Mali : Barrick Mining signe pour dix ans de plus

Le Mali figure parmi les principaux producteurs d’or du continent africain. Barrick Mining compte, de son côté, parmi les plus grands groupes aurifères mondiaux. Après de longs mois de tensions autour du partage des revenus et du contrôle de la mine Loulo-Gounkoto, les deux partenaires prolongent finalement leur collaboration.

Le gouvernement malien a approuvé un décret renouvelant pour dix années supplémentaires le permis d’exploitation de la mine de Loulo, l’une des deux composantes du complexe Loulo-Gounkoto situé dans l’ouest du pays. Cette décision intervient après l’accord conclu en novembre 2025 entre l’État et Barrick Mining, qui a mis fin à un différend lié à l’application du code minier adopté en 2023.

Selon les détails relayés cette semaine par la presse internationale, le renouvellement concerne spécifiquement Loulo, dont le permis initial, accordé en 1996 pour trente ans, arrivait à expiration ce mois. Le site de Gounkoto, l’autre partie du complexe, dispose pour sa part d’un permis valable jusqu’en 2042.

Dans le cadre du processus de renouvellement, Barrick a réalisé une nouvelle étude de faisabilité. Celle-ci identifie des réserves pouvant permettre une exploitation à ciel ouvert économiquement viable sur six ans et une exploitation souterraine sur 16 ans.  En revanche, les termes exacts de la nouvelle convention minière associée au renouvellement du permis n’ont pas été précisés. Le gouvernement indique que la décision a été prise conformément aux dispositions du code minier en vigueur.

Dix ans pour tourner la page d’un conflit coûteux

Il faut rappeler que c’était le nouveau code minier de 2023 qui était à l’origine du long bras de fer entre le gouvernement malien et Barrick. Le texte permet désormais à l’État de détenir jusqu’à 30% du capital d’un projet minier, auxquels peuvent s’ajouter 5 % réservés à des investisseurs locaux. Sous l’ancien régime, l’État détenait 20% de Loulo-Gounkoto.

Les discussions avec Barrick ont été plus longues que celles engagées avec d’autres opérateurs. Début 2025, les tensions ont culminé avec la saisie d’un stock d’or sur le site, la suspension des opérations et l’ouverture d’une procédure d’arbitrage international par le groupe canadien devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI).

L’accord trouvé en novembre a prévu le retrait des procédures d’arbitrage par Barrick, l’abandon des poursuites par l’État malien, la libération d’employés détenus et la restitution du contrôle opérationnel du complexe. Des paiements liés à des impayés ont également été évoqués, sans que l’ensemble des termes financiers ne soit rendu public.

L’impact économique du conflit a été significatif. En 2025, la production industrielle d’or du Mali a reculé de 22,9%, à 42,2 tonnes. Loulo-Gounkoto, qui produisait 22,5 tonnes en 2024, n’a livré que 5,5 tonnes l’année suivante en raison de la suspension des activités. Le complexe, auparavant premier producteur du pays, a perdu sa place au profit de la mine Fekola exploitée par le canadien B2Gold.

Un contexte de marché favorable

En attendant davantage de détails sur les potentielles zones d’ombre entourant ce développement, notons que le renouvellement et l’accalmie dans les relations entre Barrick et le Mali arrivent dans un contexte de marché favorable.

Les prix du métal jaune ont augmenté ces derniers mois pour atteindre en début d’année 2026 jusqu’à 5 590 USD l’once (environ 4 710 euros), avant de descendre en dessous des 5 000 USD (4 215 euros). La demande des banques centrales et le statut de valeur refuge du métal continuent de soutenir les perspectives.

Pour le Mali dont l’or constitue le principal produit d’exportation et une source essentielle de recettes publiques, la reprise effective de Loulo-Gounkoto est déterminante. Même chose pour Barrick, qui a produit un total de 3,2 millions d’onces d’or (environ 100 tonnes) en 2025 sur l’ensemble de ses opérations et compte sur le complexe malien pour maintenir le cap en 2026.

