saïf al-Islam Kadhafi et par de nouvelles initiatives onusiennes pour relancer le processus électoral.

Le 17 février, une date hautement symbolique

Le 17 février reste associé au début du soulèvement populaire qui a mis fin à plus de quarante ans de Jamahiriya. Sous Kadhafi, le 1er septembre symbolisait la révolution de 1969 ; sous la monarchie, le 24 décembre marquait l’indépendance. Aujourd’hui, le 17 février constitue l’un des derniers repères symboliques d’unité nationale.

Cependant, quinze ans plus tard, la portée de cette date semble s’éroder face aux difficultés économiques et aux divisions politiques persistantes.

Une société fragilisée par les crises successives

Des analystes soulignent que les préoccupations quotidiennes – inflation, dégradation du pouvoir d’achat et accès limité aux services – dominent désormais les priorités des Libyens.

La classe moyenne s’est considérablement affaiblie au fil des années, accentuant les inégalités entre ceux qui bénéficient du système actuel et ceux qui en subissent les conséquences. Dans ce contexte, la célébration du 17 février tend à devenir un événement davantage institutionnel que populaire.

À Tripoli, les autorités organisent régulièrement des manifestations publiques sur la place des Martyrs, mais chaque camp politique utilise l’anniversaire pour consolider sa légitimité.

Une division institutionnelle persistante

Depuis 2014, la Libye est divisée entre deux pôles de pouvoir :

  • À l’ouest, le Gouvernement d’union nationale (GUN) dirigé par Abdulhamid Dabaiba, reconnu par l’ONU et basé à Tripoli.

  • À l’est, une autorité parallèle soutenue par la Chambre des représentants et liée au maréchal Khalifa Haftar, dont les forces contrôlent de vastes territoires.

L’Armée nationale libyenne (ANL) conserve une forte influence dans l’est et le sud du pays. La consolidation du pouvoir autour du cercle familial de Haftar illustre la structuration progressive d’un appareil sécuritaire autonome.

L’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, un nouveau facteur d’instabilité

L’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, intervenu début février à Zintan, a ravivé les tensions. Bien que politiquement affaibli et visé par un mandat de la Cour pénale internationale, il conservait une influence symbolique dans certaines régions, notamment au sud.

Sa mort intervient alors que des contacts indirects auraient été engagés entre cercles proches de Tripoli et de Benghazi, dans un contexte de tentative de rapprochement soutenu par des acteurs internationaux.

Une feuille de route onusienne sous surveillance

La représentante spéciale de l’ONU, Hanna Tetteh, a récemment présenté une feuille de route axée sur :

  • L’adoption d’un cadre juridique électoral crédible

  • L’unification des institutions

  • Un dialogue structuré sur la gouvernance et la réconciliation

Le maréchal Haftar a exprimé son soutien à ce processus, mais les obstacles institutionnels demeurent nombreux.

Une économie dépendante du pétrole

Sur le plan économique, la Libye a enregistré une croissance significative en 2025, principalement grâce au secteur pétrolier, avec une production moyenne d’environ 1,3 million de barils par jour.

Malgré ces performances, la dépendance aux hydrocarbures reste forte. Les tensions monétaires récentes et les difficultés d’accès aux devises étrangères traduisent une fragilité persistante.

Le dernier appel d’offres de la Compagnie nationale de pétrole (NOC), le premier depuis 2008, a suscité un intérêt mesuré des investisseurs, reflétant la prudence des opérateurs face à l’incertitude politique.

Une transition toujours inachevée

Quinze ans après la chute du régime, la Libye demeure à la croisée des chemins. Le 17 février conserve une dimension symbolique forte, mais il s’inscrit désormais dans une réalité marquée par la fragmentation institutionnelle, les rivalités régionales et les incertitudes économiques.

Entre mémoire révolutionnaire et quête de stabilité, la transition libyenne reste une équation ouverte.

Niger–Algérie : la visite du général Tiani à Alger marque un apaisement diplomatique

Le Président nigérien, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, effectue les 15 et 16 février 2026 une visite officielle en Algérie, à l’invitation du président Abdelmadjid Tebboune. Ce déplacement intervient après plusieurs mois de tensions diplomatiques liées à un incident sécuritaire survenu en avril 2025.

