Congo : Denis Sassou Nguesso réélu dès le premier tour avec plus de 94 % des voix

Le président sortant Denis Sassou Nguesso a été largement réélu à l’issue de l’élection présidentielle du 15 mars 2026, remportant le scrutin dès le premier tour avec 94,82 % des suffrages exprimés, selon les résultats provisoires annoncés par le ministère de l’Intérieur.

Son principal adversaire, Mabio Mavoungou Zinga, arrive loin derrière avec 1,48 % des voix, dans un scrutin marqué par un appel au boycott lancé par une partie de l’opposition.

Les autorités ont par ailleurs fait état d’un taux de participation de 84,65 %, affirmant que le vote s’est déroulé dans le calme.

Des critiques sur la transparence du scrutin

Malgré l’annonce de ces résultats, le processus électoral suscite des interrogations. Plusieurs organisations de la société civile et observateurs pointent des zones d’ombre, notamment :

  • un manque de pluralisme politique,

  • des perturbations numériques signalées pendant le vote,

  • ainsi qu’un boycott partiel de l’opposition.

Ces éléments alimentent les doutes sur la transparence et l’inclusivité du scrutin.

Un cinquième mandat dans un contexte social fragile

À 82 ans, Denis Sassou Nguesso s’apprête à entamer un cinquième mandat consécutif. Au total, il cumule plus de quatre décennies à la tête de la République du Congo, consolidant ainsi son emprise sur le pouvoir.

Cette nouvelle mandature débute toutefois dans un contexte socio-économique difficile. Malgré ses importantes ressources pétrolières, le pays reste confronté à des défis majeurs, avec une pauvreté touchant encore une large partie de la population.

Validation attendue par la Cour constitutionnelle

Conformément à la loi électorale, les résultats provisoires doivent être transmis à la Cour constitutionnelle, chargée de leur validation.

Les candidats disposent d’un délai pour introduire d’éventuels recours, même si les observateurs s’attendent à une confirmation rapide de la victoire du président sortant.

Tensions frontalières en Afrique de l’Ouest : sommet décisif à Conakry pour éviter l’escalade

Les dirigeants de la Guinée, de la Sierra Leone et du Liberia se sont réunis à Conakry pour tenter de désamorcer des tensions frontalières récentes, dans une région où les litiges hérités de la colonisation continuent de fragiliser les relations entre États voisins.

Ce sommet, ouvert lundi dans la capitale guinéenne, vise à renforcer la stabilité politique et sécuritaire en privilégiant le dialogue. La présence d’un représentant de la Côte d’Ivoire, en qualité de médiateur, illustre la volonté d’inscrire cette initiative dans une dynamique de coopération sous-régionale.

Des incidents à l’origine des tensions

Les discussions interviennent après une série d’incidents sur le terrain. Du côté de la Sierra Leone, l’arrestation de militaires près de la frontière avec la Guinée a suscité des tensions, malgré leur libération rapide.

Par ailleurs, le Liberia est impliqué dans un différend lié à l’exploitation de ressources naturelles, notamment l’extraction de sable dans une zone frontalière contestée. Ces activités, essentielles pour les populations locales, deviennent des sources de conflit en l’absence d’accords clairs entre États.

À ces tensions s’ajoutent des gestes symboliques, comme le déplacement de drapeaux nationaux, perçus comme des affirmations de souveraineté et susceptibles d’envenimer les relations diplomatiques.

Entre fermeté et dialogue

Face à la situation, le président guinéen Mamadi Doumbouya a opté pour une approche combinant renforcement sécuritaire et ouverture diplomatique. Le déploiement de troupes aux frontières vise à affirmer la souveraineté nationale, tout en restant officiellement dans une posture défensive.

De leur côté, les présidents Julius Maada Bio (Sierra Leone) et Joseph Nyuma Boakai (Liberia) ont réaffirmé leur engagement en faveur du dialogue et de la coopération.

Les échanges ont mis en avant la nécessité de renforcer la confiance mutuelle, notamment à travers des mécanismes conjoints de surveillance et de gestion des frontières.

Vers une coopération renforcée

À l’issue des discussions, les trois pays ont exprimé leur volonté de relancer la coopération régionale, notamment dans le cadre de l’Union du fleuve Mano.

