Décès de Toumba Diakité : fin d’un parcours aussi controversé que marquant en Guinée

La Guinée vient de perdre l’une des figures les plus controversées de son histoire récente. Aboubacar Sidiki Diakité, plus connu sous le nom de Toumba, est décédé mercredi 25 mars 2026 à l’hôpital militaire du camp Samory Touré de Conakry, à l’âge de 57 ans, des suites de complications médicales.

Selon les autorités, il souffrait d’une hernie compliquée ayant entraîné une péritonite aiguë généralisée. Son état s’était rapidement dégradé après son transfert en urgence depuis la maison d’arrêt de Coyah.

Un parcours atypique, de la médecine à l’armée

Né en 1968 à Conakry, Toumba Diakité débute sa carrière comme médecin au CHU Ignace Deen, en cardiologie. Pendant plusieurs années, il exerce en tant que soignant avant de rejoindre les forces armées guinéennes en 1993.

Formé comme ranger et engagé sur plusieurs théâtres d’opérations, notamment aux frontières avec le Libéria, il gravit progressivement les échelons, devenant une figure respectée au sein de l’armée.

De l’ombre du pouvoir à la chute

Son destin bascule en décembre 2008, après la mort du président Lansana Conté. Il devient alors l’aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, nouvel homme fort du pays.

Mais c’est surtout son rôle présumé dans les événements du 28 septembre 2009, marqués par un massacre de civils au stade de Conakry, qui va durablement marquer son image. Accusé d’avoir orchestré la répression, Toumba a toujours contesté ces faits.

Quelques mois plus tard, en décembre 2009, il tire sur Dadis Camara, affirmant vouloir éviter d’être désigné comme unique responsable des violences. Il prend la fuite avant d’être arrêté au Sénégal en 2016 puis extradé en Guinée en 2017.

Procès, condamnation et ambitions politiques

Jugé à partir de 2022, Toumba Diakité devient l’un des principaux accusés du procès historique du 28 septembre. En juillet 2024, il est condamné à 10 ans de prison pour crimes contre l’humanité.

Malgré son incarcération, il tente de rebondir sur le plan politique, allant jusqu’à annoncer sa candidature à la présidentielle de 2025, finalement rejetée.

Une fin en détention

Sa santé s’est détériorée au début de l’année 2026. Après un malaise grave, il est transféré à l’hôpital militaire où il décède quelques jours plus tard.

Toumba Diakité devient ainsi le deuxième condamné majeur de ce procès à mourir en détention, après le colonel Claude Pivi.

Une page qui se tourne, sans refermer les blessures

Avec la disparition de Toumba, la Guinée perd un témoin clé d’une tragédie nationale encore vive dans les mémoires. Son parcours, mêlant médecine, pouvoir militaire et justice, restera longtemps au cœur des débats sur la vérité, la responsabilité et la réconciliation nationale.