Commande publique 2026 : le Mali réserve 100 millions FCFA par ministère aux produits « Made in Mali »

Dans une circulaire datée du 13 février 2026 (N°00313/MEF-SG), le Ministre de l’Économie et des Finances a instruit l’ensemble des départements ministériels de réorienter la commande publique vers la production locale. Cette mesure, conforme aux recommandations des Assises Nationales de la Refondation (ANR), vise à faire de l’État le principal moteur de soutien aux PME maliennes.

L’État, premier client des entreprises nationales

Le message de l’Hôtel des Finances est sans ambiguïté : la commande publique doit désormais profiter prioritairement aux produits « Made in Mali ». Pour l’exercice budgétaire 2026, plusieurs segments sont exclusivement réservés à la production locale.

Trois secteurs stratégiques concernés

1️⃣ Ameublement et décoration
Les ministères devront s’équiper en meubles fabriqués au Mali ainsi qu’en articles décoratifs issus de l’artisanat local (tableaux, rideaux, tissus, parures).

2️⃣ Agroalimentaire
Les pauses-café et réceptions officielles devront privilégier le thé, les jus de fruits et les boissons naturelles produits localement, mettant fin aux importations systématiques.

3️⃣ Produits d’hygiène
Savons (solides, liquides, poudre), détergents et papiers hygiéniques devront être fournis par des unités industrielles maliennes.

Une enveloppe obligatoire de 100 millions FCFA par ministère

Afin de garantir l’effectivité de la mesure, chaque département ministériel devra réserver 100 000 000 FCFA dans son budget 2026 pour l’achat de produits locaux.

Les ministères ont jusqu’au 20 février 2026 pour identifier les lignes budgétaires concernées. Cette échéance rapprochée traduit la volonté des autorités d’accélérer la mise en œuvre.

Une traduction concrète des recommandations des ANR

Cette décision répond directement à l’une des recommandations majeures des Assises Nationales de la Refondation : promouvoir la consommation des produits locaux.

Les objectifs affichés sont multiples :

  • Soutenir l’emploi et les PME nationales

  • Réduire la dépendance aux importations

  • Stimuler la production industrielle locale

  • Renforcer le patriotisme économique

Une liste détaillée des produits éligibles et un répertoire des fournisseurs agréés seront communiqués prochainement.

Un signal fort aux entrepreneurs maliens

À travers cette circulaire, l’État malien se positionne clairement comme le premier client des entreprises locales. Si elle est rigoureusement appliquée, cette orientation stratégique pourrait générer un effet d’entraînement significatif sur la croissance des PME et la structuration du tissu industriel national.

Zelensky critique ouvertement Trump: “Les Ukrainiens ne pardonneront jamais cela”

Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, Donald Trump tente d’imposer un accord de paix à l’Ukraine par des “pressions disproportionnées”. À ses yeux, la population ukrainienne n’acceptera jamais de céder une partie de son territoire et ne pardonnera jamais aux États-Unis de la forcer à aller dans ce sens.

 

Lors d’une interview accordée au site d’information américain Axios et publiée mardi, le président ukrainien a adopté une position ferme: tout plan de paix contraignant l’Ukraine à céder des territoires non occupés dans l’est du Donbass serait voué à l’échec. Si un tel plan était soumis à référendum, il serait rejeté sans hésitation, prédit-il.

Zelensky juge en outre “injuste” que Trump appelle publiquement l’Ukraine, et non la Russie, à faire des concessions lors des négociations de paix. Le président américain a en effet laissé entendre à deux reprises ces derniers jours qu’il appartenait à l’Ukraine et à Zelensky de prendre des mesures afin que les négociations aboutissent. “L’Ukraine ferait mieux de s’asseoir rapidement à la table des négociations. C’est tout ce que je dis”, a déclaré Trump aux journalistes à bord d’Air Force One lundi, alors que la Maison-Blanche fait tout pour conclure un accord lui permettant de faire affaire avec Moscou.

“J’espère qu’il ne s’agit que d’une tactique et non d’une décision définitive”, a déclaré Zelensky lors d’un entretien téléphonique, qui s’est déroulé alors que des négociateurs russes, ukrainiens et américains se réunissaient à Genève.