Plusieurs mesures ont été envisagées :

  • la mise en place de patrouilles mixtes

  • un partage accru de renseignements

  • des systèmes d’alerte rapide

Ces dispositifs visent à prévenir de nouveaux incidents et à éviter toute escalade dans une région déjà confrontée à des défis sécuritaires plus larges.

Dans un contexte marqué par l’instabilité dans certaines zones du Sahel, cette initiative diplomatique apparaît comme un test important pour les mécanismes africains de résolution pacifique des conflits.

Sénégal : un militaire tué et six blessés lors d’un accrochage avec des individus armés en Casamance

Un militaire sénégalais a été tué et six autres blessés jeudi matin lors d’un accrochage avec un groupe d’individus armés dans le sud du pays, a annoncé la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA).

Selon l’armée sénégalaise, l’incident s’est produit dans la zone de Kadialock, située dans le nord de Sindian, près de la frontière avec la Gambie.

Au cours de l’affrontement, plusieurs assaillants ont été neutralisés, précise la DIRPA dans son communiqué.

Opération contre la culture du chanvre indien

D’après les autorités militaires, l’accrochage est survenu alors que des unités de la Zone militaire n°5 menaient une opération de destruction de champs de chanvre indien dans cette zone frontalière.

Ces opérations visent notamment à lutter contre les cultures illicites, à démanteler les bandes armées opérant dans la région et à renforcer la sécurité des populations et de leurs biens.

Des opérations qui se poursuivent

La DIRPA indique que les unités engagées poursuivent actuellement leurs actions dans la zone afin de sécuriser durablement ce secteur frontalier et d’intensifier la lutte contre les activités criminelles.

La région de Casamance, dans le sud du Sénégal, reste régulièrement le théâtre d’opérations militaires visant à éradiquer les trafics et à prévenir les activités de groupes armés dans les zones proches des frontières.

Guerre en Iran et au Moyen-Orient: un soldat français tué dans une attaque de drones près d’Erbil

Un militaire français a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi lors d’une attaque de drones visant une base située dans la région d’Erbil, au Kurdistan irakien. L’information a été confirmée par le président français Emmanuel Macron.

La victime, l’adjudant-chef Arnaud Frion, appartenait au 7ᵉ bataillon de chasseurs alpins de Varces. Selon l’Élysée, il est décédé « pour la France » au cours de cette attaque qui a également fait six blessés parmi les soldats français.

Une attaque de drones contre une base militaire

D’après l’état-major français des Armées, l’incident s’est produit lors d’une attaque de drones visant une base militaire située à Mala Qara, à environ 40 kilomètres au sud-ouest d’Erbil.

Le gouverneur d’Erbil a indiqué que deux drones avaient été utilisés dans cette frappe qui visait des forces engagées dans la lutte antiterroriste.

Les militaires français présents sur place participaient à des missions de formation et de soutien auprès des forces de sécurité irakiennes, dans le cadre de la coalition internationale antijihadiste dirigée par les États-Unis.

Première perte française depuis l’escalade régionale

La mort de l’adjudant-chef Arnaud Frion constitue le premier décès d’un soldat français depuis le début de l’escalade militaire au Moyen-Orient déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines contre l’Iran.

Depuis le début du conflit, sept soldats américains ont également trouvé la mort au Koweït et en Arabie saoudite, selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Une attaque revendiquée dans un contexte de tensions

Peu après l’incident, le groupe armé pro-iranien Ashab al-Kahf a publié un message sur Telegram annonçant qu’il prendrait pour cible « tous les intérêts français en Irak et dans la région ».

Le groupe a également appelé les habitants à rester à distance d’une base militaire au Kurdistan irakien où sont stationnés des soldats français, sans toutefois revendiquer directement l’attaque.

Depuis le début du conflit régional, la région autonome du Kurdistan irakien, et notamment Erbil, a été la cible de plusieurs attaques de drones ou de missiles, souvent attribuées à des factions armées pro-iraniennes.

La France affirme jouer un rôle défensif

Face à la montée des tensions, le président Emmanuel Macron a insisté sur le rôle « défensif » de la France dans la région.

