Mali : Le Général Issa Ousmane Coulibaly nommé porte-parole du gouvernement

Par décret présidentiel en date du 1er avril 2026, le président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a procédé à la nomination d’un nouveau porte-parole du gouvernement.

Le choix s’est porté sur le Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly, actuel ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, désormais chargé d’assurer la communication officielle de l’exécutif.

Une nomination sur proposition du Premier ministre

Cette décision a été prise sur proposition du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga. Elle s’inscrit dans une volonté de structurer davantage la communication gouvernementale et d’optimiser la diffusion de l’information publique.

Jusqu’à présent, cette fonction était assurée par le Premier ministre lui-même, en plus de ses responsabilités à la tête du gouvernement.

Un rôle clé dans la communication de l’État

En tant que porte-parole, le Général Issa Ousmane Coulibaly aura pour mission de :

  • Relayer les décisions du gouvernement
  • Assurer la communication officielle auprès des médias
  • Renforcer la lisibilité de l’action publique

Cette désignation intervient dans un contexte où la communication institutionnelle occupe une place stratégique dans la gestion des affaires publiques.

Une nouvelle étape dans l’organisation gouvernementale

Avec cette nomination, les autorités maliennes poursuivent la structuration de l’appareil d’État durant la Transition. La séparation des fonctions entre direction du gouvernement et communication officielle marque une évolution dans la gestion institutionnelle.

Mali-Mauritanie : tension après l’évasion de 2 militaires maliens

Une nouvelle tension diplomatique est apparue entre le Mali et la Mauritanie après des déclarations de l’armée malienne évoquant l’évasion de soldats détenus par des groupes armés depuis un camp de réfugiés situé en territoire mauritanien.

Dans un communiqué publié dimanche, l’État-major général des armées maliennes (EMGA) a affirmé que deux militaires des FAMa, capturés en octobre 2025, avaient réussi à s’échapper dans la nuit du 13 au 14 mars 2026 d’un camp de réfugiés en Mauritanie, avant de regagner le Mali.

Selon la même source, les deux soldats ont été récupérés à Goundam (région de Tombouctou) puis pris en charge conformément aux procédures militaires.

L’EMGA précise qu’il s’agit du cavalier de 1ʳᵉ classe Mohamed Wangaraba (633ᵉ escadron de reconnaissance) et du cavalier de 1ʳᵉ classe Mahamed El Maouloud Diallo (635ᵉ régiment blindé), enlevés le 9 octobre 2025 alors qu’ils étaient en permission.

Nouakchott dément fermement

Ces déclarations ont été vivement rejetées par les autorités mauritaniennes. Dans un communiqué publié lundi, le ministère mauritanien des Affaires étrangères a exprimé sa « stupéfaction » et son « indignation », dénonçant des accusations « totalement infondées » et « profondément offensantes ».

Nouakchott affirme qu’aucun élément ne permet d’accréditer la présence de groupes armés terroristes dans un camp de réfugiés sur son territoire.

Les autorités rappellent que le camp de M’Berra, qui accueille des dizaines de milliers de réfugiés maliens depuis plusieurs décennies, est placé sous la supervision du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et régulièrement accessible aux organisations humanitaires ainsi qu’aux autorités maliennes.

Appel à la retenue et au dialogue

La Mauritanie a appelé Bamako à faire preuve de « davantage de rigueur » dans ses communications officielles et à privilégier les canaux diplomatiques pour traiter les questions sensibles liées à la sécurité.

Tout en se disant attachée aux relations de bon voisinage, Nouakchott affirme vouloir privilégier le dialogue direct afin d’éviter toute escalade dans un contexte sécuritaire déjà fragile dans la région sahélienne.

Un contexte déjà sensible

Cet épisode intervient dans un climat déjà marqué par des tensions entre les deux pays. En octobre 2025, des frictions étaient apparues autour de la gestion des migrants maliens en Mauritanie et de mesures administratives visant des opérateurs économiques mauritaniens au Mali.

Les deux États avaient alors évoqué la relance de la Grande commission mixte bilatérale pour apaiser les différends.

