Mali : le Premier ministre échange avec le nouveau PDG de B2Gold sur les perspectives minières

Le Premier ministre malien, le Général de division Abdoulaye Maïga, a reçu en audience, ce mardi 17 mars 2026, le nouveau Président-directeur général du groupe minier canadien B2Gold Corp, Mike Cinnamond. La rencontre s’est tenue en présence du ministre des Mines, Amadou Keïta.

Au cœur des échanges, les perspectives de coopération dans le secteur minier et les avancées enregistrées dans les activités de B2Gold au Mali, notamment sur le site de Fekola, l’un des principaux pôles aurifères du pays.

Des avancées dans les projets énergétiques et logistiques

Le PDG de B2Gold a salué l’appui des autorités maliennes, qui a permis des progrès significatifs dans plusieurs domaines. Il a notamment évoqué : l’octroi d’une autorisation pour la mise en place d’une ferme solaire, les efforts visant à garantir une sécurisation de l’approvisionnement en carburant ainsi que l’amélioration des conditions d’exploitation sur le site de Fekola.

Ces avancées résultent, selon lui, d’une collaboration étroite avec les ministères des Mines et des Finances.

Cap sur le projet Menankoto Sud

Mike Cinnamond a également sollicité l’accompagnement du gouvernement pour l’obtention du permis d’exploitation du projet Menankoto Sud, présenté comme un investissement stratégique.

Ce projet, encore en attente d’autorisation, suscite un intérêt particulier de la part des investisseurs et pourrait générer des retombées économiques importantes pour le pays.

Confiance dans le potentiel du Mali

Le nouveau dirigeant de B2Gold s’est dit confiant quant à la capacité du Mali à offrir un environnement favorable aux investissements miniers et à valoriser ses ressources naturelles.

Cette audience s’inscrit dans la volonté des autorités maliennes de renforcer les partenariats avec les investisseurs internationaux et de consolider le rôle du secteur minier comme moteur de croissance économique.

Mali : 12 chauffeurs dont 2 Sénégalais exécutés par le GSIM selon Human Rights Watch

L’organisation Human Rights Watch (HRW) a dénoncé, ce mardi 10 mars 2026, l’exécution sommaire de dix chauffeurs routiers et de deux apprentis adolescents dans la région de Kayes, au sud-ouest du Mali. Les faits, qualifiés de crimes de guerre, se sont déroulés le 29 janvier dernier lors d’une attaque d’envergure menée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.

Le convoi, composé d’au moins 40 camions-citernes partis de Dakar, a été intercepté à environ sept kilomètres du village d’Ambidédi alors qu’il était sous escorte militaire malienne.

Selon les témoignages recueillis par HRW, les victimes ont été retrouvées deux semaines après l’attaque, les yeux bandés, les mains liées dans le dos et la gorge tranchée. Parmi les disparus figurent deux ressortissants sénégalais (39 et 49 ans), ainsi que des Maliens, un Burkinabè et un Ivoirien.

Cette attaque s’inscrit dans une stratégie délibérée du GSIM visant à asphyxier l’approvisionnement en carburant du Mali, le groupe armé considérant désormais tout transport de produits pétroliers comme une « cible militaire ». HRW appelle les autorités maliennes à sortir de leur silence et à traduire les responsables de ce massacre devant la justice.

MS/NDARINFO

Quand la mafia du gasoil défie les mesures

Chassez le naturel, il revient au galop, à l’instar de la crise du carburant au Mali. Tel un serpent de mer, le phénomène refait peu à peu surface et sa résurgence s’annonce par une pénurie de gasoil qui, en réalité, n’a jamais cessé d’échapper aux mesures de régularisation de la distribution.

