CAN 2025 : la CAF inflige une défaite sur tapis vert au Sénégal, la FSF saisit le TAS

Le football africain est secoué par une décision majeure de la Confédération africaine de football (CAF). Le Jury d’Appel de l’instance a infligé une défaite par forfait (3-0) au Sénégal au profit du Maroc, dans le cadre de la rencontre n°52 de la CAN 2025 organisée au Maroc.

Ce revirement intervient après que le Jury disciplinaire de première instance avait initialement donné raison aux Lions de la Teranga. Saisie par la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), la Commission d’Appel a finalement jugé le recours recevable et fondé.

Un vice de procédure à l’origine de la décision

Selon la CAF, la décision initiale a été annulée pour des raisons procédurales. Le droit d’être entendu de la partie marocaine n’aurait pas été respecté lors de l’instruction du dossier.

Sur le fond, l’instance d’appel estime désormais que le comportement de la sélection sénégalaise enfreint les articles 82 et 84 du règlement de la CAN, justifiant ainsi la sanction.

Colère du Sénégal et recours au TAS

La réaction de la Fédération sénégalaise de football (FSF) ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué officiel, elle dénonce une décision « inique, sans précédent et inacceptable », estimant qu’elle porte atteinte à la crédibilité du football africain.

Refusant de s’incliner, la FSF a annoncé son intention de saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne. Ce recours constitue la dernière voie juridique pour tenter d’annuler la décision et rétablir le résultat initial.

Une affaire aux lourdes conséquences

En attendant l’issue de cette bataille judiciaire, cette décision pourrait avoir un impact majeur sur le classement et le déroulement de la CAN 2025.

Le dossier s’annonce désormais comme l’un des contentieux sportifs les plus marquants du football africain ces dernières années

Sénégal : un militaire tué et six blessés lors d’un accrochage avec des individus armés en Casamance

Un militaire sénégalais a été tué et six autres blessés jeudi matin lors d’un accrochage avec un groupe d’individus armés dans le sud du pays, a annoncé la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA).

Selon l’armée sénégalaise, l’incident s’est produit dans la zone de Kadialock, située dans le nord de Sindian, près de la frontière avec la Gambie.

Au cours de l’affrontement, plusieurs assaillants ont été neutralisés, précise la DIRPA dans son communiqué.

Opération contre la culture du chanvre indien

D’après les autorités militaires, l’accrochage est survenu alors que des unités de la Zone militaire n°5 menaient une opération de destruction de champs de chanvre indien dans cette zone frontalière.

Ces opérations visent notamment à lutter contre les cultures illicites, à démanteler les bandes armées opérant dans la région et à renforcer la sécurité des populations et de leurs biens.

Des opérations qui se poursuivent

La DIRPA indique que les unités engagées poursuivent actuellement leurs actions dans la zone afin de sécuriser durablement ce secteur frontalier et d’intensifier la lutte contre les activités criminelles.

La région de Casamance, dans le sud du Sénégal, reste régulièrement le théâtre d’opérations militaires visant à éradiquer les trafics et à prévenir les activités de groupes armés dans les zones proches des frontières.

Sénégal : Ousmane Sonko menace de retirer le Pastef du gouvernement en cas de rupture avec le président Faye

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a déclaré être prêt à retirer son parti, le Pastef, du gouvernement et à retourner dans l’opposition si le président Bassirou Diomaye Faye s’éloignait de la ligne politique du parti. Cette déclaration intervient dans un contexte de rumeurs persistantes de tensions au sommet de l’État.

S’exprimant dimanche lors d’une émission en direct, Sonko a indiqué que le débat sur ses relations avec le chef de l’État « serait sans objet si le président est aligné sur son parti ». Il a toutefois évoqué l’hypothèse d’un désaccord plus profond.

« Si le président n’est pas aligné sur son parti, même si nous gouvernons tous ensemble, nous nous trouvons dans ce que j’appelle une situation de partage du pouvoir informel », a-t-il déclaré, ajoutant que les divergences pourraient être gérées dans un esprit de compromis.

Mais en cas de rupture plus nette, deux scénarios seraient envisageables selon lui : une « cohabitation plus difficile » ou un retour du Pastef dans l’opposition. « Pastef n’a aucun problème avec l’une ou l’autre de ces options », a-t-il affirmé.

Contexte économique et tensions politiques

Ces déclarations interviennent alors que le Sénégal traverse une période de fortes tensions sociales et économiques, marquée par des violences dans les universités et des négociations prolongées avec le Fonds monétaire international (FMI).