Paris a déployé un important dispositif militaire autour du porte-avions Charles-de-Gaulle, notamment en Méditerranée orientale. Ce dispositif comprend huit frégates et deux porte-hélicoptères amphibies, opérant dans une zone allant de la mer Rouge au détroit d’Ormuz.

La France participe également aux efforts diplomatiques pour contenir l’extension du conflit, notamment au Liban, où les tensions se sont intensifiées après des échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah.

France : Pas d’aéronefs américains sur les bases au Moyen-Orient, des appareils de soutien autorisés à Istres

– L’état-major français dément tout déploiement américain sur ses bases au Moyen-Orient mais confirme l’accueil temporaire d’avions de soutien des États-Unis sur la base aérienne d’Istres, dans le cadre de procédures de l’OTAN

La France n’accueillera pas d’aéronefs militaires américains sur ses bases situées au Moyen-Orient, a précisé ce jeudi l’état-major des armées françaises, démentant des informations diffusées par la presse française plus tôt dans la journée.

« L’information sur les soi-disant moyens américains qui seraient déployés sur nos bases au Moyen-Orient est erronée », a déclaré le porte-parole du chef d’état-major des armées.

En revanche, des avions militaires américains de soutien aux opérations, et non des avions de combat, ont été autorisés à stationner temporairement sur la base aérienne d’Istres, dans le sud-est de la France, ont précisé les autorités militaires.

Selon l’état-major, cette présence s’inscrit dans une « procédure de routine dans le cadre de l’OTAN » (Organisation du traité de l’Atlantique nord), alliance militaire transatlantique réunissant plusieurs pays européens et nord-américains.

Compte tenu du contexte de tensions liées aux opérations militaires américaines contre l’Iran, la France a toutefois exigé que ces moyens aériens ne participent « en aucune mesure » aux opérations menées par les États-Unis contre ce pays.

Les appareils doivent être utilisés « strictement pour l’appui à la défense de nos partenaires dans la région », a précisé le porte-parole du chef d’état-major des armées, ajoutant que Paris avait obtenu « la complète garantie » de cette condition.

Ces précisions interviennent après la diffusion, plus tôt dans la journée, d’informations évoquant l’accueil d’aéronefs américains sur des bases françaises au Moyen-Orient, information reprise par plusieurs médias avant d’être démentie par l’état-major.

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Guinée: le président Doumbouya, absent depuis deux semaines et demi, va « très bien », assurent les autorités
Le président guinéen Mamadi Doumbouya, absent du pays depuis deux semaines et demi, « se porte très bien » et « regagnera Conakry dans les tout prochains jours », ont assuré lundi les autorités, après des rumeurs sur l’état de santé du dirigeant.
Mamadi Doumbouya, qui dirige d’une main de fer la Guinée depuis un coup d’État en 2021, a été élu en décembre pour un mandat de sept ans au terme d’une élection taillée sur mesure, face à des adversaires sans envergure.
Parti le 13 février de Guinée pour assister à un sommet de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba, en Ethiopie, le président Doumbouya n’est toujours pas retourné dans son pays, alimentant les spéculations sur son état de santé sur les réseaux sociaux.
« Le président Mamadi Dombouya se porte très bien. Il n’y a absolument aucune raison de céder à l’inquiétude ou à la spéculation », a affirmé son conseiller Thierno Mamadou Bah, cité par plusieurs médias locaux lundi matin.
Selon lui, le président a pris « quelques jours de repos » en marge du sommet de l’UA. Il n’a pas précisé où il se trouve.
« Il en a profité pour effectuer un check-up médical de routine, comme le font les dirigeants responsables soucieux de préserver leur pleine capacité d’action. Je puis affirmer, avec la plus grande clarté, que les résultats sont rassurants, tout va très bien », a poursuivi M. Bah.
« Le président de la République regagnera Conakry dans les tout prochains jours, en excellente forme », a ajouté le conseiller présidentiel.
Interrogé sur la radio RFI lundi soir, le Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah a également affirmé que le Président « va bien » et que celui-ci rentrera « d’ici une semaine ».
Seuls deux médias avaient fait état de l’absence du président: le site d’informations Le Djely et le journal satirique Le Lynx, qui conserve un ton libre dans un contexte de rétrécissement des libertés.
Depuis de longs mois, les apparitions et prises de parole de M. Doumbouya en public se font très rares, alimentant de nombreuses spéculations sur son état de santé et sa capacité à exercer ses fonctions.
Des rumeurs circulent sur les réseaux sociaux depuis la campagne présidentielle en décembre, lors de laquelle le général Doumbouya n’a presque pas fait campagne, hormis une apparition au meeting de clôture où il n’a pas pris la parole.
Le chef de l’État a toutefois prêté serment devant un stade rempli de personnes lors de son investiture mi-janvier en tant que président de la Guinée. Il a également pris la parole lors du sommet de l’UA à Addis Abeba.
Sous sa présidence, plusieurs partis politiques et médias ont été suspendus, les manifestations ont été interdites en 2022 et sont réprimées, et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil.
Les nouvelles de disparitions forcées et d’enlèvements se sont multipliées ces dernières années.