Selon Axios, Zelensky a suggéré qu’il serait peut-être plus facile de faire pression sur l’Ukraine que sur le Kremlin. Malgré ces difficultés, le président ukrainien est resté diplomate: il a remercié Trump pour ses efforts en faveur de la paix et a souligné que les discussions avec les envoyés américains Steve Witkoff et son gendre Jared Kushner s’étaient déroulées sur un pied d’égalité. “Nous nous respectons mutuellement”, a déclaré Zelensky, ajoutant sur un ton combatif: “Je ne suis pas quelqu’un qui cède sous la pression.”

Les envoyés américains Jared Kushner et Steve Witkoff.

Les envoyés américains Jared Kushner et Steve Witkoff. © REUTERS

La sempiternelle question du Donbass

Le principal point d’achoppement demeure le Donbass. La Russie contrôle actuellement 88% de la région, mais un transfert total de ce territoire riche en ressources naturelles serait inacceptable pour les Ukrainiens s’il était soumis à référendum.

“Émotionnellement, les gens ne pardonneront jamais cela. Jamais. Ils ne me pardonneront pas, et pas davantage aux États-Unis”, a averti Zelensky avec véhémence. Il a également souligné que les Ukrainiens “ne comprennent pas pourquoi” on leur demanderait de céder encore davantage de territoires. “C’est notre terre”, a-t-il insisté.

Volodymyr Zelensky et Donald Trump se serrant la main en décembre dernier à Mar-a-Lago, la résidence du président américain en Floride.

Volodymyr Zelensky et Donald Trump se serrant la main en décembre dernier à Mar-a-Lago, la résidence du président américain en Floride. © AP

Zelensky a de nouveau plaidé pour un gel des opérations sur les lignes de front actuelles. “Si nous stipulons clairement que nous resterons où nous en sommes, sur la ligne de front actuelle, alors je pense que la population approuvera cette mesure lors d’un référendum.”

Ramadan 2026 au Mali : exonérations, contrôle des prix et lutte contre la spéculation

À l’approche du mois de Ramadan, les autorités maliennes ont mis en place d’importantes mesures d’exonération afin de garantir l’accès aux produits de première nécessité à des prix abordables. En parallèle, la Fédération des Centres de Gestion Agréés du Mali a lancé une vaste campagne de sensibilisation pour prévenir toute spéculation sur les denrées essentielles.

Des exonérations pour stabiliser le marché

Présentée officiellement à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), cette initiative vise à sécuriser l’approvisionnement et à maintenir l’accessibilité des produits de grande consommation dont la demande augmente fortement pendant le mois sacré.

Les denrées concernées incluent notamment :

  • Le riz

  • Le sucre

  • L’huile

  • Le lait

Ces produits constituent l’essentiel du panier de la ménagère durant le Ramadan.

Appel au respect des prix plafonds

Le président de l’Association des Consommateurs du Mali (ASCOMA), Abdoul Wahab Diakité, a rappelé aux commerçants la nécessité de respecter les efforts consentis par l’État à travers ces exonérations fiscales.

De son côté, le Directeur régional du Commerce, Fousseni Bamba, a assuré que les contrôles effectués montrent un respect global des prix plafonds fixés. Dans certaines zones, le sucre serait même vendu en dessous des limites réglementaires.

Surveillance renforcée contre les pratiques spéculatives

Malgré ces constats encourageants, les autorités annoncent un renforcement des contrôles sur le terrain pour lutter contre les pratiques spéculatives persistantes.

Le président de la Fédération des Centres de Gestion Agréés, Habert Maïga, a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre l’État, les commerçants et les organisations de consommateurs. L’objectif est d’éviter que les mesures d’exonération ne profitent uniquement aux intermédiaires, au détriment des ménages.

Une synergie pour préserver le pouvoir d’achat

L’ensemble des acteurs économiques s’accorde sur la priorité : maintenir les prix plafonds afin de permettre aux fidèles de s’approvisionner sereinement pendant le Ramadan.

Dans un contexte économique marqué par des tensions sur les marchés internationaux, cette coordination vise à préserver le pouvoir d’achat des ménages maliens durant ce mois de piété et de solidarité.

Diplomatie : l’Union européenne présente sa « Nouvelle Approche » pour le Sahel à Bamako

Une délégation de haut niveau de l’Union européenne a été reçue à Bamako par le Premier ministre malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga. Au centre des discussions : la relance du partenariat entre Bruxelles et le Mali, dans le respect affiché de la souveraineté nationale et en appui à la « Vision Mali 2063 ».