Retour des ambassadeurs : un signal fort de normalisation

Le 12 février 2026, les deux pays ont simultanément rétabli leurs relations diplomatiques au niveau des ambassadeurs. L’ambassadeur du Niger à Alger a repris ses fonctions, tandis que le président Tebboune a ordonné le retour immédiat de l’ambassadeur d’Algérie à Niamey.

Dans un communiqué officiel, Alger a présenté cette décision comme une volonté de renforcer les « relations de fraternité, de coopération et de bon voisinage ».

La visite du général Tiani s’inscrit dans cette dynamique de relance des relations bilatérales.

Retour sur la crise d’avril 2025

Les tensions avaient éclaté dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025 après la destruction d’un drone armé de type Baykar Akıncı près de la frontière algérienne. L’Algérie avait justifié cette action par la protection de son espace aérien, tandis que le Mali avait contesté cette version.

En réaction, les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Mali, Burkina Faso et Niger – avaient rappelé leurs ambassadeurs accrédités à Alger. L’Algérie avait ensuite rappelé ses représentants diplomatiques au Mali et au Niger.

La synchronisation des retours diplomatiques en février 2026 marque ainsi une étape formelle vers l’apaisement.

Une visite stratégique dans un contexte sahélo-saharien sensible

Selon les communiqués officiels, la visite vise à :

  • Consolider les relations bilatérales

  • Relancer la coopération multiforme

  • Examiner les enjeux politiques africains et sahélo-sahariens

  • Concrétiser des projets stratégiques communs

Cette normalisation intervient alors que l’AES affirme progressivement sa structuration politique, sécuritaire et économique.

Quels impacts pour l’AES ?

La reprise du dialogue entre Alger et Niamey ne constitue pas nécessairement une remise en cause de l’Alliance des États du Sahel. Elle introduit cependant une nouvelle configuration diplomatique dans la région.

L’Algérie, acteur majeur en Afrique du Nord, partage avec le Niger des préoccupations sécuritaires communes, notamment en matière de stabilité frontalière et de lutte contre les groupes armés.

L’évolution de cette relation bilatérale pourrait influencer les équilibres régionaux, notamment les interactions entre l’AES et ses voisins maghrébins.

Burkina Faso : « Plusieurs dizaines de terroristes neutralisés » après l’attaque d’une ville dans le nord du pays

– La situation à Titao est calme et sous contrôle dans la ville de Titao (nord), selon l’armée

« Plusieurs dizaines de terroristes ont été neutralisés » samedi, en riposte à une attaque terroriste ayant visé la ville de Titao, située à plus de 200 km au nord du Burkina Faso, a annoncé dimanche soir, le porte-parole de l’armée burkinabè, le lieutenant-colonel Aziz Ouédraogo à la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB, publique).

Le porte-parole de l’armée burkinabè a expliqué que le samedi « 14 février nous avons enregistré des attaques multiples au niveau de cette ville (de Titao) et ces attaques font suite à des opérations d’envergure que nous menons dans le groupement de forces pour la sécurisation du Nord et celui du Sahel ».

« Vous avez vu les images, nous leur avons infligé une lourde défaite avec la neutralisation de plusieurs dizaines d’entre eux », a-t-il dit soulignant que certains terroristes s’étaient dirigés vers la ville uniquement à des fins de propagande en mettant le feu à des étals dans le marché.

« Mais le résultat est là. Ils ont croisé le fer avec nos hommes, nous leur avons infligé une défaite et ceux qui ont pris la poudre d’escampette, les vecteurs aériens les ont rattrapés et encore une fois nous leur avons infligé une lourde de perte. Donc la situation à Titao est calme et sous contrôle grâce à la détermination au professionnalisme et à l’engagement de nos hommes », a-t-il assuré.

Il a précisé que les forces de défense et de sécurité burkinabè ont également mené plusieurs opérations offensives contre les groupes armés terroristes courant février dans plusieurs localités du Burkina Faso.

« Quant aux actions offensives que nous menons sur le terrain ; il faut dire que nous avons changé de doctrine. Nos unités ont changé de posture et nous traquons l’ennemi partout où il se trouve jusque dans ces derniers retranchements », a soutenu le lieutenant-colonel Aziz Ouédraogo, soulignant « une recrudescence de de l’usage des drones largueur de projectile » par les terroristes.

