« INPS : où sont passés les 15,9 milliards de francs CFA d’irrégularités relevés par le BVG ? »

Le rapport définitif du Bureau du Vérificateur général sur la gestion de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) fait apparaître des irrégularités financières d’un montant total de 15,925 milliards de FCFA sur la période 2021-2025. Primes indues, carburant, subventions, pensions, dépenses sans visa, prestations payées mais non exécutées : le rapport dresse le constat d’une gestion marquée par de nombreux dysfonctionnements.

Le chiffre donne immédiatement la mesure de l’affaire : 15 925 298 453 FCFA d’irrégularités financières relevées par le Vérificateur général dans la gestion de l’INPS au titre des exercices 2021, 2022, 2023, 2024 et 2025. Le rapport définitif, daté du 31 août 2026, estime que ces pratiques entraînent une forte déperdition des ressources de l’Institut et risquent de compromettre la continuité du service de sécurité sociale au Mali.

Pour mesurer l’importance des sommes en jeu, il faut rappeler que l’INPS a enregistré, durant la période contrôlée, 1 250,98 milliards de FCFA de recettes et 1 183,43 milliards de FCFA de dépenses.

5,57 milliards FCFA de primes de rendement jugées indues

C’est la principale irrégularité financière relevée par le BVG.

Selon le rapport, la prime de rendement devait être une prime trimestrielle, calculée après évaluation des agents et dans la limite de 15 % du salaire brut mensuel.

Mais l’INPS aurait appliqué une autre méthode : un montant mensuel était d’abord calculé, puis multiplié par le nombre de mois de présence de l’agent durant le trimestre.

Résultat : 8,726 milliards de FCFA de primes ont été accordés alors que le montant régulièrement dû était évalué à 3,153 milliards. Le BVG chiffre ainsi le montant indu à 5,573 milliards de FCFA.

À elle seule, cette irrégularité représente donc plus du tiers du montant total des irrégularités financières relevées.

Plus de 3 milliards FCFA de subventions jugées irrégulières

Le rapport relève également plus de 3,1 milliards de FCFA de subventions irrégulières.

Le problème ne réside pas nécessairement dans le principe même d’aider des personnes ou des organisations. Le BVG reproche surtout à l’INPS d’avoir accordé ces subventions sans plan d’action dûment adopté et, dans certains cas, pour des activités qui ne relevaient pas des domaines prévus par le Code de prévoyance sociale.

Parmi les dépenses citées dans le rapport figurent notamment la distribution de vivres lors de fêtes, la réalisation de moulins et d’unités de fabrication de savon, l’embouche bovine, le curage de caniveaux, la réalisation de fermes bovines, la prise en charge d’activités syndicales, mais aussi des évacuations sanitaires de proches d’employés ou de personnes relevant d’autres structures.

Le rapport mentionne également la prise en charge d’abonnements à une piscine et à un terrain de football pour des employés de l’INPS ainsi que l’achat de pagnes au profit de l’amicale des femmes travailleuses de l’Institut.

2,48 milliards FCFA de gratifications

Le BVG a aussi épinglé 2,480 milliards de FCFA de gratifications versées au personnel.

Selon les vérificateurs, les gratifications au titre des exercices 2023 et 2024 ont été payées alors que les exercices concernés n’étaient pas encore clôturés et que les conditions prévues pour leur attribution n’étaient pas réunies.

L’INPS a contesté cette observation, en soutenant notamment que les gratifications étaient prévues dans les budgets adoptés par le Conseil d’administration.

Mais après examen des réponses et des pièces produites, le BVG a maintenu sa constatation. Il relève notamment, pour la gratification 2023, que le paiement est intervenu le 26 décembre 2023 alors que la délibération produite pour l’autoriser est datée du 28 décembre 2023.

2,11 milliards de dépenses sans visa du Contrôle financier

Autre montant particulièrement important : 2,112 milliards de FCFA de dépenses ont été payés sans le visa préalable du Délégué du Contrôle financier, selon le BVG.