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Mali : les financements onusiens pour la consolidation de la paix

Bamako a réuni le 12 février 2026 le comité national chargé de superviser les mécanismes onusiens de financement de la paix. Les discussions ont porté sur l’utilisation des fonds internationaux et sur l’opérationnalisation d’un nouveau mécanisme de stabilisation.

La session sur les financements onusiens, coprésidée par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, le ministre d’État Ismaël Wagué et la coordonnatrice résidente des Nations Unies, a examiné les projets financés par le Fonds pour la consolidation de la paix (PBF) et le Fonds des femmes pour la paix et l’action humanitaire.

Selon les données du Multi-Partner Trust Fund Office des Nations Unies, le portefeuille cumulé du PBF au Mali représente environ 77,9 millions de dollars approuvés, dont près de 66,7 millions déjà engagés ou dépensés, pour un solde estimé à un peu plus de 11 millions de dollars. Une évaluation couvrant la période 2019-2023 faisait état d’environ 57,5 millions de dollars mobilisés sur ces années, principalement orientés vers la cohésion sociale, la gouvernance locale et la prévention des conflits dans le Centre et le Nord du pays.

Les autorités ont également évoqué l’opérationnalisation prochaine du Fonds pour la stabilisation et la résilience au Mali. Les données financières publiées fin 2024 indiquaient des contributions cumulées d’environ 2,57 millions de dollars, sans décaissement effectif à cette date.

La réunion s’inscrit dans un contexte où le Mali cherche à aligner les financements internationaux sur ses priorités nationales de stabilisation et de réconciliation, alors que plusieurs régions demeurent affectées par l’insécurité et des tensions communautaires persistantes.

MD/ac/Sf/APA

Bamako sous un épais brouillard de poussière : causes, risques et recommandations

Un dense brouillard de poussière recouvre Bamako ce lundi matin, entraînant une forte dégradation de la qualité de l’air et une baisse significative de la visibilité. Selon la Direction nationale de la météorologie, ce phénomène atmosphérique touche l’ensemble du district.

Ce type d’épisode est généralement lié à l’harmattan, un vent sec et poussiéreux venant du Sahara qui souffle sur l’Afrique de l’Ouest pendant la saison sèche.

Ces poussières sahariennes peuvent rester en suspension plusieurs heures, voire plusieurs jours, selon les conditions atmosphériques.

Visibilité réduite et qualité de l’air dégradée

Depuis l’aube, la visibilité est fortement réduite sur plusieurs axes majeurs de la capitale. La concentration élevée de particules fines dans l’air peut provoquer :

  • Irritations des yeux

  • Toux et gêne respiratoire

  • Aggravation de l’asthme et des maladies pulmonaires

Recommandations sanitaires face au brouillard de poussière

Les spécialistes de la santé recommandent les mesures suivantes :

  • Port du masque pour protéger les voies respiratoires

  • Attention particulière aux personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, asthmatiques)

  • Maintien des portes et fenêtres fermées

  • Hydratation régulière pour humidifier les muqueuses

Prudence sur les routes de Bamako

La réduction de la visibilité impose une vigilance accrue aux conducteurs. Il est conseillé de :

  • Réduire la vitesse

  • Allumer les feux de croisement

  • Respecter les distances de sécurité

La situation reste sous surveillance météorologique et pourrait évoluer selon l’intensité des vents dans les prochaines heures.

Sécurité : Les FAMa repoussent une attaque contre le poste de Mamassoni à Sikasso

La cité du Kénédougou a connu une nuit très agitée entre le dimanche 15 et le lundi 16 février. Des tirs se sont fait entendre aux alentours de la ville, suite à l’attaque des individus armés qui visaient le poste de sécurité de Mamassoni.

L’attaque, qui a débuté aux environs de 22 h, a donné lieu à des échanges de tirs nourris jusqu’à minuit. Grâce à leur réactivité et à une puissance de feu supérieure, les Forces Armées Maliennes (FAMa) ont réussi à mettre en déroute les assaillants, les contraignant à battre en retraite vers la périphérie.

Ce matin, le calme est revenu et la situation est totalement sous contrôle. Des opérations de ratissage ont été engagées dans la zone pour sécuriser les environs et prévenir toute nouvelle tentative de déstabilisation.

Zana/Malijet.com