Ces opérations antiterroristes du mois de février sur le territoire burkinabè se sont soldées par la neutralisation « de centaines de terroristes, des dizaines de bases détruites, un important arsenal de guerre récupéré », selon l’armée burkinabè.

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Mali–France : Bamako refuse toute négociation pour la libération d’un agent français détenu depuis août 2025

Les autorités maliennes maintiennent leur position dans l’affaire de l’agent français arrêté à Bamako en août 2025. Soupçonné d’implication dans une tentative de déstabilisation contre le régime du général Assimi Goïta, l’officier de renseignement français demeure détenu depuis près de six mois, sans perspective immédiate de négociation.

Une arrestation sensible au cœur des tensions Mali–France

Arrêté le 14 août 2025, Yann V., officiellement diplomate en poste à l’ambassade de France à Bamako, est accusé par les autorités maliennes d’avoir participé à une tentative de déstabilisation impliquant plusieurs militaires maliens également incarcérés.

Les autorités de la Transition considèrent l’affaire comme relevant de la sécurité nationale. De son côté, Paris conteste fermement les accusations et réclame la libération immédiate de son ressortissant, estimant qu’il bénéficiait d’un statut diplomatique conforme à la Convention de Vienne de 1961.

Une crise diplomatique persistante

Cette détention intervient dans un contexte déjà marqué par une dégradation profonde des relations entre Bamako et Paris. Les autorités françaises dénoncent des accusations infondées, tandis que le gouvernement malien adopte une posture de fermeté et rejette toute pression extérieure.

L’affaire ravive également le souvenir d’un précédent épisode régional impliquant des agents français détenus au Sahel, ce qui accentue la sensibilité diplomatique du dossier.

Un dossier à forte portée géopolitique

Au-delà du cas individuel, cette affaire illustre la recomposition des équilibres politiques et sécuritaires au Mali depuis la prise de pouvoir des autorités de la Transition. Elle pourrait peser durablement sur les relations bilatérales et la coopération sécuritaire entre les deux pays.

À ce stade, aucune médiation officielle n’a été annoncée, et les autorités maliennes semblent privilégier une gestion strictement souveraine du dossier.

Lutte contre les groupes djihadistes : 200 soldats américains arrivent au Nigeria
Les Etats-Unis vont envoyer 200 soldats au Nigeria pour former l’armée face aux groupes jihadistes. Ce renfort intervient malgré des tensions diplomatiques sur les violences religieuses. 

 

Les Etats-Unis vont déployer 200 soldats supplémentaires au Nigeria pour former l’armée dans sa lutte contre les groupes jihadistes, ont indiqué mardi 10 février des responsables des deux pays, confirmant un renforcement de la coopération militaire.
« Nous aurons des troupes américaines pour aider à la formation et au soutien technique », a déclaré à l’AFP le général Samaila Uba, porte-parole de l’armée nigériane. Selon le Wall Street Journal, ces renforts compléteront une petite équipe déjà présente pour appuyer le ciblage des frappes aériennes.

Former et appuyer les forces nigérianes

Les 200 militaires, attendus dans les prochaines semaines, doivent aider leurs homologues à mieux coordonner opérations terrestres et frappes aériennes. Une porte-parole du commandement américain pour l’Afrique a confirmé l’information.
A Noël, des frappes américaines avaient visé des combattants liés au groupe Etat islamique (EI) dans l’Etat de Sokoto. L’armée nigériane avait ensuite indiqué s’appuyer sur des renseignements américains pour mener ses propres opérations.