Ces dépenses concernaient notamment des subventions, des réceptions, la formation du personnel, des rémunérations d’intermédiaires, des honoraires et d’autres charges liées au personnel.

L’INPS a expliqué notamment que certaines dépenses avaient été exécutées dans un contexte de retard d’approbation des budgets, d’urgence ou de nécessité d’assurer la continuité de ses activités.

Le BVG n’a toutefois pas retenu ces explications comme suffisantes et a maintenu sa constatation.

Des rémunérations supérieures aux montants autorisés

Le rapport révèle également que le Directeur général, le Directeur général adjoint et l’Agent comptable ont perçu, entre janvier 2022 et décembre 2025, des rémunérations supérieures à celles fixées par une délibération du Conseil d’administration.

Le montant total considéré comme indu atteint 469,335 millions de FCFA.

Dans le détail, le BVG chiffre les rémunérations indues à 181,704 millions pour le Directeur général, 137,958 millions pour le Directeur général adjoint et 149,674 millions pour l’Agent comptable.

699 millions FCFA de ristournes pour comptable

Le rapport fait également état de 699,042 millions de FCFA de ristournes pour comptable jugées indues.

Une partie de ces ristournes aurait notamment été versée au Directeur général et au Directeur général adjoint, alors que l’accord d’établissement réserve cet avantage aux agents des services comptables et financiers.

Le BVG relève également des montants de ristournes versés aux comptables supérieurs aux montants considérés comme dus.

Des pensions majorées pour 19 agents

Le contrôle des pensions révèle un autre problème.

Le Directeur des Structures déconcentrées aurait ordonné le paiement de pensions de 19 agents, dont deux agents de l’INPS, pour des montants supérieurs à ceux liquidés par la Direction des Prestations, sans documents justifiant les révisions.

Le montant total des majorations indues est évalué à 344,297 millions de FCFA.

Plus d’un demi-milliard pour des prestations qui n’auraient pas été exécutées

Dans les directions régionales de Kayes, Koulikoro et Sikasso, le BVG affirme avoir constaté le paiement de prestations qui n’auraient pas été exécutées.

Il s’agit notamment de contrats portant sur des abonnements Internet par faisceau hertzien. Après vérification, l’équipe du BVG indique qu’aucune installation de faisceau hertzien n’existait dans les localités concernées et que leur connexion était assurée par un autre prestataire.

Montant relevé : 557,153 millions de FCFA.

Le cas du carburant interpelle également

Le rapport relève plusieurs irrégularités liées au carburant.

Le Délégué du Contrôle financier auprès de l’INPS aurait bénéficié d’avantages comprenant notamment des indemnités de logement, d’eau et d’électricité, des primes ainsi qu’une dotation mensuelle de 1 000 litres de carburant, pour un total de 166,912 millions de FCFA.

Le BVG considère ces avantages comme non prévus par la réglementation.

Le rapport relève par ailleurs 22,931 millions de FCFA de dotations en carburant attribuées irrégulièrement à des personnes qui n’étaient pas membres du personnel de l’INPS.

Le Directeur général aurait également bénéficié d’une dotation supplémentaire de 44 000 litres de carburant, évaluée à 36,124 millions de FCFA, en plus de la dotation mensuelle prévue.

Des avances de mission non justifiées

Le BVG a également relevé des avances sur frais de mission qui n’avaient pas été suffisamment justifiées.

Après plusieurs remboursements intervenus pendant les travaux de vérification, puis après la production de pièces complémentaires par l’INPS, le montant de l’irrégularité a finalement été ramené à 13,852 millions de FCFA.

138 agents avec des diplômes non authentifiés

L’affaire ne se limite pas aux dépenses.

Le rapport définitif indique que 138 agents recrutés par l’INPS ont fourni des diplômes que les structures de formation censées les avoir délivrés n’ont pas authentifiés.

Le sujet est d’autant plus sensible que le rapport relève parallèlement de graves irrégularités dans les recrutements effectués en 2023, 2024 et 2025.

