Les USA seraient près de conclure un accord avec le Mali leur permettant de revenir dans la région du Sahel

Le site Business Insider a déclaré que les États-Unis étaient sur le point de conclure un accord avec le Mali afin de permettre aux avions américains de reprendre leurs vols de reconnaissance au-dessus du pays.

Selon le site, qui cite des responsables américains, cet accord, s’il est conclu, constituerait « une avancée majeure dans les efforts déployés par Washington pour rétablir la coopération en matière de sécurité avec Bamako après des années de tensions ».

L’accord

L’accord proposé permettrait à Washington de surveiller les activités des groupes armés liés à Al-Qaïda, qui ne cessent de se développer dans la région du Sahel africain.

Récemment, l’administration de Donald Trump avait levé les sanctions américaines imposées à plusieurs hauts responsables maliens, dont le ministre de la Défense, afin de faciliter l’accord et d’améliorer les relations bilatérales, qui se sont tendues depuis le rapprochement entre Bamako et Moscou, à un moment où l’administration de l’ancien président Joe Biden manifestait un soutien important à l’Ukraine, en guerre avec la Russie depuis 2022.

L’ancienne administration avait justifié ces sanctions par des allégations de rapprochement entre Bamako et les mercenaires Wagner, dissous par la Russie et remplacés par le « Corps russe ».

Washington avait fermé il y a quelque temps sa plus grande base aérienne dans la région du Sahel africain.

En août 2014, Washington a retiré ses soldats de la base aérienne 201 à Agadez après que les autorités militaires du Niger aient demandé le départ des soldats américains de leur territoire.

Mais Washington, par le biais de ses négociations avec le Mali, tente de revenir dans la région du Sahel africain, notamment après un accord avec le Nigeria lui permettant de mener des frappes aériennes contre les groupes armés présents dans cette région, et après que certains médias aient fait état d’un accord entre les États-Unis et la Côte d’Ivoire pour la création d’une base dédiée aux drones à Barame, dans le centre de la Côte d’Ivoire.

Stratégie de retour

La Mali, pays enclavé et l’un des plus grands producteurs d’or d’Afrique, est devenue un centre névralgique pour les activités des groupes armés liés à Al-Qaïda, qui ont intensifié leurs attaques et leurs enlèvements d’étrangers dans la région.

Selon les données de l’ACLED, les groupes tels que Ansar al-Islam et les musulmans comptent sur les enlèvements comme principale source de financement de leurs activités, en plus des activités minières de certaines de leurs branches.

Afin de mettre un terme à la propagation et à l’intensification des activités de ces groupes, des responsables américains se sont succédé en visite au Mali ces derniers temps, la capitale malienne ayant connu une intensification des mouvements diplomatiques.

L’envoyé américain en Afrique, Nick Checker, s’est rendu au Mali en février dernier et a rencontré le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, avec lequel il a discuté de la relance des relations, notamment dans la lutte contre le terrorisme et les relations commerciales.

L’activité diplomatique américaine dans la région du Sahel africain reflète des changements plus larges dans la politique de Washington à l’égard de ces pays qui ont connu une série de coups d’État militaires ayant porté des militaires au pouvoir. Afin de se maintenir au pouvoir, les gouvernements d’un certain nombre de ces pays se sont éloignés de leurs partenaires occidentaux et se sont tournés vers Moscou.

Selon Business Insider, le nouvel accord américain avec le Mali en matière de renseignement pourrait ramener Washington en partie dans cette région, mais dans un contexte différent de celui de 2024.

fr.saharamedias.net

Coopération : deux nouveaux ambassadeurs mis en route
Le Président de la Transition, Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, a accordé, le jeudi 25 février 2026, une audience à deux nouveaux représentants diplomatiques du Mali à l’étranger. Ils étaient venus recevoir ses orientations avant leur prise de fonction dans leur lieu d’affectation.
Il s’agit de l’ambassadeur désigné du Mali auprès du Royaume d’Arabie Saoudite et de celui appelé à représenter le Mali en Libye.
Le général de division Ibrahima Dahirou DEMBÉLÉ, nommé ambassadeur du Mali auprès du Royaume d’Arabie saoudite le 5 novembre 2025, a été le premier reçu par le Président de la Transition.
L’Officier Général a d’abord souligné qu’il entame cette nouvelle mission avec un bon état d’esprit. Il a ensuite défini sa mission en trois axes : le renforcement de la coopération économique entre le Mali et le Royaume d’Arabie Saoudite, notamment à travers la promotion de projets structurants ; la consolidation de la coopération sécuritaire, surtout dans les domaines de la formation, de l’appui technique et des échanges de renseignements ; le renforcement de la coopération sociale, culturelle et religieuse avec le Royaume d’Arabie saoudite.
Le colonel-major Maouloud Ould MOHAMED est le deuxième diplomate reçu par le chef de l’État. Il est appelé à raffermir les liens de coopération entre le Mali et la Libye.
Dans son intervention à l’issue de l’audience, l’ambassadeur Maouloud Ould MOHAMED a mis l’accent sur la sécurité régionale, le renforcement des relations économiques et les initiatives visant à améliorer les conditions de vie des Maliens établis en Libye.
Les deux ambassadeurs, le général de division Ibrahima Dahirou DEMBÉLÉ et le colonel-major Maouloud Ould MOHAMED, ont exprimé leur gratitude pour la confiance placée en eux et ont réaffirmé leur détermination à accomplir avec loyauté et efficacité la mission qui leur est confiée.
Interconnexion électrique Guinée–Mali : 30 millions USD supplémentaires pour 37 500 nouveaux branchements

La Guinée a obtenu un financement additionnel de plus de 30 millions de dollars pour finaliser le projet d’interconnexion électrique avec le Mali. Objectif : réaliser 37 500 nouveaux branchements et renforcer l’accès à l’électricité dans les zones concernées.