Pressions et insécurité persistante

Ce déploiement intervient alors que Washington dénonce des violences que le président Donald Trump qualifie de « génocide » et de « persécution » des chrétiens, accusations rejetées par Abuja et par des experts.
Le Nigeria, confronté depuis 2009 à une insurrection jihadiste dans le nord-est, fait aussi face à des groupes armés dits « bandits » dans le nord-ouest et le centre-nord.
……..Africa Radio 

Source : Africa Radio

Niger : une vingtaine de terroristes « neutralisés » dans l’ouest du pays (armée)
Les Forces de défense et de sécurité (FDS) nigériennes ont déclaré mercredi avoir « neutralisé » une vingtaine de terroristes ayant attaqué leur position à Makalondi, dans la région de Tillabéry (ouest), proche de la frontière avec le Burkina Faso.
Selon le bulletin hebdomadaire d’information de l’armée, les interventions des FDS ont également abouti à la destruction d’une douzaine de motos et à la saisie de divers matériels de guerre. Trois éléments des FDS avaient été tués et sept autres blessés.
« L’attaque de la position mixte est intervenue le 4 février aux environs de 16H00 heure locale (15H00 GMT), lorsque les éléments des FDS positionnés à Makalondi ont fait face à une horde de criminels avec professionnalisme et bravoure. Très vite, les renforts aéroterrestres se sont mis en place pour cerner la menace imminente et la ‘neutraliser' », a-t-on précisé de même source.

Source : Xinhua

Libye : l’après Saïf al-Islam, discours de continuité et tensions

Des figures pro-Kadhafi affirment pouvoir dépasser l’élimination de Saïf al-Islam Kadhafi et préparer une alternative politique. Des déclarations qui masquent mal les fractures persistantes et l’absence d’un leadership crédible.

Des responsables et soutiens de l’ancien régime libyen ont multiplié les déclarations ces derniers jours pour afficher leur volonté de maintenir une dynamique politique après l’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi. Un discours de résilience qui vise à projeter une image de continuité, alors même que le camp pro-Kadhafi reste profondément fragmenté et privé de figure fédératrice.

Othman Baraka, présenté comme une figure de proue du « Mouvement national » soutenant Saïf al-Islam, a ainsi affirmé que les partisans de l’ancien régime, malgré une instabilité persistante, disposeraient des capacités organisationnelles et politiques nécessaires pour « dépasser le stade » de la disparition de leur leader. Selon lui, le mouvement serait en mesure d’assurer une transition vers un cadre de leadership alternatif, sans remettre en cause son orientation idéologique.

Cette lecture optimiste contraste avec les réserves exprimées par d’autres acteurs du même camp. Des sources proches d’Ahmed Gaddaf Al-Dam, responsable politique du Front de lutte nationale libyen, ont indiqué au quotidien Asharq Al-Awsat qu’il était prématuré d’évoquer un successeur ou un nouveau dirigeant.

Les cérémonies de deuil, encore en cours à Bani Walid, à 172 km au sud de Tripoli, serviraient aussi de rappel à une réalité plus brutale : l’absence de consensus et la difficulté à transformer l’émotion en projet politique structuré.

Même prudence du côté de Nasser Saeed, porte-parole du Mouvement populaire national libyen. Celui-ci anticipe la formation prochaine d’une direction politique, tout en repoussant la question d’un leader ou d’un symbole à plus tard.

Le projet, insiste-t-il, serait « idéologique et doctrinal, et non lié à des individus ». Une formule qui sonne autant comme une profession de foi que comme un aveu : sans figure incarnant cette idéologie, la mobilisation reste fragile.

De fait, les partisans de l’ancien régime demeurent éclatés entre plusieurs structures concurrentes, organisations politiques et personnalités indépendantes. Le Mouvement national populaire libyen, fondé en 2012, et le Front populaire libyen pour la libération de la Libye, créé en 2016 par des responsables politiques et des chefs tribaux en soutien à Saïf al-Islam, illustrent cette dispersion. Chacune revendique une légitimité historique ou idéologique, sans parvenir à s’imposer comme pôle unificateur.

Dans un paysage politique libyen déjà morcelé, ces déclarations relèvent autant de la communication que d’une stratégie réellement opérationnelle. L’invocation d’un projet « au-delà des individus » tente de compenser le vide laissé par la disparition de Saïf al-Islam, mais elle ne résout ni les rivalités internes ni l’absence d’ancrage institutionnel.

Plus qu’une transition maîtrisée, l’après-Kadhafi version pro-régime s’annonce comme une recomposition incertaine, tiraillée entre nostalgie, divisions et quête de légitimité.

MK/ac/APA

Téhéran et Washington négocient à Oman après la répression sanglante en Iran

L’Iran et les États-Unis entament ce matin des négociations à Oman, que Téhéran veut limiter strictement à son programme nucléaire, Washington laissant pour sa part planer la menace militaire en cas d’échec. Avant le début des discussions, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a appelé au « respect mutuel ».