Selon le BVG, 291 agents ont été recrutés en 2023, 1 236 en 2024 et 1 412 en 2025, sans plan de recrutement soumis à l’autorisation expresse du ministre de tutelle. Le rapport relève également l’absence d’approbation du Conseil d’administration sur les modalités et le nombre de recrutements, l’absence de tests écrits ou d’entretiens d’évaluation dans les cas examinés et d’autres anomalies dans les dossiers.

Et les 128 millions de cotisations AMO ?

Le BVG affirme également que l’INPS n’a pas reversé à la CANAM la totalité des retenues AMO opérées sur les pensions.

Les retenues liquidées s’élevaient à 3,396 milliards de FCFA, contre 3,268 milliards effectivement versés, soit un écart de 128,180 millions de FCFA.

Au total : 15,9 milliards de FCFA d’irrégularités

Le tableau récapitulatif du rapport définitif totalise 15 925 298 453 FCFA d’irrégularités financières.

Les principaux montants sont :

  • 5,573 milliards FCFA : primes de rendement indues ;
  • 3,129 milliards FCFA : subventions irrégulières ;
  • 2,481 milliards FCFA : gratifications indues ;
  • 2,112 milliards FCFA : dépenses sans visa du Contrôle financier ;
  • 699,042 millions FCFA : ristournes pour comptable indues ;
  • 557,154 millions FCFA : prestations non exécutées ;
  • 469,336 millions FCFA : rémunérations indues du personnel de Direction ;
  • 344,298 millions FCFA : majorations indues de pensions ;
  • 166,912 millions FCFA : avantages indus au Délégué du Contrôle financier ;
  • ainsi que plusieurs autres irrégularités.

À eux seuls, les quatre premiers postes représentent plus de 13,2 milliards de FCFA, soit plus de 80 % du montant total relevé.

Le BVG a transmis et dénoncé les faits

Le dossier prend une dimension supplémentaire : le Vérificateur général indique avoir procédé à la transmission et à la dénonciation de faits au Président de la Section des comptes de la Cour suprême et au Procureur de la République financier concernant les différentes irrégularités relevées.

La liste transmise reprend les paiements d’avantages indus, les carburants, les dépenses sans visa, les primes, les subventions, les pensions, les prestations non exécutées, les retenues AMO non reversées ainsi que les faits relatifs aux faux diplômes.

Il ne s’agit donc pas simplement d’un constat administratif interne : le rapport a donné lieu à une transmission aux autorités compétentes.

Une gestion qui soulève de sérieuses questions

Au-delà des chiffres, le rapport met en évidence des faiblesses importantes dans le fonctionnement de l’INPS.

Le BVG relève notamment que l’Institut n’élaborait pas de compte administratif et de compte de gestion durant la période examinée, n’avait pas actualisé son manuel de procédures depuis 2004, n’avait pas réalisé d’inventaire physique de ses biens en 2023, 2024 et 2025 et ne tenait pas correctement ses archives.

Plus préoccupant encore, le Directeur général signait des chèques et des ordres de virement alors que le règlement réserve cette compétence à l’Agent comptable.

L’INPS a eu droit à la procédure contradictoire

Le rapport définitif précise que l’INPS a été entendu dans le cadre de la procédure contradictoire.

Les résultats préliminaires ont été communiqués aux responsables concernés. L’INPS a transmis ses observations écrites le 11 août 2026 et une séance contradictoire s’est tenue le 21 août 2026. Des documents complémentaires ont ensuite été examinés avant la production du rapport définitif.

Cela signifie que les chiffres et constats présentés dans le rapport publié par le BVG tiennent compte de cette phase de réponse de l’INPS. Dans plusieurs cas, le BVG indique expressément que les explications et documents fournis n’ont pas remis en cause ses constatations.

Un avertissement pour la sécurité sociale malienne

L’INPS n’est pas une entreprise ordinaire. Il gère des régimes de protection sociale destinés notamment à couvrir les travailleurs contre différents risques sociaux : prestations familiales, accidents du travail et maladies professionnelles, retraite, invalidité et décès.