Sénégal : un militaire tué et six blessés lors d’un accrochage avec des individus armés en Casamance

Un militaire sénégalais a été tué et six autres blessés jeudi matin lors d’un accrochage avec un groupe d’individus armés dans le sud du pays, a annoncé la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA).

Selon l’armée sénégalaise, l’incident s’est produit dans la zone de Kadialock, située dans le nord de Sindian, près de la frontière avec la Gambie.

Au cours de l’affrontement, plusieurs assaillants ont été neutralisés, précise la DIRPA dans son communiqué.

Opération contre la culture du chanvre indien

D’après les autorités militaires, l’accrochage est survenu alors que des unités de la Zone militaire n°5 menaient une opération de destruction de champs de chanvre indien dans cette zone frontalière.

Ces opérations visent notamment à lutter contre les cultures illicites, à démanteler les bandes armées opérant dans la région et à renforcer la sécurité des populations et de leurs biens.

Des opérations qui se poursuivent

La DIRPA indique que les unités engagées poursuivent actuellement leurs actions dans la zone afin de sécuriser durablement ce secteur frontalier et d’intensifier la lutte contre les activités criminelles.

La région de Casamance, dans le sud du Sénégal, reste régulièrement le théâtre d’opérations militaires visant à éradiquer les trafics et à prévenir les activités de groupes armés dans les zones proches des frontières.

Les USA seraient près de conclure un accord avec le Mali leur permettant de revenir dans la région du Sahel

Le site Business Insider a déclaré que les États-Unis étaient sur le point de conclure un accord avec le Mali afin de permettre aux avions américains de reprendre leurs vols de reconnaissance au-dessus du pays.

Selon le site, qui cite des responsables américains, cet accord, s’il est conclu, constituerait « une avancée majeure dans les efforts déployés par Washington pour rétablir la coopération en matière de sécurité avec Bamako après des années de tensions ».

L’accord

L’accord proposé permettrait à Washington de surveiller les activités des groupes armés liés à Al-Qaïda, qui ne cessent de se développer dans la région du Sahel africain.

Récemment, l’administration de Donald Trump avait levé les sanctions américaines imposées à plusieurs hauts responsables maliens, dont le ministre de la Défense, afin de faciliter l’accord et d’améliorer les relations bilatérales, qui se sont tendues depuis le rapprochement entre Bamako et Moscou, à un moment où l’administration de l’ancien président Joe Biden manifestait un soutien important à l’Ukraine, en guerre avec la Russie depuis 2022.

L’ancienne administration avait justifié ces sanctions par des allégations de rapprochement entre Bamako et les mercenaires Wagner, dissous par la Russie et remplacés par le « Corps russe ».

Washington avait fermé il y a quelque temps sa plus grande base aérienne dans la région du Sahel africain.

En août 2014, Washington a retiré ses soldats de la base aérienne 201 à Agadez après que les autorités militaires du Niger aient demandé le départ des soldats américains de leur territoire.

Mais Washington, par le biais de ses négociations avec le Mali, tente de revenir dans la région du Sahel africain, notamment après un accord avec le Nigeria lui permettant de mener des frappes aériennes contre les groupes armés présents dans cette région, et après que certains médias aient fait état d’un accord entre les États-Unis et la Côte d’Ivoire pour la création d’une base dédiée aux drones à Barame, dans le centre de la Côte d’Ivoire.

Stratégie de retour

La Mali, pays enclavé et l’un des plus grands producteurs d’or d’Afrique, est devenue un centre névralgique pour les activités des groupes armés liés à Al-Qaïda, qui ont intensifié leurs attaques et leurs enlèvements d’étrangers dans la région.

Selon les données de l’ACLED, les groupes tels que Ansar al-Islam et les musulmans comptent sur les enlèvements comme principale source de financement de leurs activités, en plus des activités minières de certaines de leurs branches.

Afin de mettre un terme à la propagation et à l’intensification des activités de ces groupes, des responsables américains se sont succédé en visite au Mali ces derniers temps, la capitale malienne ayant connu une intensification des mouvements diplomatiques.

L’envoyé américain en Afrique, Nick Checker, s’est rendu au Mali en février dernier et a rencontré le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, avec lequel il a discuté de la relance des relations, notamment dans la lutte contre le terrorisme et les relations commerciales.