Une visite placée sous le signe du dialogue

Introduite par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, la rencontre a permis à l’émissaire européen João Gomes Cravinho, accompagné de la cheffe de la délégation de l’UE au Mali, de présenter les grandes lignes de la stratégie révisée des 27 États membres pour le Sahel.

Bruxelles entend insuffler un « nouveau souffle » à sa coopération avec la région, après plusieurs années marquées par des tensions diplomatiques et un repositionnement stratégique des autorités maliennes.

Trois axes prioritaires

La « Nouvelle Approche » de l’Union européenne repose sur trois piliers :

  • La sécurité humaine, avec un accent sur la protection des populations

  • La lutte contre le terrorisme, dans un cadre de coopération redéfini

  • La résilience socio-économique, à travers le soutien au développement

L’UE affirme vouloir maintenir un engagement durable au Sahel, tout en adaptant ses mécanismes d’intervention au nouveau contexte politique régional.

Soutien à la Vision Mali 2063

João Gomes Cravinho a assuré que l’Union européenne respectera les principes directeurs formulés par les autorités de la Transition. Il a également évoqué la mise à disposition d’outils concrets pour accompagner la mise en œuvre de la « Vision Mali 2063 », document stratégique visant l’émergence et la transformation structurelle du pays.

La souveraineté au cœur du discours malien

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a salué cette initiative, tout en réaffirmant la doctrine diplomatique du Mali : ouverture à tous les partenaires, à condition du respect strict de la souveraineté nationale, des choix stratégiques et des intérêts du peuple malien.

Dans un message adressé aux capitales européennes, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’un partenariat fondé sur le respect mutuel et l’égalité.

Vers un nouveau chapitre entre Bamako et Bruxelles ?

Cette audience pourrait marquer une étape importante dans la redéfinition des relations entre le Mali et l’Union européenne. Si les principes évoqués sont traduits en actes, la coopération pourrait se relancer autour de projets structurants dans les domaines sécuritaire, économique et institutionnel.

Reste à savoir si cette « Nouvelle Approche » permettra d’instaurer un partenariat stabilisé et durable dans un contexte régional en pleine recomposition.

CAF Champions League : le Stade Malien affrontera Mamelodi Sundowns en quarts de finale

Le tirage au sort des quarts de finale de la CAF Champions League et de la Coupe de la Confédération s’est déroulé ce mardi 17 février 2026 au Caire. Seul représentant malien encore en lice, le Stade Malien de Bamako défiera les Sud-Africains de Mamelodi Sundowns, finalistes de la dernière édition.

Un exploit historique pour le Stade Malien

Pour sa première participation à la phase de poules de la Ligue des champions africaine, le Stade Malien a signé une performance remarquable en terminant premier de son groupe. Une qualification historique qui confirme la montée en puissance du club bamakois sur la scène continentale.

Les Blancs se retrouvent désormais face à l’un des géants du football africain.

Un défi de taille face aux Sundowns

Mamelodi Sundowns figure parmi les clubs les plus performants et les mieux structurés du continent ces dernières années. Habitués aux joutes africaines et dotés d’un effectif expérimenté, les Sud-Africains partent logiquement favoris.

Malgré l’écart budgétaire, le Stade Malien a déjà démontré en phase de groupes sa capacité à rivaliser avec des équipes mieux classées. L’entraîneur Mauril Ndjoya pourra compter sur l’avantage de recevoir au match retour pour tenter de créer l’exploit.

Les quarts de finale se joueront en double confrontation :

  • Matchs aller : 13 au 15 mars 2026

  • Matchs retour : 20 au 22 mars 2026

Les affiches complètes des quarts de finale

🔵 CAF Champions League

  • Mamelodi Sundowns vs Stade Malien (Bamako)

  • RS Berkane vs Al Hilal

  • ASFAR vs Pyramids

  • ES Tunis vs Al Ahly

🟢 Coupe de la Confédération CAF

  • Al Masry SC vs CR Belouizdad

  • OC Safi vs Wydad Casablanca

  • Otoho d’Oyo vs Zamalek

  • AS Maniema Union vs USM Alger

Un rendez-vous crucial pour le football malien

La qualification du Stade Malien à ce stade de la compétition constitue un signal fort pour le football malien, qui cherche à retrouver une place de choix sur la scène africaine.

Face à un adversaire redoutable, les Bamakois auront l’opportunité d’écrire une nouvelle page de leur histoire.