 

Ainsi donc, pendant que la disponibilité de l’essence a tendance à reléguer la crise aux oubliettes chez ses consommateurs, la convoitise du gasoil continue d’obliger ses usagers à parcourir des dizaines de kilomètres à la chasse d’une denrée introuvable. En cause, la résistance aux pratiques spéculatives contre lesquelles les autorités se prévalaient naguère encore du déploiement d’une irrésistible armada de paravents administratifs. Tandis que les stations-service affichent partout la sécheresse totale de gasoil, l’essentiel des engins-diesel continuent de fonctionner et pullulent dans la circulation sans qu’on puisse déceler leurs sources d’approvisionner. Pour le savoir, il faut vraisemblablement figurer parmi les initiés de canaux de distribution hermétiquement fermés qui, soit échappent au contrôle du puissant dispositif ou jouissent allègrement de sa complaisance pour prospérer. En effet, les centrale d’EDM Sa, selon nos investigations, ne sont pas les facteurs d’absorption des volumes de gasoil qui triomphent de l’embargo djihadiste. On parle aussi des unités tapis dans les zones industrielles de l’intérieur dont les exploitants chinois paieraient des fortunes aux importateurs de carburant pour assurer la régularité de leur ravitaillement en hydrocarbures appropriées. Avec une préférence accordée à la mafia minière, il ne reste que des gouttelettes de gasoil aux consommateurs d’une certaine catégorie réduites statut de parents pauvres des mesures de lutte contre la spéculation.

La Rédaction du Temoin

 

Mali : 13 tonnes de poulet de contrebande saisies en 48 heures par les Douanes à Ouezzindougou et Kanadjiguila

Les services des Douanes maliennes ont réalisé deux importantes saisies de viande de volaille de contrebande en l’espace de 48 heures. Les opérations, menées par la Brigade Mobile d’Intervention (BMI) de Bamako, ont permis de mettre la main sur un total de 13 tonnes de cuisses de poulet destinées au marché clandestin.

La saisie la plus significative a eu lieu dans la nuit du 3 mars 2026 à Kanadjiguila. Agissant sur la base de renseignements douaniers, les agents ont intercepté un camion-benne suspect transportant une cargaison dissimulée.

La fouille du véhicule a permis de découvrir 800 cartons de viande fraîche de volaille d’origine brésilienne, soit environ 8 tonnes de cuisses de poulet. Les produits étaient introduits sur le territoire en violation de la réglementation en vigueur sur l’importation des denrées alimentaires.

Une seconde saisie quelques jours plus tôt

Cette opération fait suite à une première intervention réussie menée le 1er mars 2026 à Ouinzimbougou, où les agents de la même unité avaient déjà saisi 5 tonnes de cuisses de poulet transportées dans un véhicule de type fourgonnette.

Au total, ces deux opérations successives ont permis de retirer 13 tonnes de produits de contrebande du circuit de distribution.

Selon les autorités douanières, ces produits introduits illégalement présentent souvent des risques sanitaires importants, notamment en raison de la rupture de la chaîne du froid et de l’absence de contrôle sur leur origine et leurs conditions de conservation.

Les Douanes maliennes affirment que ces actions s’inscrivent dans leur stratégie visant à assainir le marché alimentaire national, protéger la santé des consommateurs et soutenir les producteurs locaux face à la concurrence déloyale des marchandises de contrebande.

Mali : nouvelles impulsions diplomatiques avec la Chine et l’Iran

Le Premier ministre malien a reçu le 23 février 2026 les nouveaux ambassadeurs d’Iran et de Chine à Bamako. Ces audiences illustrent la diversification des partenariats internationaux du Mali.

Le chef du gouvernement malien, le général Abdoulaye Maïga, a accordé successivement des audiences au nouvel ambassadeur de la République islamique d’Iran, Mahmoud Khani Jooyabad, puis au nouvel ambassadeur de la République populaire de Chine, Li Xiang. Ces visites de courtoisie marquent la prise de fonction officielle des deux diplomates et s’inscrivent dans la continuité des relations bilatérales entre Bamako et ces deux capitales.