Un financement de la BAD et du FAD

L’accord a été signé le 20 février 2026 entre la ministre guinéenne de l’Économie, des Finances et du Budget et le représentant de la Banque africaine de développement (BAD).

Le financement comprend :

  • 26,12 millions USD de la Banque africaine de développement

  • 3,84 millions USD sous forme de don du Fonds africain de développement (FAD)

Ce nouvel appui vient compléter les ressources déjà mobilisées pour achever le Projet d’Interconnexion Électrique Guinée–Mali.

37 500 nouveaux branchements prévus

Selon les autorités, les fonds permettront la réalisation de 37 500 nouveaux branchements électriques.

Les principaux bénéficiaires attendus sont :

  • Les ménages

  • Les écoles

  • Les centres de santé

  • Les petites activités productives

L’objectif est double : améliorer la couverture énergétique et soutenir le développement économique local.

Un projet stratégique pour l’intégration régionale

L’interconnexion électrique entre la Guinée et le Mali s’inscrit dans une dynamique de coopération énergétique régionale. Elle vise à :

  • Sécuriser l’approvisionnement en électricité

  • Optimiser l’exploitation des ressources énergétiques

  • Réduire le déficit d’accès dans certaines zones

  • Renforcer l’intégration des systèmes énergétiques sous-régionaux

Avec ce financement supplémentaire, les autorités entendent accélérer la mise en œuvre du projet et maximiser l’impact des investissements engagés dans le secteur de l’énergie.

Diplomatie : l’Union européenne présente sa « Nouvelle Approche » pour le Sahel à Bamako

Une délégation de haut niveau de l’Union européenne a été reçue à Bamako par le Premier ministre malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga. Au centre des discussions : la relance du partenariat entre Bruxelles et le Mali, dans le respect affiché de la souveraineté nationale et en appui à la « Vision Mali 2063 ».

Une visite placée sous le signe du dialogue

Introduite par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, la rencontre a permis à l’émissaire européen João Gomes Cravinho, accompagné de la cheffe de la délégation de l’UE au Mali, de présenter les grandes lignes de la stratégie révisée des 27 États membres pour le Sahel.

Bruxelles entend insuffler un « nouveau souffle » à sa coopération avec la région, après plusieurs années marquées par des tensions diplomatiques et un repositionnement stratégique des autorités maliennes.

Trois axes prioritaires

La « Nouvelle Approche » de l’Union européenne repose sur trois piliers :

  • La sécurité humaine, avec un accent sur la protection des populations

  • La lutte contre le terrorisme, dans un cadre de coopération redéfini

  • La résilience socio-économique, à travers le soutien au développement

L’UE affirme vouloir maintenir un engagement durable au Sahel, tout en adaptant ses mécanismes d’intervention au nouveau contexte politique régional.

Soutien à la Vision Mali 2063

João Gomes Cravinho a assuré que l’Union européenne respectera les principes directeurs formulés par les autorités de la Transition. Il a également évoqué la mise à disposition d’outils concrets pour accompagner la mise en œuvre de la « Vision Mali 2063 », document stratégique visant l’émergence et la transformation structurelle du pays.

La souveraineté au cœur du discours malien

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a salué cette initiative, tout en réaffirmant la doctrine diplomatique du Mali : ouverture à tous les partenaires, à condition du respect strict de la souveraineté nationale, des choix stratégiques et des intérêts du peuple malien.

Dans un message adressé aux capitales européennes, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’un partenariat fondé sur le respect mutuel et l’égalité.

Vers un nouveau chapitre entre Bamako et Bruxelles ?

Cette audience pourrait marquer une étape importante dans la redéfinition des relations entre le Mali et l’Union européenne. Si les principes évoqués sont traduits en actes, la coopération pourrait se relancer autour de projets structurants dans les domaines sécuritaire, économique et institutionnel.

Reste à savoir si cette « Nouvelle Approche » permettra d’instaurer un partenariat stabilisé et durable dans un contexte régional en pleine recomposition.

Mali : les financements onusiens pour la consolidation de la paix

Bamako a réuni le 12 février 2026 le comité national chargé de superviser les mécanismes onusiens de financement de la paix. Les discussions ont porté sur l’utilisation des fonds internationaux et sur l’opérationnalisation d’un nouveau mécanisme de stabilisation.

La session sur les financements onusiens, coprésidée par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, le ministre d’État Ismaël Wagué et la coordonnatrice résidente des Nations Unies, a examiné les projets financés par le Fonds pour la consolidation de la paix (PBF) et le Fonds des femmes pour la paix et l’action humanitaire.

Selon les données du Multi-Partner Trust Fund Office des Nations Unies, le portefeuille cumulé du PBF au Mali représente environ 77,9 millions de dollars approuvés, dont près de 66,7 millions déjà engagés ou dépensés, pour un solde estimé à un peu plus de 11 millions de dollars. Une évaluation couvrant la période 2019-2023 faisait état d’environ 57,5 millions de dollars mobilisés sur ces années, principalement orientés vers la cohésion sociale, la gouvernance locale et la prévention des conflits dans le Centre et le Nord du pays.

Les autorités ont également évoqué l’opérationnalisation prochaine du Fonds pour la stabilisation et la résilience au Mali. Les données financières publiées fin 2024 indiquaient des contributions cumulées d’environ 2,57 millions de dollars, sans décaissement effectif à cette date.

La réunion s’inscrit dans un contexte où le Mali cherche à aligner les financements internationaux sur ses priorités nationales de stabilisation et de réconciliation, alors que plusieurs régions demeurent affectées par l’insécurité et des tensions communautaires persistantes.

MD/ac/Sf/APA