Drame sur le lac Débo : plusieurs morts dans le naufrage d’une pinasse entre Tonka et Mopti

Un grave accident fluvial s’est produit lundi 16 février 2026 sur le lac Débo, dans la région de Mopti. Une pinasse reliant Tonka à Mopti a chaviré en pleine traversée, provoquant plusieurs pertes en vies humaines, selon un bilan provisoire.

Une embarcation surprise par de violentes rafales

D’après des sources locales, l’embarcation aurait été prise dans de fortes rafales de vent dans l’après-midi. Le lac, agité par les intempéries, aurait rendu la navigation particulièrement dangereuse.

La pinasse, décrite comme lourdement chargée, n’aurait pas résisté aux vagues et aurait chaviré au milieu du plan d’eau.

Bilan provisoire et recherches en cours

Le nombre exact de victimes n’a pas encore été officiellement confirmé. Les opérations de recherche et de secours se poursuivent, mobilisant les populations riveraines ainsi que les autorités compétentes.

Des équipes sont engagées pour tenter de retrouver d’éventuels survivants et repêcher les corps des disparus.

La sécurité fluviale à nouveau questionnée

Ce drame relance les inquiétudes sur les conditions de navigation sur les grands plans d’eau du Mali, notamment en période de vents violents.

Chaque année, des accidents similaires surviennent en raison :

  • De la surcharge des embarcations

  • Du manque d’équipements de sécurité (gilets de sauvetage)

  • Des conditions météorologiques imprévisibles

Le lac Débo, vaste étendue d’eau du delta intérieur du Niger, constitue un axe de transport essentiel pour les populations locales.

Les autorités pourraient être amenées à renforcer les mesures de contrôle et de prévention afin d’éviter de nouveaux drames.

Sécurité routière à Bamako : plus de 800 motos mises en fourrière sur les ponts de la capitale

La Police nationale du Mali a lancé, le 31 janvier 2026, une opération d’envergure contre l’incivisme routier sur les trois principaux ponts de Bamako. Objectif : faire respecter l’obligation pour les engins à deux roues d’emprunter les pistes qui leur sont réservées et réduire les risques d’accidents sur ces axes stratégiques.

Passage de la sensibilisation à la fermeté

Après plusieurs mois de campagnes de sensibilisation à l’endroit des motocyclistes et conducteurs de cyclomoteurs, les autorités ont décidé de passer à une phase répressive. L’opération est conduite par le Groupement de la Sécurité routière (GSR), sous l’impulsion du Commissaire divisionnaire Panama Dembélé.

Selon la Direction générale de la Police nationale, cette nouvelle étape se caractérise par l’application rigoureuse des textes législatifs et réglementaires en vigueur.

Des infractions persistantes sur les ponts

Malgré les rappels répétés, de nombreux usagers à deux roues continuent d’emprunter les voies réservées aux véhicules automobiles et aux poids lourds. Ces comportements sont considérés comme dangereux par les autorités, car ils :

  • Perturbent la fluidité du trafic

  • Augmentent le risque de collisions

  • Exposent les conducteurs à des accidents graves

Les ponts de Bamako constituent des axes à forte densité de circulation, particulièrement sensibles aux embouteillages et aux accidents.

Plus de 800 engins saisis en deux semaines

Entre le 31 janvier et le 14 février 2026, le dispositif sécuritaire a permis la mise en fourrière de plus de 800 engins à deux roues.

L’opération a reçu la visite du Directeur général de la Police nationale, le Contrôleur général Youssouf Koné, qui a salué l’engagement des équipes sur le terrain.

Une volonté affichée de restaurer l’ordre routier

Cette action s’inscrit dans la politique sécuritaire portée par le ministère de la Sécurité et de la Protection civile. Les autorités entendent restaurer l’ordre public sur les axes stratégiques de la capitale et réduire le nombre d’accidents de la circulation, souvent aux conséquences dramatiques.

La Police nationale annonce que ces opérations se poursuivront régulièrement dans l’ensemble du périmètre urbain de Bamako afin d’ancrer durablement un changement de comportement chez les usagers.

Libye : 15 ans après le 17 février 2011, un pays toujours divisé

Quinze ans après le soulèvement du 17 février 2011 qui a conduit à la chute du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye demeure profondément fragmentée sur les plans politique, institutionnel et économique. Cet anniversaire intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par l’assassinat récent de Saïf al-Islam Kadhafi et par de nouvelles initiatives onusiennes pour relancer le processus électoral.