Avec l’Iran, les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération politique, sécuritaire et technologique. Le diplomate iranien a exprimé la volonté de dynamiser les relations avec le Mali et, plus largement, avec la Confédération des États du Sahel. L’idée d’une commission mixte Iran–Mali a été évoquée afin de structurer les projets communs, notamment dans les domaines de la défense, de la sécurité et du transfert de technologies.

Les autorités maliennes ont, pour leur part, réaffirmé leur disponibilité à collaborer avec des partenaires jugés respectueux de la souveraineté nationale.

La rencontre avec l’ambassadeur de Chine s’inscrit dans un cadre déjà consolidé. En septembre 2024, les relations sino-maliennes ont été élevées au rang de partenariat stratégique à l’occasion d’une rencontre entre les chefs d’État à Pékin. La coopération couvre plusieurs secteurs, dont les infrastructures, l’agriculture, la santé et la sécurité. La Chine demeure un acteur important des projets de développement au Mali, tandis que la coopération militaire entre les deux pays remonte aux années 1970.

Ces audiences interviennent alors que les relations du Mali avec plusieurs partenaires occidentaux se sont reconfigurées depuis 2022, à la suite du retrait progressif des forces françaises et de la réduction de certains dispositifs européens.

Dans le même temps, Bamako a renforcé ses échanges avec des puissances asiatiques et moyen-orientales, affirmant une stratégie de diversification de ses alliances.

MD/ac/Sf/APA

Hydrocarbures au Mali : NDC Énergie rachète les 80 stations ex-Total Energies et devient un acteur majeur du secteur

Le paysage pétrolier malien connaît un nouveau tournant. Après le retrait officiel de Total Energies en janvier 2025 et une première cession au groupe béninois Coli Energy, le réseau de 80 stations-service change à nouveau de mains. Il est désormais contrôlé par NDC Énergie (Niangadou Distribution Company), entreprise malienne dirigée par Mamadou Niangadou.

De Total Energies à NDC : une double transition en un an

En janvier 2025, Total Energies cédait son réseau malien à Coli Energy, société liée au groupe Petro Benin, marquant la fin de la présence de la multinationale française au Mali dans un contexte de tensions géopolitiques.

Un an plus tard, en janvier 2026, Coli Energy revend l’ensemble du réseau à NDC Énergie.
Le montant de la transaction n’a pas été communiqué, mais l’opération concerne 80 stations-service réparties sur l’ensemble du territoire national.

NDC passe d’importateur dominant à opérateur intégré

Fondée en 2015, NDC ne disposait jusqu’ici que de 4 stations à Bamako, mais l’entreprise était déjà un acteur clé de l’importation de carburant au Mali :

  • Plus de 200 camions citernes

  • Approvisionnement de réseaux de stations-service

  • Fourniture à EDM-SA

  • Partenariats avec plusieurs sociétés minières, dont la mine de lithium de Goulamina (Sikasso)

Avec ce rachat, NDC devient un opérateur intégré, maîtrisant à la fois l’importation et la distribution au détail.

Un contexte marqué par une crise du carburant

Cette restructuration intervient après une crise majeure de carburant débutée en septembre 2025. Les attaques sur les corridors Dakar–Bamako et Abidjan–Bamako avaient fortement perturbé l’approvisionnement, entraînant pénuries et longues files d’attente.

Depuis janvier 2026, la situation semble stabilisée grâce à :

  • Une meilleure sécurisation des axes logistiques

  • Une coordination renforcée entre opérateurs

Mamadou Niangadou, un parcours sous les projecteurs

Le fondateur de NDC, Mamadou Niangadou, trentenaire, a connu un parcours récent contrasté. En mai 2024, il avait été placé en détention provisoire dans le cadre d’une procédure liée à l’affaire EDM-SA, avant d’être libéré sous caution.

Le 6 décembre 2025, il a toutefois été élevé au rang de Chevalier de l’Ordre national du Mali, distinction saluant son rôle stratégique dans l’approvisionnement du pays en hydrocarbures.