Source : AFP

Ce que l’on sait de l’attaque de l’ambassade américaine en Arabie saoudite

Deux drones ont visé l’ambassade des États-Unis à Riyad dans la nuit de lundi à mardi. L’attaque, attribuée à l’Iran dans un contexte d’escalade régionale, a provoqué des dégâts matériels limités mais déclenché une alerte maximale dans le royaume saoudien et dans plusieurs pays du Golfe.

Les États-Unis s’attendaient-ils à une telle réponse ? L’Iran a réussi à déjouer les systèmes de défenses de l’Arabie saoudite, en ciblant le quartier diplomatique de Ryad, et en atteignant l’Ambassade américaine.

Ce qui s’est passé

Selon le ministère saoudien de la Défense, deux drones ont attaqué l’ambassade américaine située dans le quartier diplomatique de Riyad, un secteur ultra-sécurisé où sont regroupées de nombreuses représentations étrangères. Les autorités évoquent « un incendie limité et des dégâts matériels mineurs au bâtiment ». Aucune victime n’a été signalée à ce stade.

L’ambassade des États-Unis a confirmé « une attaque contre l’installation » et diffusé dans la foulée une alerte de sécurité.

Elle recommande aux ressortissants américains présents en Arabie saoudite de « se mettre immédiatement à l’abri » et annonce restreindre « les déplacements non essentiels vers toute installation militaire dans la région ». Les villes de Riyad, Djeddah et Dhahran sont concernées par cette consigne. En outre, l’ambassade sera fermée temporairement.

Un quartier pourtant hautement protégé

L’ambassade est située dans le quartier diplomatique, un secteur fermé et fortement gardé de la capitale saoudienne. Les infrastructures de sécurité y ont été conçues pour prévenir des attaques terrestres, notamment des attentats-suicides. Elles apparaissent en revanche moins adaptées face à des attaques de drones, devenues l’un des outils privilégiés des conflits contemporains.

Jusqu’à présent, Riyad avait été épargnée par la vague de frappes qui ont touché d’autres capitales du Golfe ces derniers jours, notamment Dubaï aux Émirats arabes unis et Manama, capitale de Bahreïn.

Les systèmes de défense déjoués

L’Iran a multiplié les tentatives d’attaque via des drones, notamment la nuit dernière en Arabie saoudite. Une source proche de l’armée saoudienne a déclaré à l’AFP, sous couvert d’anonymat afin de pouvoir aborder ce sujet sensible, que la défense aérienne saoudienne avait notamment intercepté quatre drones qui visaient le quartier diplomatique de Ryad. « Huit drones ont été interceptés et détruits près des villes de Ryad et Al-Kharg (centre du pays) », a quant à lui fait savoir sur les réseaux sociaux le général Turki al-Malki, un porte-parole des autorités.

Depuis le début samedi de l’opération militaire américano-israélienne contre l’Iran, des missiles iraniens visant l’aéroport international de Ryad et la base aérienne du prince Sultan, qui abrite des militaires américains, ont également été interceptés. Des explosions ont été entendues ces dernières heures dans la capitale saoudienne.