C’est précisément ce qui donne une dimension particulière aux conclusions du Vérificateur général.

Le BVG estime que les irrégularités financières constatées entraînent une forte déperdition des ressources de l’INPS et pourraient compromettre la continuité du service de sécurité sociale au Mali.

Le rapport recommande donc notamment de renforcer les contrôles, de respecter les règles de recrutement, d’améliorer la gestion financière et comptable, d’éviter les conflits d’intérêts et de renforcer la transparence dans l’utilisation des ressources de l’Institut.

Malitime.net

 

Vérification financière : Gestion de l’Institut National de Prévoyance Sociale

Bamako : la Douane saisit 6 tonnes de viande de volaille avariée à Médina-Coura

Une cargaison dissimulée dans un camion présenté comme transportant des matériaux ou des déchets a été interceptée par la Brigade mobile d’intervention.

La Brigade mobile d’intervention (BMI) de Bamako a réalisé une importante saisie le 1er septembre 2026 au marché de Médina-Coura. Les agents des Douanes ont intercepté un camion transportant clandestinement une importante quantité de produits alimentaires d’origine étrangère.

L’opération a été déclenchée à la suite d’un renseignement. Les agents ont pris en filature un camion présenté comme transportant du sable, du gravier ou encore des ordures.

600 cartons de volaille saisis

Après interception et contrôle du véhicule, les douaniers ont découvert 600 cartons de viande de volaille avariée, pour un poids total estimé à 6 000 kilogrammes, soit six tonnes.

Le camion et sa cargaison ont été conduits dans les locaux de la Douane afin de permettre la poursuite de la procédure et les suites réglementaires.

Au-delà de l’aspect fiscal et douanier, cette saisie soulève un important enjeu de protection de la santé des consommateurs.

La lutte contre l’introduction et la commercialisation de produits alimentaires non conformes contribue également à la régulation du marché, à la protection de la production nationale et à la préservation des intérêts des opérateurs économiques qui respectent les règles en vigueur.

Cette opération vient ainsi rappeler l’importance des contrôles douaniers dans la lutte contre la fraude et le commerce de produits susceptibles de présenter des risques pour les populations.

Cour d’appel de Bamako : les procès de Ben le Cerveau, du Commandant Daouda Konaté et de Ras Bath programmés

La Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako dévoile le calendrier de plusieurs procès très attendus

La Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako a publié le calendrier des prochaines audiences concernant plusieurs dossiers judiciaires qui retiennent l’attention de l’opinion publique. Les procès d’Adama Diarra, surnommé « Ben le Cerveau », du Commandant Daouda Konaté et de Mohamed Youssouf Bathily, plus connu sous le nom de « Ras Bath », figurent parmi les principales affaires inscrites au rôle des audiences.

Les dates des procès

Selon le calendrier officiel communiqué par la Cour d’appel de Bamako :

  • 27 juillet 2026 : procès d’Adama Diarra, dit « Ben le Cerveau » ;
  • 3 août 2026 : procès du Commandant Daouda Konaté ;
  • 10 août 2026 : procès de Mohamed Youssouf Bathily, alias « Ras Bath ».

Ces audiences se dérouleront devant la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako, conformément au calendrier judiciaire établi.

Une forte attente autour de ces dossiers

Ces différentes affaires suscitent un important intérêt auprès du public malien en raison de leur portée médiatique et des personnalités concernées. L’annonce des dates d’audience marque une nouvelle étape dans le traitement judiciaire de ces dossiers.

Les autorités judiciaires poursuivent ainsi l’organisation des audiences dans le respect du calendrier fixé, tandis que les observateurs suivront avec attention le déroulement de ces procès au cours des prochaines semaines.

Ce qu’il faut retenir

La publication de ce calendrier permet de connaître les dates auxquelles la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako examinera ces trois dossiers. Les audiences débuteront le 27 juillet 2026 avec le procès de Ben le Cerveau, se poursuivront le 3 août avec celui du Commandant Daouda Konaté et s’achèveront le 10 août avec le procès de Ras Bath.