L’activité diplomatique américaine dans la région du Sahel africain reflète des changements plus larges dans la politique de Washington à l’égard de ces pays qui ont connu une série de coups d’État militaires ayant porté des militaires au pouvoir. Afin de se maintenir au pouvoir, les gouvernements d’un certain nombre de ces pays se sont éloignés de leurs partenaires occidentaux et se sont tournés vers Moscou.

Selon Business Insider, le nouvel accord américain avec le Mali en matière de renseignement pourrait ramener Washington en partie dans cette région, mais dans un contexte différent de celui de 2024.

fr.saharamedias.net

Communiqué du Conseil des Ministres du mercredi 04 mars 2026: CM N°2026-09/SGG.

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 4 mars 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat.
Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a :
– adopté des projets de texte ;
– procédé à des nominations ;
– et entendu des communications.

 

 

AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES

 

 

1. Sur le rapport du ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté :
a. un projet de décret portant approbation du marché relatif au transport aérien des pèlerins de la filière gouvernementale et leurs bagages, au titre du Hadj 2026.
Le marché est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le Groupement Ethiopian Airlines/Top 10 SARL pour un montant de 2 milliards 270 millions 625 mille francs CFA toutes taxes comprises et un délai d’exécution d’un mois.
L’exécution dudit marché permettra aux pèlerins de la filière gouvernementale d’accomplir leur devoir religieux dans les meilleures conditions.

b. un projet de décret portant ouverture de crédit à titre d’avance dans le budget de l’Etat 2026.
La Loi n°2025-038 du 15 août 2025 portant loi organique relative aux lois de Finances dispose : « En cas d’urgence et de nécessité impérieuse d’intérêt national, des crédits supplémentaires peuvent être ouverts par décret d’avances pris en Conseil des Ministres. Le Parlement en est immédiatement informé et un projet de loi de Finances portant ratification de ces crédits est déposé dès l’ouverture de la plus prochaine session du Parlement ».
Le décret d’avances est donc un acte réglementaire de gestion budgétaire par lequel le Gouvernement peut ouvrir des crédits supplémentaires.
Le projet de décret, adopté, autorise l’ouverture, à titre d’avance, de crédits d’un montant global de 500 milliards de francs CFA dans le budget de l’Etat 2026 pour prendre en charge les besoins complémentaires liés aux travaux de construction des hôpitaux et d’autres projets prioritaires structurants.

2. Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant nomination de Notaire.
Le Notaire est un officier public et ministériel institué pour assurer le service public de la preuve.
L’Ordonnance n°2013-027/P-RM du 31 décembre 2013 portant statut des Notaires détermine les conditions d’accès à la profession de notaire, les modalités de gestion de la vacance et du transfert des charges notariales.
En application des dispositions de cette ordonnance et après avis conforme de l’Ordre des Notaires, le projet de décret, adopté, nomme Monsieur Djoma TRAORE en qualité de Notaire pour occuper la charge vacante de feu Bakaye SAGARA à Mopti.

