Dakar-Paris : Macron dépêche un émissaire pour réclamer 20 milliards F CFA d’impayés

Le Sénégal entame le mois de mars 2026 dans une situation budgétaire particulièrement tendue. Selon Le Quotidien, l’État doit faire face à un remboursement total de 747 milliards de francs CFA, dont 221 milliards FCFA d’Eurobonds à honorer en priorité.

Un retard de paiement pourrait exposer le pays à un défaut souverain, une dégradation de sa notation financière par des agences comme Moody’s ou Standard & Poor’s, et compromettre durablement son accès aux marchés internationaux.

Priorité aux Eurobonds, dettes bilatérales gelées

Avec des recettes fiscales mensuelles estimées à environ 360 milliards FCFA, le gouvernement ne peut couvrir simultanément toutes ses échéances.

Pour éviter un incident sur les Eurobonds, le Trésor sénégalais aurait choisi une stratégie de hiérarchisation des paiements, mettant temporairement en attente certaines dettes bilatérales.

Cette décision crée des tensions diplomatiques :

  • AFD (France) : 20 milliards FCFA impayés depuis deux mois

  • China Eximbank

  • Créanciers turcs et britanniques

Face à la situation, l’Élysée a dépêché à Dakar son conseiller Afrique, Jeremy Robert, pour des discussions avec le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko.

Bras de fer avec le FMI

Alors que plusieurs créanciers soutiennent l’option d’une restructuration de la dette, recommandée par le Fonds monétaire international (FMI), le Premier ministre Ousmane Sonko s’y oppose fermement.

Il considère cette solution comme :

  • Une atteinte à la souveraineté nationale

  • Un risque de retour aux politiques d’ajustement structurel

Le pari du redressement interne

Pour éviter une restructuration formelle, le gouvernement mise sur :

  • Le Programme de redressement économique et social (PRES)

  • Une intensification de la mobilisation fiscale

  • Des levées régulières sur le marché régional de l’UEMOA

La participation active de souscripteurs togolais aux émissions du Trésor sénégalais attire d’ailleurs l’attention des observateurs financiers.

Un mois décisif pour Dakar

Le mois de mars 2026 apparaît comme un test majeur pour la crédibilité financière du Sénégal.
Entre gestion de trésorerie, tensions diplomatiques et arbitrages souverainistes, les choix opérés par Dakar pourraient redéfinir ses relations avec ses partenaires internationaux et les institutions financières.

Zelensky critique ouvertement Trump: “Les Ukrainiens ne pardonneront jamais cela”

Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, Donald Trump tente d’imposer un accord de paix à l’Ukraine par des “pressions disproportionnées”. À ses yeux, la population ukrainienne n’acceptera jamais de céder une partie de son territoire et ne pardonnera jamais aux États-Unis de la forcer à aller dans ce sens.

 

Lors d’une interview accordée au site d’information américain Axios et publiée mardi, le président ukrainien a adopté une position ferme: tout plan de paix contraignant l’Ukraine à céder des territoires non occupés dans l’est du Donbass serait voué à l’échec. Si un tel plan était soumis à référendum, il serait rejeté sans hésitation, prédit-il.

Zelensky juge en outre “injuste” que Trump appelle publiquement l’Ukraine, et non la Russie, à faire des concessions lors des négociations de paix. Le président américain a en effet laissé entendre à deux reprises ces derniers jours qu’il appartenait à l’Ukraine et à Zelensky de prendre des mesures afin que les négociations aboutissent. “L’Ukraine ferait mieux de s’asseoir rapidement à la table des négociations. C’est tout ce que je dis”, a déclaré Trump aux journalistes à bord d’Air Force One lundi, alors que la Maison-Blanche fait tout pour conclure un accord lui permettant de faire affaire avec Moscou.

“J’espère qu’il ne s’agit que d’une tactique et non d’une décision définitive”, a déclaré Zelensky lors d’un entretien téléphonique, qui s’est déroulé alors que des négociateurs russes, ukrainiens et américains se réunissaient à Genève.