Le 17 février, une date hautement symbolique

Le 17 février reste associé au début du soulèvement populaire qui a mis fin à plus de quarante ans de Jamahiriya. Sous Kadhafi, le 1er septembre symbolisait la révolution de 1969 ; sous la monarchie, le 24 décembre marquait l’indépendance. Aujourd’hui, le 17 février constitue l’un des derniers repères symboliques d’unité nationale.

Cependant, quinze ans plus tard, la portée de cette date semble s’éroder face aux difficultés économiques et aux divisions politiques persistantes.

Une société fragilisée par les crises successives

Des analystes soulignent que les préoccupations quotidiennes – inflation, dégradation du pouvoir d’achat et accès limité aux services – dominent désormais les priorités des Libyens.

La classe moyenne s’est considérablement affaiblie au fil des années, accentuant les inégalités entre ceux qui bénéficient du système actuel et ceux qui en subissent les conséquences. Dans ce contexte, la célébration du 17 février tend à devenir un événement davantage institutionnel que populaire.

À Tripoli, les autorités organisent régulièrement des manifestations publiques sur la place des Martyrs, mais chaque camp politique utilise l’anniversaire pour consolider sa légitimité.

Une division institutionnelle persistante

Depuis 2014, la Libye est divisée entre deux pôles de pouvoir :

  • À l’ouest, le Gouvernement d’union nationale (GUN) dirigé par Abdulhamid Dabaiba, reconnu par l’ONU et basé à Tripoli.

  • À l’est, une autorité parallèle soutenue par la Chambre des représentants et liée au maréchal Khalifa Haftar, dont les forces contrôlent de vastes territoires.

L’Armée nationale libyenne (ANL) conserve une forte influence dans l’est et le sud du pays. La consolidation du pouvoir autour du cercle familial de Haftar illustre la structuration progressive d’un appareil sécuritaire autonome.

L’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, un nouveau facteur d’instabilité

L’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, intervenu début février à Zintan, a ravivé les tensions. Bien que politiquement affaibli et visé par un mandat de la Cour pénale internationale, il conservait une influence symbolique dans certaines régions, notamment au sud.

Sa mort intervient alors que des contacts indirects auraient été engagés entre cercles proches de Tripoli et de Benghazi, dans un contexte de tentative de rapprochement soutenu par des acteurs internationaux.

Une feuille de route onusienne sous surveillance

La représentante spéciale de l’ONU, Hanna Tetteh, a récemment présenté une feuille de route axée sur :

  • L’adoption d’un cadre juridique électoral crédible

  • L’unification des institutions

  • Un dialogue structuré sur la gouvernance et la réconciliation

Le maréchal Haftar a exprimé son soutien à ce processus, mais les obstacles institutionnels demeurent nombreux.

Une économie dépendante du pétrole

Sur le plan économique, la Libye a enregistré une croissance significative en 2025, principalement grâce au secteur pétrolier, avec une production moyenne d’environ 1,3 million de barils par jour.

Malgré ces performances, la dépendance aux hydrocarbures reste forte. Les tensions monétaires récentes et les difficultés d’accès aux devises étrangères traduisent une fragilité persistante.

Le dernier appel d’offres de la Compagnie nationale de pétrole (NOC), le premier depuis 2008, a suscité un intérêt mesuré des investisseurs, reflétant la prudence des opérateurs face à l’incertitude politique.

Une transition toujours inachevée

Quinze ans après la chute du régime, la Libye demeure à la croisée des chemins. Le 17 février conserve une dimension symbolique forte, mais il s’inscrit désormais dans une réalité marquée par la fragmentation institutionnelle, les rivalités régionales et les incertitudes économiques.

Entre mémoire révolutionnaire et quête de stabilité, la transition libyenne reste une équation ouverte.

AES : Tiken Jah Fakoly critique la trajectoire des transitions au Mali, au Niger et au Burkina Faso

L’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly a pris ses distances avec les autorités des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Dans une interview accordée à un média international, le chanteur engagé a exprimé son souhait de voir l’organisation d’élections au Mali, au Niger et au Burkina Faso afin de mettre fin aux transitions en cours.

Une prise de position qui fait débat

Connu pour son engagement panafricaniste et ses prises de position en faveur de l’unité africaine, Doumbia Moussa Fakoly, alias Tiken Jah, avait initialement apporté son soutien aux autorités issues des changements politiques intervenus dans les trois pays.