3. Sur le rapport du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Conseil des Ministres a adopté :
a. un projet d’ordonnance portant création de l’Agence nationale d’Investissement des Collectivités territoriales ;
b. un projet d’ordonnance portant modification de la Loi n°07-072 du 26 décembre 2007 relative au Fonds national d’Appui aux Collectivités territoriales ;
c. un projet de décret fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement de l’Agence nationale d’Investissement des Collectivités territoriales ;
d. un projet de décret déterminant les ressources nécessaires au fonctionnement de l’Agence nationale d’Investissement des Collectivités territoriales ;
e. un projet de décret fixant les modalités de l’appui technique de l’Agence nationale d’Investissement des Collectivités territoriales au service central chargé du contrôle des Associations et des Fondations en République du Mali.
L’Agence nationale d’Investissement des Collectivités territoriales a été créée par la Loi n°00-042 du 7 juillet 2000 avec pour mission de gérer les subventions affectées à la réalisation des investissements locaux entrepris sous maîtrise d’ouvrage des Collectivités territoriales et de garantir certains prêts contractés par elles.
Dans le but de renforcer la maîtrise d’ouvrage du développement local, exercée par les Collectivités territoriales, les Agences de Développement régional ont été créées par l’Ordonnance n°2015-017/PRM du 2 avril 2015, avec pour mission d’assister les Collectivités territoriales de leur ressort territorial dans l’exercice de la maîtrise d’ouvrage du développement régional et local.
Les évaluations de performance et l’audit institutionnel des Agences de Développement régional menés ont révélé une faible performance desdites Agences et conclu à leur absorption par l’Agence nationale d’Investissement des Collectivités territoriales.
Par ailleurs, la faiblesse du dispositif de suivi des Associations et des Fondations engendre des risques tels que le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, le non alignement avec les priorités nationales et la planification régionale et locale, ainsi que le manque de transparence et de responsabilité.
Les projets de texte, adoptés, créent l’Agence nationale d’Investissement des Collectivités territoriales avec pour mission de gérer les subventions affectées à la réalisation des investissements locaux entrepris sous maîtrise d’ouvrage des Collectivités territoriales, de garantir certains prêts contractés et d’apporter un appui technique au service central chargé du contrôle administratif des Associations et des Fondations.
En outre, ils :
– définissent le champ du contrôle administratif, les relations fonctionnelles entre les services du contrôle administratif et ceux du contrôle technique et déterminent les autorités et organismes investis du rôle de contrôle administratif ;
– soumettent les Associations et les Fondations à un certain nombre de conditionnalités dans leurs modes d’intervention et à une contribution financière ;
– instituent un prélèvement sur les ressources financières des Associations et des Fondations destiné aux actions de développement.

4. Sur le rapport du ministre de la Santé et du Développement social, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret déclarant Pupilles de la Nation.

La Loi n°2016-058 du 27 décembre 2016 institue les Pupilles de la Nation et les Pupilles de l’Etat en République du Mali en vue d’assurer la protection des enfants pouvant prétendre à l’une de ces qualités.
En application des dispositions de cette loi, le projet de décret, adopté, accorde le statut de Pupilles de la Nation à 31 enfants mineurs, de chauffeurs et d’apprentis victimes d’attaques terroristes, qui bénéficieront, entre autres :
– de la prise en charge des frais de soins médicaux ou du ticket modérateur ;
– de la prise en charge des frais de scolarité au niveau de l’Enseignement fondamental et secondaire ;
– de la prise en charge des frais d’apprentissage et de formation professionnelle ;
– de l’octroi d’une bourse entière de l’Enseignement supérieur.

AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES
Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes :

AU TITRE DE LA PRIMATURE
– Directeur général du Contentieux de l’Etat :
Monsieur Moussa Kenneye KODIO, Magistrat.

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES
– Directeur des Finances et du Matériel au Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale :
Madame SAVANE Salimata BENGALY, Inspecteur des Services économiques.
– Directeur des Finances et du Matériel au Ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population :
Monsieur Ibrahim CISSE, Inspecteur des Services économiques.
– Directeur des Finances et du Matériel au Ministère de l’Elevage et de la Pêche :
Colonel-major Seydou COULIBALY.

 

 

AU TITRE DU MINISTERE DE LA SECURITE ET DE LA PROTECTION CIVILE
– Conseillers techniques :
Colonel Sapeur-pompier Amadou Ibrahima GUINDO ;
Contrôleur Général-major de Police El Hadji Youssouf MAIGA.
– Inspecteur à l’Inspection des Services de Sécurité et de la Protection civile :
Contrôleur Général-major de Police Siaka SACKO.

AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE
– Ambassadeur, Directeur des Organisations internationales :
Monsieur Matiné COULIBALY, Conseiller des Affaires étrangères.
– Secrétaire Agent comptable à l’Ambassade du Mali au Caire :
Monsieur Drissa BENGALY, Contrôleur du Trésor.

AU TITRE DU MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE
– Inspecteur général en Chef adjoint de l’Education :
Monsieur Sory DOUMBIA, Enseignant-chercheur.
– Inspecteurs généraux de l’Education :
Monsieur Chadou Hassimi TOURE, Enseignant-chercheur ;
Monsieur Moussa DIABATE, Professeur de l’Enseignement secondaire ;
Monsieur Siratigui SOGOBA, Enseignant-chercheur ;
Monsieur Bagara Zanké COULIBALY, Enseignant-chercheur ;
Monsieur Mamadou Abdoulaye KONARE, Enseignant-chercheur ;
Monsieur Mamadou SAMAKE, Enseignant-chercheur.