Selon Axios, Zelensky a suggéré qu’il serait peut-être plus facile de faire pression sur l’Ukraine que sur le Kremlin. Malgré ces difficultés, le président ukrainien est resté diplomate: il a remercié Trump pour ses efforts en faveur de la paix et a souligné que les discussions avec les envoyés américains Steve Witkoff et son gendre Jared Kushner s’étaient déroulées sur un pied d’égalité. “Nous nous respectons mutuellement”, a déclaré Zelensky, ajoutant sur un ton combatif: “Je ne suis pas quelqu’un qui cède sous la pression.”

Les envoyés américains Jared Kushner et Steve Witkoff.

Les envoyés américains Jared Kushner et Steve Witkoff. © REUTERS

La sempiternelle question du Donbass

Le principal point d’achoppement demeure le Donbass. La Russie contrôle actuellement 88% de la région, mais un transfert total de ce territoire riche en ressources naturelles serait inacceptable pour les Ukrainiens s’il était soumis à référendum.

“Émotionnellement, les gens ne pardonneront jamais cela. Jamais. Ils ne me pardonneront pas, et pas davantage aux États-Unis”, a averti Zelensky avec véhémence. Il a également souligné que les Ukrainiens “ne comprennent pas pourquoi” on leur demanderait de céder encore davantage de territoires. “C’est notre terre”, a-t-il insisté.

Volodymyr Zelensky et Donald Trump se serrant la main en décembre dernier à Mar-a-Lago, la résidence du président américain en Floride.

Volodymyr Zelensky et Donald Trump se serrant la main en décembre dernier à Mar-a-Lago, la résidence du président américain en Floride. © AP

Zelensky a de nouveau plaidé pour un gel des opérations sur les lignes de front actuelles. “Si nous stipulons clairement que nous resterons où nous en sommes, sur la ligne de front actuelle, alors je pense que la population approuvera cette mesure lors d’un référendum.”

Affaire Epstein : le frère de Jeffrey Epstein évoque un « assassinat » et accuse le ministère de la Justice

Plus de six ans après la mort de Jeffrey Epstein en prison, son frère Mark Epstein relance la controverse. Invité de BFMTV, il a affirmé que le financier américain n’aurait pas mis fin à ses jours en août 2019, mais aurait été victime d’un homicide dissimulé par les autorités américaines.

Une thèse contestée par la version officielle

Jeffrey Epstein avait été retrouvé mort le 10 août 2019 dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center de New York, où il était détenu dans l’attente de son procès pour trafic sexuel de mineures. Le rapport officiel avait conclu à un suicide par pendaison.

Depuis plusieurs années, Mark Epstein conteste cette version. Il affirme aujourd’hui disposer d’éléments supplémentaires étayant la thèse d’un meurtre.

Sur BFMTV, il a déclaré : « J’accuse le ministère de la Justice d’avoir dissimulé le meurtre de Jeffrey. »

Des zones d’ombre soulevées

Mark Epstein met en avant plusieurs éléments qu’il juge troublants :

  • Les conclusions contestées de certains médecins légistes présents lors de l’autopsie

  • Des images de vidéosurveillance jugées incomplètes

  • Des dysfonctionnements au sein de l’établissement pénitentiaire

Le docteur Michael Baden, médecin légiste ayant assisté à l’autopsie à la demande de la famille, a lui aussi exprimé des doutes sur la thèse du suicide, évoquant publiquement la possibilité d’une strangulation.

Toutefois, les autorités fédérales américaines ont maintenu leur conclusion officielle.

Une enquête indépendante annoncée

Selon Mark Epstein, une enquête indépendante aurait été menée et conclurait à un homicide. Les résultats complets ne sont pas encore rendus publics.

L’affaire Epstein continue d’alimenter de nombreuses spéculations, en raison notamment des relations du financier avec des personnalités politiques et économiques influentes aux États-Unis et à l’international.

Une affaire toujours sensible aux États-Unis

La mort de Jeffrey Epstein avait déjà suscité un vaste débat public en 2019, notamment en raison de défaillances reconnues dans la surveillance carcérale.

Malgré les controverses, aucune preuve officielle n’a, à ce jour, remis en cause la conclusion judiciaire d’un suicide.