Mais dans une récente déclaration largement relayée sur les réseaux sociaux, l’artiste a exprimé ses réserves sur l’évolution politique actuelle au sein de l’AES.

« J’aurais préféré que tous les pays ouest-africains restent ensemble », a-t-il notamment déclaré, estimant que l’unité affichée par les trois États membres ne devait pas se substituer à un retour à l’ordre constitutionnel.

L’appel à des élections

Tiken Jah Fakoly affirme avoir soutenu les transitions dans l’optique d’une période transitoire débouchant sur des élections démocratiques. Selon lui, l’organisation de scrutins permettrait de consolider la légitimité des dirigeants actuels.

« Mon espoir est que les dirigeants de l’AES aillent et gagnent les élections », a-t-il déclaré, ajoutant que cela faciliterait le dialogue avec l’ensemble des partenaires internationaux.

L’artiste a également évoqué un climat de division interne dans les pays concernés, estimant que les débats politiques sont devenus polarisés.

Réactions contrastées au sein de l’opinion

Ces déclarations ont suscité de vives réactions, notamment parmi les soutiens des autorités de transition au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Certains internautes ont exprimé leur incompréhension face à ce changement de posture, rappelant les prises de position antérieures de l’artiste en faveur des nouvelles autorités.

D’autres, en revanche, saluent ce qu’ils considèrent comme un appel à la cohérence démocratique.

Un débat plus large sur l’avenir de l’AES

La sortie médiatique de Tiken Jah Fakoly intervient dans un contexte où l’Alliance des États du Sahel poursuit sa structuration politique et institutionnelle. Les calendriers électoraux et la durée des transitions restent des sujets sensibles dans la région.

Au-delà de la polémique, cette prise de position relance le débat sur l’équilibre entre souveraineté, stabilité sécuritaire et retour à l’ordre constitutionnel dans les pays membres de l’AES.

Niger–Algérie : la visite du général Tiani à Alger marque un apaisement diplomatique

Le Président nigérien, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, effectue les 15 et 16 février 2026 une visite officielle en Algérie, à l’invitation du président Abdelmadjid Tebboune. Ce déplacement intervient après plusieurs mois de tensions diplomatiques liées à un incident sécuritaire survenu en avril 2025.

Retour des ambassadeurs : un signal fort de normalisation

Le 12 février 2026, les deux pays ont simultanément rétabli leurs relations diplomatiques au niveau des ambassadeurs. L’ambassadeur du Niger à Alger a repris ses fonctions, tandis que le président Tebboune a ordonné le retour immédiat de l’ambassadeur d’Algérie à Niamey.

Dans un communiqué officiel, Alger a présenté cette décision comme une volonté de renforcer les « relations de fraternité, de coopération et de bon voisinage ».

La visite du général Tiani s’inscrit dans cette dynamique de relance des relations bilatérales.

Retour sur la crise d’avril 2025

Les tensions avaient éclaté dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025 après la destruction d’un drone armé de type Baykar Akıncı près de la frontière algérienne. L’Algérie avait justifié cette action par la protection de son espace aérien, tandis que le Mali avait contesté cette version.

En réaction, les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Mali, Burkina Faso et Niger – avaient rappelé leurs ambassadeurs accrédités à Alger. L’Algérie avait ensuite rappelé ses représentants diplomatiques au Mali et au Niger.

La synchronisation des retours diplomatiques en février 2026 marque ainsi une étape formelle vers l’apaisement.

Une visite stratégique dans un contexte sahélo-saharien sensible

Selon les communiqués officiels, la visite vise à :

  • Consolider les relations bilatérales

  • Relancer la coopération multiforme

  • Examiner les enjeux politiques africains et sahélo-sahariens

  • Concrétiser des projets stratégiques communs

Cette normalisation intervient alors que l’AES affirme progressivement sa structuration politique, sécuritaire et économique.

Quels impacts pour l’AES ?

La reprise du dialogue entre Alger et Niamey ne constitue pas nécessairement une remise en cause de l’Alliance des États du Sahel. Elle introduit cependant une nouvelle configuration diplomatique dans la région.

L’Algérie, acteur majeur en Afrique du Nord, partage avec le Niger des préoccupations sécuritaires communes, notamment en matière de stabilité frontalière et de lutte contre les groupes armés.

L’évolution de cette relation bilatérale pourrait influencer les équilibres régionaux, notamment les interactions entre l’AES et ses voisins maghrébins.