Les États-Unis prêts à réagir

L’attaque d’une Ambassade étant un acte d’une haute portée symbolique, les États-Unis se disent prêts à réagir. « Le président Trump m’a dit que nous saurions bientôt quelle serait la riposte à l’attaque contre l’ambassade américaine à Riyad ainsi qu’à la mort des militaires américains », a posté sur ses réseaux sociaux une journaliste de News Nation, Kellie Meyer.

De son côté, l’Iran a intensifié ses frappes contre des alliés des États-Unis dans la région, en réaction aux bombardements américano-israéliens lancés samedi contre la République islamique. Selon des bilans officiels compilés par la presse américaine, Téhéran a tiré au moins 390 missiles et lancé plus de 830 drones à travers le Golfe persique, où sont implantées plusieurs bases militaires américaines.

Les gouvernements du Golfe affirment que la majorité de ces projectiles ont été interceptés par leurs systèmes de défense aérienne.

Sénégal : Ousmane Sonko menace de retirer le Pastef du gouvernement en cas de rupture avec le président Faye

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a déclaré être prêt à retirer son parti, le Pastef, du gouvernement et à retourner dans l’opposition si le président Bassirou Diomaye Faye s’éloignait de la ligne politique du parti. Cette déclaration intervient dans un contexte de rumeurs persistantes de tensions au sommet de l’État.

S’exprimant dimanche lors d’une émission en direct, Sonko a indiqué que le débat sur ses relations avec le chef de l’État « serait sans objet si le président est aligné sur son parti ». Il a toutefois évoqué l’hypothèse d’un désaccord plus profond.

« Si le président n’est pas aligné sur son parti, même si nous gouvernons tous ensemble, nous nous trouvons dans ce que j’appelle une situation de partage du pouvoir informel », a-t-il déclaré, ajoutant que les divergences pourraient être gérées dans un esprit de compromis.

Mais en cas de rupture plus nette, deux scénarios seraient envisageables selon lui : une « cohabitation plus difficile » ou un retour du Pastef dans l’opposition. « Pastef n’a aucun problème avec l’une ou l’autre de ces options », a-t-il affirmé.

Contexte économique et tensions politiques

Ces déclarations interviennent alors que le Sénégal traverse une période de fortes tensions sociales et économiques, marquée par des violences dans les universités et des négociations prolongées avec le Fonds monétaire international (FMI).

Le FMI avait gelé en 2024 un programme de 1,8 milliard de dollars après la découverte par le nouveau gouvernement de dettes non déclarées par l’administration précédente, estimées à plus de 11 milliards de dollars.

Plus récemment, Ousmane Sonko avait affirmé que le FMI avait proposé une restructuration de la dette, une option que le Sénégal n’envisagerait pas d’accepter. Ces déclarations avaient provoqué une chute des obligations internationales du pays.

Une relation politique sous observation

Ancien opposant majeur sous le régime précédent, Sonko avait été déclaré inéligible à l’élection présidentielle de 2024 à la suite d’une condamnation judiciaire. Il avait alors désigné Bassirou Diomaye Faye, cadre du Pastef et proche collaborateur, comme candidat du parti. Élu président, Faye avait ensuite nommé Sonko au poste de Premier ministre.

Depuis, plusieurs signes de dissension sont apparus, notamment en novembre, lorsque des communiqués contradictoires ont été publiés par leurs camps respectifs au sujet de la direction de la coalition au pouvoir.

La sortie médiatique de Sonko ravive ainsi les interrogations sur la solidité de l’exécutif sénégalais et sur l’avenir de la coalition dirigée par le Pastef.

États-Unis : prison à vie pour un ancien employé de l’ambassade américaine au Burkina Faso condamné pour agressions sexuelles sur mineures

Un Américain de 41 ans, ancien travailleur de l’ambassade des États-Unis au Burkina Faso, a été condamné à la prison à vie pour agressions sexuelles sur deux mineures burkinabè, a annoncé jeudi le Département américain de la Justice dans un communiqué.

À l’issue d’un procès de deux semaines tenu en octobre 2025, un jury fédéral du district du Maryland a reconnu Fode Sitafa Mara coupable de quatre chefs d’accusation d’agression sexuelle aggravée sur mineure. Il a également été condamné pour tentative de contrainte et d’incitation de mineure ainsi que pour tentative d’entrave à la justice.