AU TITRE DU MINISTERE DE LA PROMOTION DE LA FEMME, DE L’ENFANT ET DE LA FAMILLE
– Chargé de mission :
Madame Hamsatou ATTAHER, Spécialiste des Langues et Cultures.

AU TITRE DU MINISTERE DE LA COMMUNICATION, DE L’ECONOMIE NUMERIQUE ET DE LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION
– Conseiller technique :
Monsieur Boubacar Safouné DIARRA, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral.

AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS

1. Sur le rapport du ministre de l’Energie et de l’Eau, le Conseil des Ministres a pris acte d’une communication relative à la Politique nationale de l’Eau et ses 4 Programmes Directeurs de mise en œuvre 2026-2035.
La Politique nationale de l’Eau, qui s’inscrit dans « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et la Stratégie nationale pour l’Emergence et le Développement durable 2024-2033, a pour objectif de contribuer au développement durable du pays, en apportant des solutions appropriées aux problèmes liés à l’eau, en tenant compte des effets des changements climatiques dans une perspective de gestion durable des ressources en eau.
Le document de politique, structuré autour de 4 orientations stratégiques, est décliné en 4 programmes directeurs de mise en œuvre, assortis de Plans d’actions respectifs, à savoir :
– le Programme national d’Accès à l’Eau potable ;
– le Programme national d’Aménagements hydrauliques ;
– le Programme national de Gestion intégrée des Ressources en Eau ;
– le Programme national de Gouvernance du Secteur Eau et Assainissement.

 

 

2. Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux a informé le Conseil des Ministres de la participation du Mali au « Segment de Haut Niveau » de la 61ème Session du Conseil des Droits de l’Homme, tenue du 23 au 25 février 2026, à Genève en Suisse.
Au cours de cette 61ème Session, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, dans son intervention a, entre autres :
– dénoncé les activités des groupes terroristes et criminels, auteurs des violations des droits humains et du droit international humanitaire au Mali, avec un nouveau mode opératoire, le terrorisme économique ;
– mis l’accent sur l’amélioration globale de la situation sécuritaire au Sahel par la mutualisation des efforts, à travers la Force Unifiée-AES ;
– annoncé l’adoption de la Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale pour une résolution endogène des crises multidimensionnelles.
En marge des travaux, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux a eu des rencontres bilatérales, notamment avec le Haut-Commissaire des Nations unies aux Droits de l’Homme, le Secrétaire d’Etat Britannique aux Affaires étrangères et le ministre de la Justice du Soudan.

 

 

3. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a informé le Conseil des Ministres des conclusions de la Réunion des ministres chargés des trois Piliers de la Confédération des Etats du Sahel, tenue le 26 février 2026, à Ouagadougou au Burkina Faso.
Au cours de cette réunion, les ministres ont validé le projet de Feuille de route soumis par les Hauts fonctionnaires, réunis les 24 et 25 février 2026.
De manière spécifique, l’intégration confédérale a fait l’objet d’échanges entre les ministres chargés des 3 piliers de la Confédération AES en vue de l’effectivité de la libre circulation des personnes et des biens.
Par ailleurs, les ministres chargés des Affaires étrangères ont participé à un panel de haut niveau du Forum des organisations de veille citoyenne de l’AES, sur le thème : « L’AES face aux ingérences extérieures : place de la veille citoyenne dans la diplomatie populaire ».

 

 