Libye : 15 ans après le 17 février 2011, un pays toujours divisé

Quinze ans après le soulèvement du 17 février 2011 qui a conduit à la chute du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye demeure profondément fragmentée sur les plans politique, institutionnel et économique. Cet anniversaire intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par l’assassinat récent de Saïf al-Islam Kadhafi et par de nouvelles initiatives onusiennes pour relancer le processus électoral.

Le 17 février, une date hautement symbolique

Le 17 février reste associé au début du soulèvement populaire qui a mis fin à plus de quarante ans de Jamahiriya. Sous Kadhafi, le 1er septembre symbolisait la révolution de 1969 ; sous la monarchie, le 24 décembre marquait l’indépendance. Aujourd’hui, le 17 février constitue l’un des derniers repères symboliques d’unité nationale.

Cependant, quinze ans plus tard, la portée de cette date semble s’éroder face aux difficultés économiques et aux divisions politiques persistantes.

Une société fragilisée par les crises successives

Des analystes soulignent que les préoccupations quotidiennes – inflation, dégradation du pouvoir d’achat et accès limité aux services – dominent désormais les priorités des Libyens.

La classe moyenne s’est considérablement affaiblie au fil des années, accentuant les inégalités entre ceux qui bénéficient du système actuel et ceux qui en subissent les conséquences. Dans ce contexte, la célébration du 17 février tend à devenir un événement davantage institutionnel que populaire.

À Tripoli, les autorités organisent régulièrement des manifestations publiques sur la place des Martyrs, mais chaque camp politique utilise l’anniversaire pour consolider sa légitimité.

Une division institutionnelle persistante

Depuis 2014, la Libye est divisée entre deux pôles de pouvoir :

  • À l’ouest, le Gouvernement d’union nationale (GUN) dirigé par Abdulhamid Dabaiba, reconnu par l’ONU et basé à Tripoli.

  • À l’est, une autorité parallèle soutenue par la Chambre des représentants et liée au maréchal Khalifa Haftar, dont les forces contrôlent de vastes territoires.

L’Armée nationale libyenne (ANL) conserve une forte influence dans l’est et le sud du pays. La consolidation du pouvoir autour du cercle familial de Haftar illustre la structuration progressive d’un appareil sécuritaire autonome.

L’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, un nouveau facteur d’instabilité

L’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, intervenu début février à Zintan, a ravivé les tensions. Bien que politiquement affaibli et visé par un mandat de la Cour pénale internationale, il conservait une influence symbolique dans certaines régions, notamment au sud.

Sa mort intervient alors que des contacts indirects auraient été engagés entre cercles proches de Tripoli et de Benghazi, dans un contexte de tentative de rapprochement soutenu par des acteurs internationaux.

Une feuille de route onusienne sous surveillance

La représentante spéciale de l’ONU, Hanna Tetteh, a récemment présenté une feuille de route axée sur :

  • L’adoption d’un cadre juridique électoral crédible

  • L’unification des institutions

  • Un dialogue structuré sur la gouvernance et la réconciliation

Le maréchal Haftar a exprimé son soutien à ce processus, mais les obstacles institutionnels demeurent nombreux.

Une économie dépendante du pétrole

Sur le plan économique, la Libye a enregistré une croissance significative en 2025, principalement grâce au secteur pétrolier, avec une production moyenne d’environ 1,3 million de barils par jour.

Malgré ces performances, la dépendance aux hydrocarbures reste forte. Les tensions monétaires récentes et les difficultés d’accès aux devises étrangères traduisent une fragilité persistante.

Le dernier appel d’offres de la Compagnie nationale de pétrole (NOC), le premier depuis 2008, a suscité un intérêt mesuré des investisseurs, reflétant la prudence des opérateurs face à l’incertitude politique.

Une transition toujours inachevée

Quinze ans après la chute du régime, la Libye demeure à la croisée des chemins. Le 17 février conserve une dimension symbolique forte, mais il s’inscrit désormais dans une réalité marquée par la fragmentation institutionnelle, les rivalités régionales et les incertitudes économiques.