Un marché en recomposition

Avec cette acquisition :

  • Un acteur 100 % malien contrôle désormais un réseau national de grande envergure

  • Plus de 1 100 employés passent sous pavillon NDC

  • Le secteur, historiquement dominé par des groupes étrangers, connaît une transformation structurelle

Cette intégration verticale pourrait renforcer la résilience du marché malien des hydrocarbures, à condition que les défis sécuritaires et logistiques restent sous contrôle.

Commande publique 2026 : le Mali réserve 100 millions FCFA par ministère aux produits « Made in Mali »

Dans une circulaire datée du 13 février 2026 (N°00313/MEF-SG), le Ministre de l’Économie et des Finances a instruit l’ensemble des départements ministériels de réorienter la commande publique vers la production locale. Cette mesure, conforme aux recommandations des Assises Nationales de la Refondation (ANR), vise à faire de l’État le principal moteur de soutien aux PME maliennes.

L’État, premier client des entreprises nationales

Le message de l’Hôtel des Finances est sans ambiguïté : la commande publique doit désormais profiter prioritairement aux produits « Made in Mali ». Pour l’exercice budgétaire 2026, plusieurs segments sont exclusivement réservés à la production locale.

Trois secteurs stratégiques concernés

1️⃣ Ameublement et décoration
Les ministères devront s’équiper en meubles fabriqués au Mali ainsi qu’en articles décoratifs issus de l’artisanat local (tableaux, rideaux, tissus, parures).

2️⃣ Agroalimentaire
Les pauses-café et réceptions officielles devront privilégier le thé, les jus de fruits et les boissons naturelles produits localement, mettant fin aux importations systématiques.

3️⃣ Produits d’hygiène
Savons (solides, liquides, poudre), détergents et papiers hygiéniques devront être fournis par des unités industrielles maliennes.

Une enveloppe obligatoire de 100 millions FCFA par ministère

Afin de garantir l’effectivité de la mesure, chaque département ministériel devra réserver 100 000 000 FCFA dans son budget 2026 pour l’achat de produits locaux.

Les ministères ont jusqu’au 20 février 2026 pour identifier les lignes budgétaires concernées. Cette échéance rapprochée traduit la volonté des autorités d’accélérer la mise en œuvre.

Une traduction concrète des recommandations des ANR

Cette décision répond directement à l’une des recommandations majeures des Assises Nationales de la Refondation : promouvoir la consommation des produits locaux.

Les objectifs affichés sont multiples :

  • Soutenir l’emploi et les PME nationales

  • Réduire la dépendance aux importations

  • Stimuler la production industrielle locale

  • Renforcer le patriotisme économique

Une liste détaillée des produits éligibles et un répertoire des fournisseurs agréés seront communiqués prochainement.

Un signal fort aux entrepreneurs maliens

À travers cette circulaire, l’État malien se positionne clairement comme le premier client des entreprises locales. Si elle est rigoureusement appliquée, cette orientation stratégique pourrait générer un effet d’entraînement significatif sur la croissance des PME et la structuration du tissu industriel national.

Ramadan 2026 au Mali : exonérations, contrôle des prix et lutte contre la spéculation

À l’approche du mois de Ramadan, les autorités maliennes ont mis en place d’importantes mesures d’exonération afin de garantir l’accès aux produits de première nécessité à des prix abordables. En parallèle, la Fédération des Centres de Gestion Agréés du Mali a lancé une vaste campagne de sensibilisation pour prévenir toute spéculation sur les denrées essentielles.

Des exonérations pour stabiliser le marché

Présentée officiellement à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), cette initiative vise à sécuriser l’approvisionnement et à maintenir l’accessibilité des produits de grande consommation dont la demande augmente fortement pendant le mois sacré.

Les denrées concernées incluent notamment :

  • Le riz

  • Le sucre

  • L’huile

  • Le lait

Ces produits constituent l’essentiel du panier de la ménagère durant le Ramadan.