Selon le ministère américain de la Justice, les faits se sont déroulés en 2022 et 2023 à Ouagadougou, dans une résidence louée par l’ambassade américaine et réservée au personnel diplomatique, ce qui plaçait les faits sous juridiction américaine.

D’après les documents judiciaires présentés au procès, l’accusé aurait violé à plusieurs reprises deux adolescentes âgées de 13 à 15 ans. Les victimes vivaient dans une situation d’extrême précarité, sans accès à l’eau courante. Le communiqué précise que le précédent occupant de la résidence entretenait des liens d’assistance avec la famille des jeunes filles.

À son arrivée, l’accusé aurait exploité cette vulnérabilité. Selon l’accusation, il aurait profité de la grave maladie de la mère des adolescentes pour exiger des relations sexuelles en échange d’une aide matérielle.

« L’accusé, alors qu’il représentait le gouvernement américain à l’étranger, a agressé sexuellement avec violence deux enfants extrêmement vulnérables », a déclaré A. Tysen Duva, procureur général adjoint de la division criminelle du ministère de la Justice.

Le procureur fédéral du district du Maryland, Kelly O. Hayes, a souligné que le condamné passerait « de longues années derrière les barreaux », affirmant la détermination des autorités à poursuivre les auteurs d’infractions sexuelles commises à l’étranger sous juridiction américaine.

L’enquête a été menée par le Bureau des enquêtes spéciales du Diplomatic Security Service (DSS), le Bureau régional de sécurité de l’ambassade des États-Unis à Ouagadougou, ainsi que l’Inspection générale (OIG) et le Homeland Security Investigations (HSI) de l’USAID. Les autorités burkinabè ont également apporté leur concours.

Tchad–Libye : saisie d’armes lourdes lors d’une opération conjointe à la frontière

Des unités libyennes et tchadiennes ont annoncé la saisie d’un important stock d’armes lourdes, dont des missiles sol-air, à l’issue d’une opération de contrôle menée dans l’extrême nord du Tchad, près de la frontière avec la Libye.

Selon des sources médiatiques tchadiennes relayées par la presse régionale, la force conjointe libyo-tchadienne a conduit, dans la nuit du 20 février, une vaste opération de sécurité dans une zone désertique frontalière. L’intervention aurait permis la découverte et la confiscation d’armes de différents calibres, incluant des équipements lourds et d’importantes quantités de munitions.

D’après le quotidien tchadien Al-Wahda, cette opération s’inscrit dans un dispositif renforcé de surveillance des axes transfrontaliers, dans une région régulièrement confrontée aux trafics d’armes et aux mouvements de groupes armés.

Le lendemain, une réunion s’est tenue au point 35, côté libyen, sous la présidence du commandant de la région militaire sud de la Libye. Des responsables militaires tchadiens ainsi que le commandement de la force conjointe ont participé aux discussions, axées sur la coordination opérationnelle et le partage de renseignements.

À l’issue de cette rencontre, les deux parties ont convenu de mettre en place un mécanisme conjoint de sécurisation durable de la frontière. Une salle d’opérations commune a été installée afin de coordonner les patrouilles, les contrôles et les opérations de déminage. Le dispositif bénéficierait d’un appui aérien et serait placé sous la supervision des forces terrestres libyennes, selon les mêmes sources.

Ce renforcement intervient dans un contexte sécuritaire fragile dans le sud libyen, caractérisé par la porosité des frontières et la circulation d’armes. À la mi-février, un accident d’hélicoptère sur la base aérienne de Ma’ten al-Sarra, lors d’une mission d’évacuation médicale, avait rappelé l’importance stratégique de cette infrastructure. Fin janvier, un groupe armé s’était brièvement emparé du poste frontalier de Tumu avec le Niger, avant que les autorités locales n’annoncent la reprise du contrôle.

L’opération conjointe illustre la volonté affichée par Tripoli et N’Djaména de contenir les trafics transfrontaliers et de renforcer la coopération sécuritaire dans cette zone considérée comme un corridor sensible pour les flux d’armes et les activités de groupes armés.