4. Le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population a informé le Conseil des Ministres de la publication du Rapport global des projections démographiques 2023-2050 du Mali.
Ce rapport, élaboré par la Direction nationale de la Population porte sur les résultats de calcul des effectifs futurs de la population à l’horizon 2050, à partir des résultats définitifs du 5ème Recensement Général de la Population et de l’Habitat, réalisé en 2022.
Ces projections démographiques permettent, entre autres, d’estimer l’effectif de la population totale, l’effectif de la population par sexe et par âge, les indicateurs démographiques et l’effectif de certains groupes spécifiques.
En lien avec « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et la Stratégie nationale pour l’Emergence et le Développement durable 2024-2033, les principaux résultats obtenus se présentent comme suit :
– à l’horizon 2040, la population totale devrait atteindre 39,4 millions d’habitants ;
– à l’horizon 2050, elle s’établira à 51,7 millions d’habitants.
La densité démographique passera de 20 habitants/km2 en 2025 à 42 habitants/km2
en 2050.
Selon les résultats obtenus, à l’horizon 2050, 48,9% de la population auront moins de 15 ans, 56,6% auront un âge compris entre 15 et 64 ans et 3,3% auront plus de 65 ans.
Ces projections permettent d’anticiper les besoins en infrastructures et services, d’orienter les politiques publiques et d’allouer efficacement les ressources ainsi que de renforcer la résilience face aux défis environnementaux.

5. Le ministre de l’Elevage et de la Pêche a informé le Conseil des Ministres de la 18ème Edition de
l’opération de ventes promotionnelles de bovins à l’occasion de la fête de Ramadan, prévue du 11 au 20 mars 2026.
Cette 18ème Edition, qui vise à mettre directement les producteurs en relation avec les consommateurs des villes sans intermédiaire, a pour avantages :
– d’approvisionner les villes en bovins dans un rapport qualité/prix avantageux ;
– de réguler le prix des bovins sur les autres marchés des villes ;
– d’empêcher la spéculation sur le prix des animaux ;
– de procurer aux éleveurs des revenus substantiels.
Les animaux seront classés suivant leur conformation en trois fourchettes de prix identifiées par trois couleurs reconnaissables de loin, apposées sur leurs corps.
La cérémonie de lancement officiel de l’opération de ventes promotionnelles de bovins aura lieu le 13 mars 2026 au terrain Shaba de Lafiabougou.

6. Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de la situation épidémiologique du pays marquée, notamment par une diminution du nombre de cas confirmés de dengue comparé à celui de la semaine écoulée.
Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a, cependant, appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre les maladies.

Bamako, le 4 mars 2026
Le Secrétaire Général du Gouvernement,
Birama COULIBALY
Chevalier de l’Ordre national

Coopération : deux nouveaux ambassadeurs mis en route
Le Président de la Transition, Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, a accordé, le jeudi 25 février 2026, une audience à deux nouveaux représentants diplomatiques du Mali à l’étranger. Ils étaient venus recevoir ses orientations avant leur prise de fonction dans leur lieu d’affectation.
Il s’agit de l’ambassadeur désigné du Mali auprès du Royaume d’Arabie Saoudite et de celui appelé à représenter le Mali en Libye.
Le général de division Ibrahima Dahirou DEMBÉLÉ, nommé ambassadeur du Mali auprès du Royaume d’Arabie saoudite le 5 novembre 2025, a été le premier reçu par le Président de la Transition.
L’Officier Général a d’abord souligné qu’il entame cette nouvelle mission avec un bon état d’esprit. Il a ensuite défini sa mission en trois axes : le renforcement de la coopération économique entre le Mali et le Royaume d’Arabie Saoudite, notamment à travers la promotion de projets structurants ; la consolidation de la coopération sécuritaire, surtout dans les domaines de la formation, de l’appui technique et des échanges de renseignements ; le renforcement de la coopération sociale, culturelle et religieuse avec le Royaume d’Arabie saoudite.
Le colonel-major Maouloud Ould MOHAMED est le deuxième diplomate reçu par le chef de l’État. Il est appelé à raffermir les liens de coopération entre le Mali et la Libye.
Dans son intervention à l’issue de l’audience, l’ambassadeur Maouloud Ould MOHAMED a mis l’accent sur la sécurité régionale, le renforcement des relations économiques et les initiatives visant à améliorer les conditions de vie des Maliens établis en Libye.
Les deux ambassadeurs, le général de division Ibrahima Dahirou DEMBÉLÉ et le colonel-major Maouloud Ould MOHAMED, ont exprimé leur gratitude pour la confiance placée en eux et ont réaffirmé leur détermination à accomplir avec loyauté et efficacité la mission qui leur est confiée.
Interconnexion électrique Guinée–Mali : 30 millions USD supplémentaires pour 37 500 nouveaux branchements

La Guinée a obtenu un financement additionnel de plus de 30 millions de dollars pour finaliser le projet d’interconnexion électrique avec le Mali. Objectif : réaliser 37 500 nouveaux branchements et renforcer l’accès à l’électricité dans les zones concernées.