Des discussions doivent s’ouvrir ce vendredi 6 février 2026 à Mascate (Oman) entre l’Iran et les États-Unis, a annoncé Téhéran. Il s’agit des premiers échanges entre les deux pays depuis les frappes sur des sites nucléaires iraniens menées en juin par Washington, lors de la guerre de 12 jours déclenchée par une attaque israélienne contre l’Iran.

Elles seront pilotées par l’émissaire du président américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi.

Ce dernier est arrivé à Mascate jeudi soir, a rapporté l’agence de presse officielle Irna.

Avant d’entamer les entretiens, Abbas Araghchi a appelé vendredi matin au « respect mutuel ».

« L’égalité, le respect mutuel et l’intérêt réciproque ne sont pas de vaines paroles, mais des conditions indispensables et les piliers d’un accord durable », a-t-il déclaré dans un message en anglais sur X.

La France doit-elle s’engager pour faire tomber le régime Iranien ?

Les pourparlers interviennent après la sanglante répression par le pouvoir iranien du vaste mouvement de contestation de début janvier – qui a fait des milliers de morts selon les défenseurs des droits – et des échanges de propos bellicistes entre Washington et Téhéran.

Les Iraniens « négocient », avait déclaré plus tôt Donald Trump. « Ils ne veulent pas que nous les frappions », a-t-il ajouté, rappelant que les États-Unis avaient envoyé « une grande flotte » de guerre dans le Golfe.

Après avoir menacé de frapper l’Iran en soutien aux contestataires, le président américain centre désormais sa rhétorique sur le contrôle du programme nucléaire iranien.

« Nous restons focalisés sur cette question : veiller à ce qu’ils n’obtiennent pas l’arme nucléaire », a affirmé mercredi le vice-président américain, JD Vance.

Les pays occidentaux et Israël accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, ce que Téhéran dément.

« Risque d’escalade »

L’Iran et les États-Unis avaient déjà mené des négociations au printemps notamment dans le sultanat d’Oman, gelées par la guerre des 12 jours. Elles achoppaient notamment sur la question de l’enrichissement d’uranium par Téhéran.

L’Iran a martelé ne vouloir discuter que du dossier nucléaire, pour obtenir la levée des sanctions internationales qui asphyxient l’économie, rejetant toute négociation sur son programme balistique ou son soutien à diverses formations hostiles à Israël, notamment le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien.

« Les pourparlers portent sur le nucléaire », a encore insisté jeudi soir la télévision d’État, citant un responsable de la délégation iranienne.

Mais le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, est lui aussi catégorique : pour aboutir, les négociations devront « inclure certains éléments, notamment la portée de leurs missiles balistiques, leur soutien aux organisations terroristes […] et le traitement réservé à leur population ».

Le chancelier allemand Friedrich Merz a pour sa part exhorté jeudi Téhéran à « entamer de véritables négociations » avec les États-Unis, mettant en garde contre le risque « d’escalade militaire ».

Citant des responsables iraniens anonymes, le New York Times a indiqué que les États-Unis avaient toutefois concédé que les discussions excluent les acteurs régionaux, contrairement à ce qu’ils souhaitaient.

« Inflexibilité »

« L’Iran continue de faire preuve d’inflexibilité face aux demandes des États-Unis, ce qui réduit la probabilité […] d’une solution diplomatique », analyse l’Institute for the Study of War, basé aux États-Unis.

Face au maintien par Washington des menaces d’action militaire, Téhéran a répété qu’il riposterait contre les bases américaines de la région en cas d’attaque.

« Nous sommes prêts à nous défendre, et c’est au président américain de choisir entre le compromis ou la guerre », a déclaré jeudi le porte-parole de l’armée, le général Mohammad Akraminia, cité par la télévision d’État.

L’Iran, a-t-il averti, a un accès « facile » aux bases américaines dans le Golfe.

« L’Iran est pleinement prêt à faire face à toute menace et à tout ennemi étranger », a aussi déclaré l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ali Akbar Velayati, conseiller de l’ayatollah Khamenei, cité par l’agence iranienne Isna.