Appel au respect des prix plafonds

Le président de l’Association des Consommateurs du Mali (ASCOMA), Abdoul Wahab Diakité, a rappelé aux commerçants la nécessité de respecter les efforts consentis par l’État à travers ces exonérations fiscales.

De son côté, le Directeur régional du Commerce, Fousseni Bamba, a assuré que les contrôles effectués montrent un respect global des prix plafonds fixés. Dans certaines zones, le sucre serait même vendu en dessous des limites réglementaires.

Surveillance renforcée contre les pratiques spéculatives

Malgré ces constats encourageants, les autorités annoncent un renforcement des contrôles sur le terrain pour lutter contre les pratiques spéculatives persistantes.

Le président de la Fédération des Centres de Gestion Agréés, Habert Maïga, a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre l’État, les commerçants et les organisations de consommateurs. L’objectif est d’éviter que les mesures d’exonération ne profitent uniquement aux intermédiaires, au détriment des ménages.

Une synergie pour préserver le pouvoir d’achat

L’ensemble des acteurs économiques s’accorde sur la priorité : maintenir les prix plafonds afin de permettre aux fidèles de s’approvisionner sereinement pendant le Ramadan.

Dans un contexte économique marqué par des tensions sur les marchés internationaux, cette coordination vise à préserver le pouvoir d’achat des ménages maliens durant ce mois de piété et de solidarité.

Marché de Médine en flammes : intervention rapide des ministres et élan de solidarité générale

Dans la nuit du dimanche 15 février 2026, un incendie d’une rare violence a réduit en cendres une partie importante du marché de Médine. Si le bilan humain est heureusement nul, le traumatisme économique est immense pour les commerçants de la capitale.

Il était un peu plus de 23 heures lorsque l’alerte a été donnée. En quelques minutes, les flammes, attisées par un vent nocturne, ont envahi les allées du marché de Médine, transformant environ une centaine de kiosques en brasier.

Face à l’ampleur du sinistre, la Protection Civile a déployé un dispositif d’envergure. Sous une coordination rigoureuse et avec l’appui des forces de Police et de Gendarmerie pour sécuriser le périmètre, les sapeurs-pompiers ont divisé le site en sept zones d’intervention.

Avec au moins deux gros engins pompe affectés à chaque secteur, les soldats du feu ont lutté une partie de la nuit pour circonscrire le foyer et éviter que l’incendie ne se propage aux habitations environnantes.

Dès les premières heures, deux membres du gouvernement se sont rendus sur les décombres encore fumants : le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général de division Daoud Aly Mohammedine, et son homologue de l’Industrie et du Commerce, M. Moussa Alassane Diallo.

Le Général Mohammedine a immédiatement annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de déterminer les causes exactes de la tragédie et d’établir les responsabilités. Tout en exprimant la solidarité des plus hautes autorités, il a lancé un appel pressant à la vigilance collective pour freiner la récurrence de ces incendies dans les espaces marchands.

De son côté, le ministre Moussa Alassane Diallo a déploré l’impact social dévastateur de ce sinistre. À quelques semaines du mois de Ramadan, période de forte activité commerciale, la perte de ces outils de travail constitue un coup dur pour l’économie locale et la stabilité des ménages.

Malgré la désolation, l’espoir tente de renaître. Une mobilisation solidaire, regroupant les gestionnaires du marché, les notables du quartier et les associations de commerçants, se met déjà en place. L’objectif est double : apporter une aide d’urgence aux victimes les plus précaires et organiser la relance rapide des activités pour ne pas paralyser davantage le secteur.

Cet énième incendie de marché à Bamako repose avec acuité la question de l’aménagement des infrastructures marchandes et de l’installation des dispositifs de sécurité incendie aux normes.