📰 Hadj 2026 : départ du premier contingent de pèlerins maliens vers l’Arabie saoudite

Le Mali a officiellement lancé l’opération Hadj 2026 avec le départ du premier contingent de pèlerins dans la soirée du 5 mai depuis Bamako. Ce vol inaugural marque le début de l’acheminement des fidèles maliens vers l’Arabie saoudite pour l’accomplissement du cinquième pilier de l’islam.

Au total, 342 pèlerins ont embarqué à bord de ce premier vol, donnant ainsi le coup d’envoi d’une série de rotations aériennes prévues dans les prochains jours. Selon les autorités, près de 2 000 fidèles sont attendus dans le cadre de la filière gouvernementale pour cette édition 2026 du Hadj.

La cérémonie de départ s’est déroulée en présence de plusieurs hautes personnalités, dont la ministre des Transports et des Infrastructures, le ministre des Affaires religieuses et du Culte, l’ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite au Mali, ainsi que le PDG des Aéroports du Mali.

Les responsables ont salué les efforts déployés pour garantir une organisation optimale du pèlerinage, tant sur le plan logistique que spirituel. Les dispositifs mis en place visent à assurer la sécurité, le confort et l’encadrement des pèlerins tout au long de leur séjour en terre sainte.

Chaque année, le Hadj représente un défi majeur pour les autorités maliennes, en raison de l’ampleur de l’organisation et des exigences liées au transport, à l’hébergement et à l’accompagnement des fidèles.

Avec ce lancement officiel, le Mali s’inscrit dans la dynamique internationale d’organisation du pèlerinage, tout en veillant à offrir aux pèlerins les meilleures conditions pour accomplir ce rite religieux dans la sérénité.

Ramadan : pourquoi la Nuit du Destin (Lailatul Qadr) est la nuit la plus sacrée pour les musulmans

Dans la tradition islamique, Lailatul Qadr, ou la Nuit du Destin, est considérée comme la nuit la plus sacrée de l’année. Mentionnée dans le Coran comme étant « meilleure que mille mois », elle occupe une place centrale durant le mois béni du Ramadan.

Cette nuit exceptionnelle intervient au cours des dix dernières nuits du Ramadan, période durant laquelle les fidèles redoublent d’actes d’adoration : prières nocturnes, lectures du Coran, invocations et actes de charité.

Une nuit dont la date reste inconnue

Selon les enseignements islamiques, la date exacte de Lailatul Qadr n’est pas connue avec certitude. Les savants musulmans estiment toutefois qu’elle se situe plus probablement lors des nuits impaires des dix derniers jours du Ramadan, notamment les 21e, 23e, 25e, 27e ou 29e nuits.

« C’est la nuit la plus importante pour les musulmans », explique l’imam Shariff Hassan, érudit islamique basé à Mombasa, au Kenya.

Durant cette période, certains croyants choisissent d’observer l’Itikaf, une retraite spirituelle au sein des mosquées consacrée entièrement à l’adoration.

La nuit de la révélation du Coran

La tradition islamique enseigne que c’est durant cette nuit que les premiers versets du Coran ont été révélés au prophète Muhammad (paix et salut sur lui) par l’ange Jibrîl (Gabriel).

L’importance de cet événement est telle qu’une sourate entière du Coran lui est consacrée : la sourate Al-Qadr, dans laquelle il est affirmé :

« La Nuit du Destin est meilleure que mille mois. »

Une nuit de pardon et de bénédictions

Pour les musulmans, Lailatul Qadr est une nuit de miséricorde divine et de pardon. Selon les enseignements islamiques, les croyants qui passent cette nuit en prière et en supplication sincère peuvent voir leurs péchés pardonnés.

Les savants expliquent également que des anges descendent sur la Terre durant cette nuit, apportant paix et bénédictions à ceux qui adorent Dieu.