Iran : Donald Trump place ses troupes dans le golfe et menace le pays

Le président américain a affirmé jeudi qu’une armada navale américaine naviguait vers le golfe persique. Depuis plusieurs jours, il a plusieurs fois menacé de frapper l’Iran en réponse à la répression du récent mouvement de contestation dans ce pays.

Donald Trump a affirmé hier, jeudi 22 janvier, qu’une « armada » navale américaine était en route pour le golfe Persique, maintenant la pression sur Téhéran, alors que la perspective d’une intervention militaire semblait s’être éloignée.

Le président américain a plusieurs fois menacé de frapper l’Iran en réponse à la répression du récent mouvement de contestation dans ce pays, mais il était toujours revenu sur cette menace la semaine dernière après avoir assuré que Téhéran avait suspendu les exécutions prévues de manifestants.

« Nous avons beaucoup de navires qui se dirigent dans cette direction, au cas où », a-t-il déclaré jeudi à des journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One, qui le ramenait du Forum économique mondial de Davos, en Suisse.

« Je préférerais que rien ne se passe »

Le chef des Gardiens de la révolution islamique a averti jeudi Washington que ses forces avaient « le doigt sur la gâchette » après plusieurs semaines de manifestations et de répression en Iran. Donald Trump n’a toutefois pas fermé la porte au dialogue.
« L’Iran veut effectivement parler, et nous parlerons », a-t-il déclaré jeudi à Davos. « Je préférerais que rien ne se passe, mais nous les surveillons de très près », a ajouté Donald Trump. Mais le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, a mis de l’huile sur le feu jeudi.
« Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique et notre cher Iran ont le doigt sur la gâchette, plus préparés que jamais, prêts à exécuter les ordres et mesures du guide suprême, un leader qui leur est plus cher que leur propre vie », a prévenu M. Pakpour, en faisant référence à l’ayatollah Ali Khamenei.Mohammad Pakpour avait été nommé en juin dernier par M. Khamenei pour succéder à Hossein Salami, tué lors des frappes aériennes israéliennes.

Ses propositions ont été lues à la télévision d’État à l’occasion du jour de célébration nationale des Gardiens de la Révolution islamique, bras idéologique du guide suprême et force armée extrêmement organisée, accusée par les organisations de droits humains d’avoir orchestré la répression meurtrière du vaste mouvement contestataire en Iran.

Le chef d’État menacé de mort

Un autre haut responsable militaire iranien, le général Ali Abdollahi Aliabadi, à de son côté averti qu’en cas d’attaque américaine, « tous les intérêts, bases et centres d’influence américains » seraient des « cibles légitimes » pour les forces iraniennes.
L’Iran et les Etats-Unis, ennemis jurés depuis la Révolution islamique de 1979, ne cessent d’échanger des menaces.
Donald Trump avait ainsi haussé le ton mardi à l’égard des dirigeants iraniens, menaçant de les « rayer de la surface de la Terre » si « quoi que ce soit » lui arrivait. Plus tôt, le général iranien Abolfazl Shekarchi l’avait menacé de mort si Washington s’en prenait à la personne de l’ayatollah Ali Khamenei.
Tout en brandissant lui aussi la menace d’une riposte, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, dans une tribune mardi dans le Wall Street Journal, avait assuré que l’Iran était toujours « prêt à mener des négociations réelles et sérieuses ». Déclenchée le 28 décembre, la mobilisation en Iran a pris une ampleur majeure le 8 janvier, défiant ouvertement la République islamique, avant d’être violemment réprimée.
La télévision d’Etat iranienne – citant la Fondation iranienne pour les martyrs et les anciens combattants – a annoncé mercredi que 3.117 personnes avaient été tuées, un premier bilan officiel très inférieur à ceux avancés par des défenseurs des droits humains.
Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège et dont les chiffres sont cités par l’ONU, au moins 3.428 manifestants ont été tués mais le bilan pourrait même dépasser les 20.000 morts.
Une coupure nationale d’internet, qui a permis selon des organisations des droits humains de masquer la répression, dure depuis « deux semaines complètes », a relevé jeudi l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks, précisant que ces derniers jours l’accès a été très sporadique et limité à des sites gouvernementaux.
……..Paris Match

Source : Paris Match