Entre mémoire révolutionnaire et quête de stabilité, la transition libyenne reste une équation ouverte.

Niger–Algérie : la visite du général Tiani à Alger marque un apaisement diplomatique

Le Président nigérien, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, effectue les 15 et 16 février 2026 une visite officielle en Algérie, à l’invitation du président Abdelmadjid Tebboune. Ce déplacement intervient après plusieurs mois de tensions diplomatiques liées à un incident sécuritaire survenu en avril 2025.

Retour des ambassadeurs : un signal fort de normalisation

Le 12 février 2026, les deux pays ont simultanément rétabli leurs relations diplomatiques au niveau des ambassadeurs. L’ambassadeur du Niger à Alger a repris ses fonctions, tandis que le président Tebboune a ordonné le retour immédiat de l’ambassadeur d’Algérie à Niamey.

Dans un communiqué officiel, Alger a présenté cette décision comme une volonté de renforcer les « relations de fraternité, de coopération et de bon voisinage ».

La visite du général Tiani s’inscrit dans cette dynamique de relance des relations bilatérales.

Retour sur la crise d’avril 2025

Les tensions avaient éclaté dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025 après la destruction d’un drone armé de type Baykar Akıncı près de la frontière algérienne. L’Algérie avait justifié cette action par la protection de son espace aérien, tandis que le Mali avait contesté cette version.

En réaction, les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Mali, Burkina Faso et Niger – avaient rappelé leurs ambassadeurs accrédités à Alger. L’Algérie avait ensuite rappelé ses représentants diplomatiques au Mali et au Niger.

La synchronisation des retours diplomatiques en février 2026 marque ainsi une étape formelle vers l’apaisement.

Une visite stratégique dans un contexte sahélo-saharien sensible

Selon les communiqués officiels, la visite vise à :

  • Consolider les relations bilatérales

  • Relancer la coopération multiforme

  • Examiner les enjeux politiques africains et sahélo-sahariens

  • Concrétiser des projets stratégiques communs

Cette normalisation intervient alors que l’AES affirme progressivement sa structuration politique, sécuritaire et économique.

Quels impacts pour l’AES ?

La reprise du dialogue entre Alger et Niamey ne constitue pas nécessairement une remise en cause de l’Alliance des États du Sahel. Elle introduit cependant une nouvelle configuration diplomatique dans la région.

L’Algérie, acteur majeur en Afrique du Nord, partage avec le Niger des préoccupations sécuritaires communes, notamment en matière de stabilité frontalière et de lutte contre les groupes armés.

L’évolution de cette relation bilatérale pourrait influencer les équilibres régionaux, notamment les interactions entre l’AES et ses voisins maghrébins.

Burkina Faso : « Plusieurs dizaines de terroristes neutralisés » après l’attaque d’une ville dans le nord du pays

– La situation à Titao est calme et sous contrôle dans la ville de Titao (nord), selon l’armée

« Plusieurs dizaines de terroristes ont été neutralisés » samedi, en riposte à une attaque terroriste ayant visé la ville de Titao, située à plus de 200 km au nord du Burkina Faso, a annoncé dimanche soir, le porte-parole de l’armée burkinabè, le lieutenant-colonel Aziz Ouédraogo à la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB, publique).

Le porte-parole de l’armée burkinabè a expliqué que le samedi « 14 février nous avons enregistré des attaques multiples au niveau de cette ville (de Titao) et ces attaques font suite à des opérations d’envergure que nous menons dans le groupement de forces pour la sécurisation du Nord et celui du Sahel ».

« Vous avez vu les images, nous leur avons infligé une lourde défaite avec la neutralisation de plusieurs dizaines d’entre eux », a-t-il dit soulignant que certains terroristes s’étaient dirigés vers la ville uniquement à des fins de propagande en mettant le feu à des étals dans le marché.

« Mais le résultat est là. Ils ont croisé le fer avec nos hommes, nous leur avons infligé une défaite et ceux qui ont pris la poudre d’escampette, les vecteurs aériens les ont rattrapés et encore une fois nous leur avons infligé une lourde de perte. Donc la situation à Titao est calme et sous contrôle grâce à la détermination au professionnalisme et à l’engagement de nos hommes », a-t-il assuré.

