Kayes : le couvre-feu prolongé de 30 jours

Les autorités de la région de Kayes ont décidé de maintenir le couvre-feu en vigueur afin de faire face à la situation sécuritaire toujours préoccupante. Dans une décision signée le lundi 30 mars 2026, le gouverneur, le Général de brigade Moussa Soumaré, a officialisé la prorogation de cette mesure pour une durée de 30 jours.

Le couvre-feu s’étendra du mardi 31 mars au mercredi 29 avril 2026, entre minuit et 5 heures du matin, selon une source officielle relayée par l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP).

Circulation strictement encadrée

Durant les heures concernées, la circulation des personnes et des véhicules reste strictement limitée. Seuls les engins des Forces de défense et de sécurité ainsi que les ambulances disposant d’un ordre de mission sont autorisés à circuler.

Cette mesure vise à renforcer le contrôle des déplacements nocturnes dans une région confrontée à des menaces sécuritaires persistantes.

Une décision liée au contexte sécuritaire

Les autorités justifient cette reconduction par la nécessité de maintenir la vigilance face aux risques, en référence à la décision N°000524/GRK-CAB du 1er juillet 2025.

Pour rappel, l’instauration initiale du couvre-feu faisait suite à une attaque terroriste survenue dans la ville de Kayes, qui avait conduit les autorités à renforcer les dispositifs sécuritaires.

Hommage aux forces de sécurité et aux populations

Dans son communiqué, le gouverneur Moussa Soumaré a salué l’engagement des Forces de défense et de sécurité dans la protection des populations. Il a également rendu hommage à la résilience des habitants de Kayes, confrontés à ces restrictions depuis plusieurs mois.

Cette prolongation du couvre-feu s’inscrit dans une stratégie globale visant à stabiliser la région et à prévenir toute nouvelle menace.

Football : la RDC se qualifie pour le Mondial après 52 ans d’attente

C’est un moment historique pour le football congolais. La République démocratique du Congo s’est qualifiée pour la Coupe du monde après 52 ans d’absence, en s’imposant face à la Jamaïque (1-0 après prolongation) lors des barrages intercontinentaux disputés au Mexique.

Au stade Akron de Zapopan, les Léopards ont livré une prestation solide, dominant globalement la rencontre. Dès le début du match, Cédric Bakambu pensait ouvrir le score, mais son but a été refusé pour une position de hors-jeu.

Il a finalement fallu attendre les prolongations pour voir la délivrance. À la 100e minute, Alex Tuanzebe a inscrit l’unique but de la rencontre, offrant à tout un peuple une qualification historique pour le Mondial 2026.

Il s’agit de la deuxième participation de la RDC à une Coupe du monde, après celle de 1974 en Allemagne de l’Ouest. Une attente de plus d’un demi-siècle qui prend fin, suscitant une immense joie dans tout le pays.

Le sélectionneur Sébastien Desabre n’a pas caché son émotion après la rencontre, saluant ses joueurs et le soutien du peuple congolais. Il a notamment souligné l’importance de cette qualification pour une génération entière qui n’avait jamais connu un tel moment.

À Kinshasa, la fête a été totale. Les autorités ont même décrété une journée chômée et payée pour célébrer cet exploit. Cette qualification est également perçue comme un symbole d’unité nationale, notamment pour les populations de l’Est du pays en proie à l’insécurité.

Lors du Mondial, la RDC évoluera dans le groupe K aux côtés du Portugal, de la Colombie et de l’Ouzbékistan. Les Léopards débuteront leur campagne face au Portugal le 17 juin à Houston.

Mauritanie : malgré son abolition, l’esclavage moderne persiste encore

Plus de quarante ans après son abolition officielle, l’esclavage continue de faire des victimes en Mauritanie. Une réalité préoccupante remise en lumière alors que l’Assemblée générale des Nations unies a récemment adopté une résolution historique reconnaissant la traite des Africains et l’esclavage racialisé comme un crime contre l’humanité.

Porté par le Ghana, le texte a été adopté par 123 États, bien que certains pays, dont les États-Unis, s’y soient opposés, tandis que d’autres se sont abstenus. Cette reconnaissance internationale vise à souligner l’ampleur des injustices historiques et leurs conséquences encore visibles aujourd’hui.

En Mauritanie, l’esclavage a été aboli en 1981, puis criminalisé en 2007. Pourtant, selon plusieurs observateurs et défenseurs des droits humains, cette pratique n’a jamais totalement disparu. Des cas d’exploitation assimilables à de l’esclavage moderne continuent d’être signalés, notamment dans des zones rurales et au sein de certaines communautés vulnérables.

Des experts évoquent une « tragédie silencieuse », entretenue par des facteurs sociaux, économiques et culturels profondément enracinés. Malgré l’existence d’un cadre légal, l’application des lois reste limitée et les victimes peinent souvent à obtenir justice.

Selon les estimations historiques, plus de 15 millions d’Africains ont été déportés dans le cadre de la traite transatlantique. Aujourd’hui encore, les séquelles de cette période se manifestent à travers des inégalités persistantes et des formes contemporaines d’exploitation.

Pour les défenseurs des droits humains, la reconnaissance de l’ONU constitue une avancée symbolique importante. Toutefois, ils insistent sur la nécessité d’actions concrètes sur le terrain pour éradiquer définitivement ces pratiques.

Mali : à Mourdiah, la jeunesse se mobilise face au blocus des groupes armés sur la RN4

Dans le sud-ouest du Mali, la situation sécuritaire à Mourdiah devient de plus en plus préoccupante. Cette localité frontalière avec la Mauritanie fait face à un blocus imposé par des groupes armés, rendant presque impraticable la Route Nationale 4 (RN4), axe vital pour l’approvisionnement des populations.

Une route stratégique sous pression

Selon plusieurs témoignages locaux, les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, contrôlent désormais l’accès à cet axe routier essentiel. Mourdiah, carrefour stratégique entre Nara et le reste du pays, se retrouve ainsi isolée.

Les conséquences sont lourdes : les activités économiques sont quasiment à l’arrêt. Le commerce, l’agriculture et l’élevage, piliers de l’économie locale, sont fortement perturbés.

Une mobilisation citoyenne face à la crise

Face à cette situation, la jeunesse de Mourdiah a décidé de s’organiser. Selon un leader local ayant requis l’anonymat, des concertations ont été menées avec les autorités coutumières, administratives et religieuses, ainsi qu’avec la société civile.

« Nous déplorons les privations auxquelles nous sommes soumis depuis plusieurs mois. La situation plonge la population dans une précarité sans précédent », a-t-il déclaré.

Cette mobilisation vise à trouver des solutions concrètes, y compris, selon certaines sources locales, l’option de discussions avec les groupes armés pour rétablir un minimum de circulation.

Déplacements et marchés à l’arrêt

La crise a également entraîné le déplacement des populations d’au moins 16 villages. Plusieurs marchés hebdomadaires, notamment à Madina Kagoro et Dalibougou, ne se tiennent plus, privant les habitants d’accès aux denrées alimentaires et au bétail.

La pénurie de carburant aggrave encore la situation. Essence et gasoil se font rares, paralysant davantage les déplacements et les activités économiques.

Une flambée des prix et une économie asphyxiée

À Nara, les effets du blocus sont déjà visibles. Les prix des denrées de base ont fortement augmenté. Le sac de riz de 50 kg, autrefois vendu entre 17 000 et 17 500 FCFA, atteint désormais 22 000 à 25 000 FCFA.

Le commerce du bétail est lui aussi en chute libre. Avant la crise, jusqu’à dix camions quittaient chaque semaine la zone pour Bamako. Aujourd’hui, il devient difficile d’en faire partir un seul.

Des routes alternatives impraticables

Face au blocage de la RN4, certains transporteurs tentent de contourner la zone en empruntant des pistes secondaires. Mais ces trajets peuvent dépasser 170 kilomètres sur des routes difficiles, augmentant les coûts et les risques.

Une urgence humanitaire grandissante

La situation à Mourdiah illustre une fois de plus les défis sécuritaires et humanitaires dans certaines régions du Mali. Entre isolement, hausse des prix et déplacements de populations, la pression s’accentue sur les communautés locales.

La mobilisation de la jeunesse apparaît aujourd’hui comme une tentative de réponse locale à une crise qui dépasse largement les capacités de la seule commune.