Cette nuit serait aussi, selon la tradition, le moment où les destinées des êtres humains pour l’année à venir sont décrétées.

Avec près de deux milliards de musulmans dans le monde, Lailatul Qadr demeure l’un des moments les plus intenses spirituellement du calendrier islamique.

« C’est une occasion unique de demander pardon, de renouveler sa foi et de se rapprocher d’Allah », rappelle l’imam Shariff Hassan.

Mali : alerte à la forte chaleur sur l’ensemble du territoire

L’Agence nationale de la météorologie (Mali-Météo) a publié le 9 mars 2026 une alerte signalant une hausse importante des températures sur tout le pays, avec des maximales prévues entre 34 °C et 45 °C du 9 au 15 mars.

Selon l’agence Mali-Météo, rattachée au ministère des Transports et des Infrastructures, la montée de chaleur affectera toutes les régions du pays, marquant un renforcement des températures en ce début de saison chaude. Les zones sahéliennes et sahariennes du nord pourraient enregistrer jusqu’à 45 °C, un niveau habituel pour cette période.

La période allant de mars à mai correspond au pic de la saison chaude au Mali, avant l’arrivée des premières pluies de l’hivernage. Dans des localités comme Kayes, Gao ou Tombouctou, les températures dépassent fréquemment 40 °C, augmentant les risques sanitaires pour la population.

Face à cette situation, Mali-Météo recommande aux habitants de prendre des précautions, en particulier pendant le mois de Ramadan, à savoir bien s’hydrater aux heures autorisées ; limiter l’exposition prolongée au soleil ; et porter des vêtements légers et adaptés ; et se rafraîchir régulièrement et surveiller les personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, malades).

La forte chaleur peut également impacter les activités économiques et sociales : hausse de la demande en électricité pour ventilateurs et climatiseurs, dans un contexte où l’approvisionnement reste parfois fragile ; conséquences sur l’agriculture et l’élevage, avec assèchement rapide des sols et des points d’eau avant la saison des pluies.

Les scientifiques notent par ailleurs une tendance au réchauffement plus rapide dans le Sahel, avec une multiplication des épisodes de chaleur extrême ces dernières années.

Dans ce contexte, Mali-Météo appelle la population à rester vigilante tout au long de la période d’alerte, alors que le pays entre progressivement dans sa phase la plus chaude de l’année.

MD/te/Sf/APA

Quand la mafia du gasoil défie les mesures

Chassez le naturel, il revient au galop, à l’instar de la crise du carburant au Mali. Tel un serpent de mer, le phénomène refait peu à peu surface et sa résurgence s’annonce par une pénurie de gasoil qui, en réalité, n’a jamais cessé d’échapper aux mesures de régularisation de la distribution.

 

Ainsi donc, pendant que la disponibilité de l’essence a tendance à reléguer la crise aux oubliettes chez ses consommateurs, la convoitise du gasoil continue d’obliger ses usagers à parcourir des dizaines de kilomètres à la chasse d’une denrée introuvable. En cause, la résistance aux pratiques spéculatives contre lesquelles les autorités se prévalaient naguère encore du déploiement d’une irrésistible armada de paravents administratifs. Tandis que les stations-service affichent partout la sécheresse totale de gasoil, l’essentiel des engins-diesel continuent de fonctionner et pullulent dans la circulation sans qu’on puisse déceler leurs sources d’approvisionner. Pour le savoir, il faut vraisemblablement figurer parmi les initiés de canaux de distribution hermétiquement fermés qui, soit échappent au contrôle du puissant dispositif ou jouissent allègrement de sa complaisance pour prospérer. En effet, les centrale d’EDM Sa, selon nos investigations, ne sont pas les facteurs d’absorption des volumes de gasoil qui triomphent de l’embargo djihadiste. On parle aussi des unités tapis dans les zones industrielles de l’intérieur dont les exploitants chinois paieraient des fortunes aux importateurs de carburant pour assurer la régularité de leur ravitaillement en hydrocarbures appropriées. Avec une préférence accordée à la mafia minière, il ne reste que des gouttelettes de gasoil aux consommateurs d’une certaine catégorie réduites statut de parents pauvres des mesures de lutte contre la spéculation.