La Rédaction/Malijet.com

Mali : Barrick Mining signe pour dix ans de plus

Le Mali figure parmi les principaux producteurs d’or du continent africain. Barrick Mining compte, de son côté, parmi les plus grands groupes aurifères mondiaux. Après de longs mois de tensions autour du partage des revenus et du contrôle de la mine Loulo-Gounkoto, les deux partenaires prolongent finalement leur collaboration.

Le gouvernement malien a approuvé un décret renouvelant pour dix années supplémentaires le permis d’exploitation de la mine de Loulo, l’une des deux composantes du complexe Loulo-Gounkoto situé dans l’ouest du pays. Cette décision intervient après l’accord conclu en novembre 2025 entre l’État et Barrick Mining, qui a mis fin à un différend lié à l’application du code minier adopté en 2023.

Selon les détails relayés cette semaine par la presse internationale, le renouvellement concerne spécifiquement Loulo, dont le permis initial, accordé en 1996 pour trente ans, arrivait à expiration ce mois. Le site de Gounkoto, l’autre partie du complexe, dispose pour sa part d’un permis valable jusqu’en 2042.

Dans le cadre du processus de renouvellement, Barrick a réalisé une nouvelle étude de faisabilité. Celle-ci identifie des réserves pouvant permettre une exploitation à ciel ouvert économiquement viable sur six ans et une exploitation souterraine sur 16 ans.  En revanche, les termes exacts de la nouvelle convention minière associée au renouvellement du permis n’ont pas été précisés. Le gouvernement indique que la décision a été prise conformément aux dispositions du code minier en vigueur.

Dix ans pour tourner la page d’un conflit coûteux

Il faut rappeler que c’était le nouveau code minier de 2023 qui était à l’origine du long bras de fer entre le gouvernement malien et Barrick. Le texte permet désormais à l’État de détenir jusqu’à 30% du capital d’un projet minier, auxquels peuvent s’ajouter 5 % réservés à des investisseurs locaux. Sous l’ancien régime, l’État détenait 20% de Loulo-Gounkoto.

Les discussions avec Barrick ont été plus longues que celles engagées avec d’autres opérateurs. Début 2025, les tensions ont culminé avec la saisie d’un stock d’or sur le site, la suspension des opérations et l’ouverture d’une procédure d’arbitrage international par le groupe canadien devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI).

L’accord trouvé en novembre a prévu le retrait des procédures d’arbitrage par Barrick, l’abandon des poursuites par l’État malien, la libération d’employés détenus et la restitution du contrôle opérationnel du complexe. Des paiements liés à des impayés ont également été évoqués, sans que l’ensemble des termes financiers ne soit rendu public.

L’impact économique du conflit a été significatif. En 2025, la production industrielle d’or du Mali a reculé de 22,9%, à 42,2 tonnes. Loulo-Gounkoto, qui produisait 22,5 tonnes en 2024, n’a livré que 5,5 tonnes l’année suivante en raison de la suspension des activités. Le complexe, auparavant premier producteur du pays, a perdu sa place au profit de la mine Fekola exploitée par le canadien B2Gold.

Un contexte de marché favorable

En attendant davantage de détails sur les potentielles zones d’ombre entourant ce développement, notons que le renouvellement et l’accalmie dans les relations entre Barrick et le Mali arrivent dans un contexte de marché favorable.

Les prix du métal jaune ont augmenté ces derniers mois pour atteindre en début d’année 2026 jusqu’à 5 590 USD l’once (environ 4 710 euros), avant de descendre en dessous des 5 000 USD (4 215 euros). La demande des banques centrales et le statut de valeur refuge du métal continuent de soutenir les perspectives.

Pour le Mali dont l’or constitue le principal produit d’exportation et une source essentielle de recettes publiques, la reprise effective de Loulo-Gounkoto est déterminante. Même chose pour Barrick, qui a produit un total de 3,2 millions d’onces d’or (environ 100 tonnes) en 2025 sur l’ensemble de ses opérations et compte sur le complexe malien pour maintenir le cap en 2026.

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin