Kayes : le couvre-feu prolongé de 30 jours

Les autorités de la région de Kayes ont décidé de maintenir le couvre-feu en vigueur afin de faire face à la situation sécuritaire toujours préoccupante. Dans une décision signée le lundi 30 mars 2026, le gouverneur, le Général de brigade Moussa Soumaré, a officialisé la prorogation de cette mesure pour une durée de 30 jours.

Le couvre-feu s’étendra du mardi 31 mars au mercredi 29 avril 2026, entre minuit et 5 heures du matin, selon une source officielle relayée par l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP).

Circulation strictement encadrée

Durant les heures concernées, la circulation des personnes et des véhicules reste strictement limitée. Seuls les engins des Forces de défense et de sécurité ainsi que les ambulances disposant d’un ordre de mission sont autorisés à circuler.

Cette mesure vise à renforcer le contrôle des déplacements nocturnes dans une région confrontée à des menaces sécuritaires persistantes.

Une décision liée au contexte sécuritaire

Les autorités justifient cette reconduction par la nécessité de maintenir la vigilance face aux risques, en référence à la décision N°000524/GRK-CAB du 1er juillet 2025.

Pour rappel, l’instauration initiale du couvre-feu faisait suite à une attaque terroriste survenue dans la ville de Kayes, qui avait conduit les autorités à renforcer les dispositifs sécuritaires.

Hommage aux forces de sécurité et aux populations

Dans son communiqué, le gouverneur Moussa Soumaré a salué l’engagement des Forces de défense et de sécurité dans la protection des populations. Il a également rendu hommage à la résilience des habitants de Kayes, confrontés à ces restrictions depuis plusieurs mois.

Cette prolongation du couvre-feu s’inscrit dans une stratégie globale visant à stabiliser la région et à prévenir toute nouvelle menace.

Mali : à Mourdiah, la jeunesse se mobilise face au blocus des groupes armés sur la RN4

Dans le sud-ouest du Mali, la situation sécuritaire à Mourdiah devient de plus en plus préoccupante. Cette localité frontalière avec la Mauritanie fait face à un blocus imposé par des groupes armés, rendant presque impraticable la Route Nationale 4 (RN4), axe vital pour l’approvisionnement des populations.

Une route stratégique sous pression

Selon plusieurs témoignages locaux, les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, contrôlent désormais l’accès à cet axe routier essentiel. Mourdiah, carrefour stratégique entre Nara et le reste du pays, se retrouve ainsi isolée.

Les conséquences sont lourdes : les activités économiques sont quasiment à l’arrêt. Le commerce, l’agriculture et l’élevage, piliers de l’économie locale, sont fortement perturbés.

Une mobilisation citoyenne face à la crise

Face à cette situation, la jeunesse de Mourdiah a décidé de s’organiser. Selon un leader local ayant requis l’anonymat, des concertations ont été menées avec les autorités coutumières, administratives et religieuses, ainsi qu’avec la société civile.

« Nous déplorons les privations auxquelles nous sommes soumis depuis plusieurs mois. La situation plonge la population dans une précarité sans précédent », a-t-il déclaré.

Cette mobilisation vise à trouver des solutions concrètes, y compris, selon certaines sources locales, l’option de discussions avec les groupes armés pour rétablir un minimum de circulation.

Déplacements et marchés à l’arrêt

La crise a également entraîné le déplacement des populations d’au moins 16 villages. Plusieurs marchés hebdomadaires, notamment à Madina Kagoro et Dalibougou, ne se tiennent plus, privant les habitants d’accès aux denrées alimentaires et au bétail.

La pénurie de carburant aggrave encore la situation. Essence et gasoil se font rares, paralysant davantage les déplacements et les activités économiques.

Une flambée des prix et une économie asphyxiée

À Nara, les effets du blocus sont déjà visibles. Les prix des denrées de base ont fortement augmenté. Le sac de riz de 50 kg, autrefois vendu entre 17 000 et 17 500 FCFA, atteint désormais 22 000 à 25 000 FCFA.

Le commerce du bétail est lui aussi en chute libre. Avant la crise, jusqu’à dix camions quittaient chaque semaine la zone pour Bamako. Aujourd’hui, il devient difficile d’en faire partir un seul.

Des routes alternatives impraticables

Face au blocage de la RN4, certains transporteurs tentent de contourner la zone en empruntant des pistes secondaires. Mais ces trajets peuvent dépasser 170 kilomètres sur des routes difficiles, augmentant les coûts et les risques.

Une urgence humanitaire grandissante

La situation à Mourdiah illustre une fois de plus les défis sécuritaires et humanitaires dans certaines régions du Mali. Entre isolement, hausse des prix et déplacements de populations, la pression s’accentue sur les communautés locales.

La mobilisation de la jeunesse apparaît aujourd’hui comme une tentative de réponse locale à une crise qui dépasse largement les capacités de la seule commune.