La Rédaction du Temoin

 

Dossier Paramount – Embraer : La Cour opte pour un désaveu de la procédure

À l’instar du dossier des «équipements militaires et de l’avion présidentiel», celui des marchés «Paramount – Embraer» n’a pu être vidé sans déconvenue pour le ministère public.

 

En cause, un rapport d’audit bancal et peu intelligible de l’ancienne ministre Bintou Camara, auquel les juges ont décidé d’infliger une cinglante censure en exigeant des compléments d’informations sur l’ensemble des contours et péripéties ayant jalonné les commandes publiques y afférentes.

C’est la décision que plusieurs semaines de bras de fer judiciaire ont inspirée à la formation criminelle de la Cour suprême sur lesdites affaires. Au lieu du verdict annoncé, les attentes et pronostics ont été déjoués, vendredi après-midi, par la surprenante option de faire rejouer la partie sur la base de données et témoignages plus édifiants et moins tendancieux que le spécieux descriptif servi par l’ancienne conseillère de la présidence dans son rapport d’audit. Le renvoi des deux affaires a été ainsi assorti de la promesse de reprendre les audiences à la date du 23 mars prochain avec une approche nouvelle à la clé : l’extension des auditions au Contrôleur général de services publics, puis la consultation des fournisseurs de matériels militaires sur la teneur et l’exécution des marchés les concernant.

Pour ce qui est de la commande spécifique des 36 Marauders, le scénario s’annonce d’autant plus judicieux qu’il implique l’opportunité de redresser tant de torts causés aux inculpés par la défiguration ou la rétention des données, le galvaudage des faits et les manœuvres sibyllines de les éluder par endroit, ainsi que la soustraction de témoins indispensables aux besoins de manifestation de la justice. Autant de lacunes ayant empoisonné la procédure et déteint sur sa moralité, tout au long des confrontations publiques marquées par le démantèlement en règle des chefs d’inculpation ainsi que des énormités servies à l’opinion comme pertes financières imputables au marché des engins blindés. Face à l’épreuve, les responsables présents et leurs conseils respectifs n’ont pas manqué d’argumentaires assez solides pour pulvériser la montagne de conclusions à la sauvette ayant sous-tendu la prétention du Parquet Général d’infliger la perpète aux accusés absents et 10 ans de réclusion à leurs comparses ayant choisi d’affronter leurs sorts. Si ce réquisitoire maximaliste du ministère public n’a pas emporté d’adhésion à l’issue des audiences, c’est qu’il pèche par excès de dissonance avec les réalités dissimulées du dossier et paraissent d’une grosseur à heurter la conscience justicière. À l’instar du rapport d’audit dont s’inspire la qualification des faits, il est en déphasage manifeste, tant avec la teneur des montants en souffrance qu’avec la partition et la responsabilité de certains acteurs. En effet, contrairement à la propension du parquet à entretenir la confusion entre le montant total du contrat Paramount et son taux d’exécution, les paiements effectués avant interruption des opérations dépassent à peine 25% des 39 milliards conclus entre la firme sud-africaine et l’Etat malien pour l’acquisition de 36 blindés équipés et la prestation de services connexes. Il s’agit de 11 milliards libérés au total contre lesquels la partie malienne, par le biais de ses structures compétentes, ont accusé réception partielle du matériel, depuis 2019, pour une valeur de 7 milliards francs CFA que l’audit et la procédure ont feint d’ignorer. Il en résulte, somme toute, une différence de 4 milliards francs que plus d’une dizaine d’anciens hauts responsables de l’Etat auraient injustement payé par la perpétuité pour certains et 10 ans de réclusion pour d’autres, si la sentence des juges avait résonné dans le sens de l’amplification à dessein des pertes supposées ainsi que de la responsabilité des acteurs avec. Au lieu de quoi, la sagesse et la vigilance ont pu triompher de la justice expéditive et la superficialité habituelle a pu laisser la place à la profondeur qui consiste à ne négliger aucun aspect de l’affaire qui soit déterminant dans la manifestation de la vérité. C’est toute la teneur de la décision des juges du dossier «Paramount-Embrayer». Elle s’assimile à un désaveu cinglant et inédit de procédure et contribue par conséquent à réhabiliter la justice dans son rôle de maillon autonome d’une lutte contre la corruption qu’aurait décrédibilisé davantage la persistance dans les ardeurs répressives à l’aveuglette.