Le FMI avait gelé en 2024 un programme de 1,8 milliard de dollars après la découverte par le nouveau gouvernement de dettes non déclarées par l’administration précédente, estimées à plus de 11 milliards de dollars.

Plus récemment, Ousmane Sonko avait affirmé que le FMI avait proposé une restructuration de la dette, une option que le Sénégal n’envisagerait pas d’accepter. Ces déclarations avaient provoqué une chute des obligations internationales du pays.

Une relation politique sous observation

Ancien opposant majeur sous le régime précédent, Sonko avait été déclaré inéligible à l’élection présidentielle de 2024 à la suite d’une condamnation judiciaire. Il avait alors désigné Bassirou Diomaye Faye, cadre du Pastef et proche collaborateur, comme candidat du parti. Élu président, Faye avait ensuite nommé Sonko au poste de Premier ministre.

Depuis, plusieurs signes de dissension sont apparus, notamment en novembre, lorsque des communiqués contradictoires ont été publiés par leurs camps respectifs au sujet de la direction de la coalition au pouvoir.

La sortie médiatique de Sonko ravive ainsi les interrogations sur la solidité de l’exécutif sénégalais et sur l’avenir de la coalition dirigée par le Pastef.

Navigation sur le fleuve Sénégal : le projet entre en phase opérationnelle

Le projet de restauration de la navigation sur le fleuve Sénégal franchit une étape décisive. Autorisée par la 78ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), tenue les 30 et 31 janvier à Nouakchott, la première phase des travaux est programmée pour avril 2026. La réunion, présidée par le ministre malien de l’Énergie et de l’Eau, Boubacar Diane, en présence du Haut commissaire de l’OMVS, Mohamed Abdel Vetah, a réuni les ministres des pays membres : Mali, Guinée, Mauritanie et Sénégal.

Un corridor fluvial stratégique pour le Mali

Le projet vise à rétablir une navigation efficace sur les 905 kilomètres séparant Saint-Louis, au Sénégal, du futur terminal fluvial d’Ambidédi, situé à une dizaine de kilomètres de Kayes, au Mali. À terme, les marchandises débarquées au port maritime de Saint-Louis pourront être acheminées directement par voie fluviale jusqu’au Mali, réduisant la dépendance aux corridors routiers et aux ports des pays voisins.

La première phase prévoit notamment :

  • le dragage du chenal pour permettre le passage de barges transportant plusieurs milliers de tonnes ;

  • le balisage et l’aménagement du fleuve pour une navigation de jour comme de nuit ;

  • la réhabilitation des escales fluviales avec quais, zones de stockage et infrastructures logistiques.

Le coût estimé de cette étape initiale est de 7,38 milliards de FCFA.

Des avantages multiples pour le Mali et la région

Pour le Mali, pays enclavé, le projet constitue un levier majeur de désenclavement et de souveraineté économique. Une seule barge peut transporter l’équivalent de 40 à 50 conteneurs, réduisant significativement les coûts logistiques, la consommation de carburant et l’usure des routes, tout en diminuant les risques liés à l’insécurité sur les axes routiers.

Le futur terminal d’Ambidédi est appelé à devenir un hub logistique régional, générant des emplois directs et indirects, stimulant le commerce local et offrant des retombées socio-économiques importantes pour la région de Kayes.

Le projet bénéficie également aux autres États membres de l’OMVS. Le Sénégal, point d’entrée maritime du corridor, profitera d’une valorisation accrue de ses infrastructures portuaires et d’un meilleur écoulement des marchandises. Au total, plus de 800 kilomètres de localités riveraines seront désenclavées, et plus de 240 000 hectares de terres irrigables dans le delta et la vallée du fleuve pourront être exploités pour l’agriculture. Sur le plan environnemental, le projet contribuera à protéger Saint-Louis des inondations sur le long terme.

Une ambition historique pour l’intégration régionale

Le ministre Boubacar Diane a souligné l’importance stratégique du projet, rappelant que la croissance de la demande, les contraintes d’exploitation et la nécessité de répondre aux besoins futurs imposent d’accélérer la mise en œuvre et la modernisation des installations existantes, tout en intégrant les énergies renouvelables.

Le projet de navigation sur le fleuve Sénégal réaffirme qu’l’enclavement du Mali n’est pas une fatalité et qu’il existe des solutions durables pour connecter le pays aux échanges régionaux et mondiaux.