Un financement de la BAD et du FAD

L’accord a été signé le 20 février 2026 entre la ministre guinéenne de l’Économie, des Finances et du Budget et le représentant de la Banque africaine de développement (BAD).

Le financement comprend :

  • 26,12 millions USD de la Banque africaine de développement

  • 3,84 millions USD sous forme de don du Fonds africain de développement (FAD)

Ce nouvel appui vient compléter les ressources déjà mobilisées pour achever le Projet d’Interconnexion Électrique Guinée–Mali.

37 500 nouveaux branchements prévus

Selon les autorités, les fonds permettront la réalisation de 37 500 nouveaux branchements électriques.

Les principaux bénéficiaires attendus sont :

  • Les ménages

  • Les écoles

  • Les centres de santé

  • Les petites activités productives

L’objectif est double : améliorer la couverture énergétique et soutenir le développement économique local.

Un projet stratégique pour l’intégration régionale

L’interconnexion électrique entre la Guinée et le Mali s’inscrit dans une dynamique de coopération énergétique régionale. Elle vise à :

  • Sécuriser l’approvisionnement en électricité

  • Optimiser l’exploitation des ressources énergétiques

  • Réduire le déficit d’accès dans certaines zones

  • Renforcer l’intégration des systèmes énergétiques sous-régionaux

Avec ce financement supplémentaire, les autorités entendent accélérer la mise en œuvre du projet et maximiser l’impact des investissements engagés dans le secteur de l’énergie.

Diplomatie : l’Union européenne présente sa « Nouvelle Approche » pour le Sahel à Bamako

Une délégation de haut niveau de l’Union européenne a été reçue à Bamako par le Premier ministre malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga. Au centre des discussions : la relance du partenariat entre Bruxelles et le Mali, dans le respect affiché de la souveraineté nationale et en appui à la « Vision Mali 2063 ».

Une visite placée sous le signe du dialogue

Introduite par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, la rencontre a permis à l’émissaire européen João Gomes Cravinho, accompagné de la cheffe de la délégation de l’UE au Mali, de présenter les grandes lignes de la stratégie révisée des 27 États membres pour le Sahel.

Bruxelles entend insuffler un « nouveau souffle » à sa coopération avec la région, après plusieurs années marquées par des tensions diplomatiques et un repositionnement stratégique des autorités maliennes.

Trois axes prioritaires

La « Nouvelle Approche » de l’Union européenne repose sur trois piliers :

  • La sécurité humaine, avec un accent sur la protection des populations

  • La lutte contre le terrorisme, dans un cadre de coopération redéfini

  • La résilience socio-économique, à travers le soutien au développement

L’UE affirme vouloir maintenir un engagement durable au Sahel, tout en adaptant ses mécanismes d’intervention au nouveau contexte politique régional.

Soutien à la Vision Mali 2063

João Gomes Cravinho a assuré que l’Union européenne respectera les principes directeurs formulés par les autorités de la Transition. Il a également évoqué la mise à disposition d’outils concrets pour accompagner la mise en œuvre de la « Vision Mali 2063 », document stratégique visant l’émergence et la transformation structurelle du pays.

La souveraineté au cœur du discours malien

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a salué cette initiative, tout en réaffirmant la doctrine diplomatique du Mali : ouverture à tous les partenaires, à condition du respect strict de la souveraineté nationale, des choix stratégiques et des intérêts du peuple malien.

Dans un message adressé aux capitales européennes, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’un partenariat fondé sur le respect mutuel et l’égalité.

Vers un nouveau chapitre entre Bamako et Bruxelles ?

Cette audience pourrait marquer une étape importante dans la redéfinition des relations entre le Mali et l’Union européenne. Si les principes évoqués sont traduits en actes, la coopération pourrait se relancer autour de projets structurants dans les domaines sécuritaire, économique et institutionnel.

Reste à savoir si cette « Nouvelle Approche » permettra d’instaurer un partenariat stabilisé et durable dans un contexte régional en pleine recomposition.