 

A. KEÏTA

Source : Le Témoin

Bamako : l’artiste Prince Diallo blessé par balle à Yirimadjo

L’artiste malien Prince Diallo a été victime d’une attaque armée dans la nuit du jeudi 26 février 2026 à Yirimadjo, en Commune VI du District de Bamako.

Selon les premiers éléments, les faits se sont produits alors qu’il regagnait son domicile après avoir rendu visite à son aîné, Cheick Tidiane Seck, dit « Black Bouda », à Kalaban-Coura. Un individu circulant à moto et vêtu de noir, qui l’attendait à proximité de sa résidence, aurait ouvert le feu à bout portant avant de prendre la fuite.

Malgré sa blessure, l’artiste est parvenu à se mettre à l’abri. Alertés par ses cris, des riverains sont intervenus pour lui porter secours et l’ont transporté en urgence dans une clinique de la place.

D’après les premiers examens médicaux, la blessure est sérieuse mais le pronostic vital ne serait pas engagé. À ce stade, l’auteur présumé de l’attaque demeure introuvable et les motivations de cette agression restent inconnues. Une enquête devrait être ouverte afin d’élucider les circonstances de cet acte de violence.

Ramadan 2026 au Mali : exonérations, contrôle des prix et lutte contre la spéculation

À l’approche du mois de Ramadan, les autorités maliennes ont mis en place d’importantes mesures d’exonération afin de garantir l’accès aux produits de première nécessité à des prix abordables. En parallèle, la Fédération des Centres de Gestion Agréés du Mali a lancé une vaste campagne de sensibilisation pour prévenir toute spéculation sur les denrées essentielles.

Des exonérations pour stabiliser le marché

Présentée officiellement à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), cette initiative vise à sécuriser l’approvisionnement et à maintenir l’accessibilité des produits de grande consommation dont la demande augmente fortement pendant le mois sacré.

Les denrées concernées incluent notamment :

  • Le riz

  • Le sucre

  • L’huile

  • Le lait

Ces produits constituent l’essentiel du panier de la ménagère durant le Ramadan.

Appel au respect des prix plafonds

Le président de l’Association des Consommateurs du Mali (ASCOMA), Abdoul Wahab Diakité, a rappelé aux commerçants la nécessité de respecter les efforts consentis par l’État à travers ces exonérations fiscales.

De son côté, le Directeur régional du Commerce, Fousseni Bamba, a assuré que les contrôles effectués montrent un respect global des prix plafonds fixés. Dans certaines zones, le sucre serait même vendu en dessous des limites réglementaires.

Surveillance renforcée contre les pratiques spéculatives

Malgré ces constats encourageants, les autorités annoncent un renforcement des contrôles sur le terrain pour lutter contre les pratiques spéculatives persistantes.

Le président de la Fédération des Centres de Gestion Agréés, Habert Maïga, a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre l’État, les commerçants et les organisations de consommateurs. L’objectif est d’éviter que les mesures d’exonération ne profitent uniquement aux intermédiaires, au détriment des ménages.

Une synergie pour préserver le pouvoir d’achat

L’ensemble des acteurs économiques s’accorde sur la priorité : maintenir les prix plafonds afin de permettre aux fidèles de s’approvisionner sereinement pendant le Ramadan.

Dans un contexte économique marqué par des tensions sur les marchés internationaux, cette coordination vise à préserver le pouvoir d’achat des ménages maliens durant ce mois de piété et de solidarité.