AES : Tiken Jah Fakoly critique la trajectoire des transitions au Mali, au Niger et au Burkina Faso

L’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly a pris ses distances avec les autorités des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Dans une interview accordée à un média international, le chanteur engagé a exprimé son souhait de voir l’organisation d’élections au Mali, au Niger et au Burkina Faso afin de mettre fin aux transitions en cours.

Une prise de position qui fait débat

Connu pour son engagement panafricaniste et ses prises de position en faveur de l’unité africaine, Doumbia Moussa Fakoly, alias Tiken Jah, avait initialement apporté son soutien aux autorités issues des changements politiques intervenus dans les trois pays.

Mais dans une récente déclaration largement relayée sur les réseaux sociaux, l’artiste a exprimé ses réserves sur l’évolution politique actuelle au sein de l’AES.

« J’aurais préféré que tous les pays ouest-africains restent ensemble », a-t-il notamment déclaré, estimant que l’unité affichée par les trois États membres ne devait pas se substituer à un retour à l’ordre constitutionnel.

L’appel à des élections

Tiken Jah Fakoly affirme avoir soutenu les transitions dans l’optique d’une période transitoire débouchant sur des élections démocratiques. Selon lui, l’organisation de scrutins permettrait de consolider la légitimité des dirigeants actuels.

« Mon espoir est que les dirigeants de l’AES aillent et gagnent les élections », a-t-il déclaré, ajoutant que cela faciliterait le dialogue avec l’ensemble des partenaires internationaux.

L’artiste a également évoqué un climat de division interne dans les pays concernés, estimant que les débats politiques sont devenus polarisés.

Réactions contrastées au sein de l’opinion

Ces déclarations ont suscité de vives réactions, notamment parmi les soutiens des autorités de transition au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Certains internautes ont exprimé leur incompréhension face à ce changement de posture, rappelant les prises de position antérieures de l’artiste en faveur des nouvelles autorités.

D’autres, en revanche, saluent ce qu’ils considèrent comme un appel à la cohérence démocratique.

Un débat plus large sur l’avenir de l’AES

La sortie médiatique de Tiken Jah Fakoly intervient dans un contexte où l’Alliance des États du Sahel poursuit sa structuration politique et institutionnelle. Les calendriers électoraux et la durée des transitions restent des sujets sensibles dans la région.

Au-delà de la polémique, cette prise de position relance le débat sur l’équilibre entre souveraineté, stabilité sécuritaire et retour à l’ordre constitutionnel dans les pays membres de l’AES.

Mali : les financements onusiens pour la consolidation de la paix

Bamako a réuni le 12 février 2026 le comité national chargé de superviser les mécanismes onusiens de financement de la paix. Les discussions ont porté sur l’utilisation des fonds internationaux et sur l’opérationnalisation d’un nouveau mécanisme de stabilisation.

La session sur les financements onusiens, coprésidée par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, le ministre d’État Ismaël Wagué et la coordonnatrice résidente des Nations Unies, a examiné les projets financés par le Fonds pour la consolidation de la paix (PBF) et le Fonds des femmes pour la paix et l’action humanitaire.

Selon les données du Multi-Partner Trust Fund Office des Nations Unies, le portefeuille cumulé du PBF au Mali représente environ 77,9 millions de dollars approuvés, dont près de 66,7 millions déjà engagés ou dépensés, pour un solde estimé à un peu plus de 11 millions de dollars. Une évaluation couvrant la période 2019-2023 faisait état d’environ 57,5 millions de dollars mobilisés sur ces années, principalement orientés vers la cohésion sociale, la gouvernance locale et la prévention des conflits dans le Centre et le Nord du pays.

Les autorités ont également évoqué l’opérationnalisation prochaine du Fonds pour la stabilisation et la résilience au Mali. Les données financières publiées fin 2024 indiquaient des contributions cumulées d’environ 2,57 millions de dollars, sans décaissement effectif à cette date.

La réunion s’inscrit dans un contexte où le Mali cherche à aligner les financements internationaux sur ses priorités nationales de stabilisation et de réconciliation, alors que plusieurs régions demeurent affectées par l’insécurité et des tensions communautaires persistantes.

MD/ac/Sf/APA