Il a précisé que les forces de défense et de sécurité burkinabè ont également mené plusieurs opérations offensives contre les groupes armés terroristes courant février dans plusieurs localités du Burkina Faso.

« Quant aux actions offensives que nous menons sur le terrain ; il faut dire que nous avons changé de doctrine. Nos unités ont changé de posture et nous traquons l’ennemi partout où il se trouve jusque dans ces derniers retranchements », a soutenu le lieutenant-colonel Aziz Ouédraogo, soulignant « une recrudescence de de l’usage des drones largueur de projectile » par les terroristes.

Ces opérations antiterroristes du mois de février sur le territoire burkinabè se sont soldées par la neutralisation « de centaines de terroristes, des dizaines de bases détruites, un important arsenal de guerre récupéré », selon l’armée burkinabè.

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Mali–France : Bamako refuse toute négociation pour la libération d’un agent français détenu depuis août 2025

Les autorités maliennes maintiennent leur position dans l’affaire de l’agent français arrêté à Bamako en août 2025. Soupçonné d’implication dans une tentative de déstabilisation contre le régime du général Assimi Goïta, l’officier de renseignement français demeure détenu depuis près de six mois, sans perspective immédiate de négociation.

Une arrestation sensible au cœur des tensions Mali–France

Arrêté le 14 août 2025, Yann V., officiellement diplomate en poste à l’ambassade de France à Bamako, est accusé par les autorités maliennes d’avoir participé à une tentative de déstabilisation impliquant plusieurs militaires maliens également incarcérés.

Les autorités de la Transition considèrent l’affaire comme relevant de la sécurité nationale. De son côté, Paris conteste fermement les accusations et réclame la libération immédiate de son ressortissant, estimant qu’il bénéficiait d’un statut diplomatique conforme à la Convention de Vienne de 1961.

Une crise diplomatique persistante

Cette détention intervient dans un contexte déjà marqué par une dégradation profonde des relations entre Bamako et Paris. Les autorités françaises dénoncent des accusations infondées, tandis que le gouvernement malien adopte une posture de fermeté et rejette toute pression extérieure.

L’affaire ravive également le souvenir d’un précédent épisode régional impliquant des agents français détenus au Sahel, ce qui accentue la sensibilité diplomatique du dossier.

Un dossier à forte portée géopolitique

Au-delà du cas individuel, cette affaire illustre la recomposition des équilibres politiques et sécuritaires au Mali depuis la prise de pouvoir des autorités de la Transition. Elle pourrait peser durablement sur les relations bilatérales et la coopération sécuritaire entre les deux pays.

À ce stade, aucune médiation officielle n’a été annoncée, et les autorités maliennes semblent privilégier une gestion strictement souveraine du dossier.

Lutte contre les groupes djihadistes : 200 soldats américains arrivent au Nigeria
Les Etats-Unis vont envoyer 200 soldats au Nigeria pour former l’armée face aux groupes jihadistes. Ce renfort intervient malgré des tensions diplomatiques sur les violences religieuses. 

 

Les Etats-Unis vont déployer 200 soldats supplémentaires au Nigeria pour former l’armée dans sa lutte contre les groupes jihadistes, ont indiqué mardi 10 février des responsables des deux pays, confirmant un renforcement de la coopération militaire.
« Nous aurons des troupes américaines pour aider à la formation et au soutien technique », a déclaré à l’AFP le général Samaila Uba, porte-parole de l’armée nigériane. Selon le Wall Street Journal, ces renforts compléteront une petite équipe déjà présente pour appuyer le ciblage des frappes aériennes.

Former et appuyer les forces nigérianes

Les 200 militaires, attendus dans les prochaines semaines, doivent aider leurs homologues à mieux coordonner opérations terrestres et frappes aériennes. Une porte-parole du commandement américain pour l’Afrique a confirmé l’information.
A Noël, des frappes américaines avaient visé des combattants liés au groupe Etat islamique (EI) dans l’Etat de Sokoto. L’armée nigériane avait ensuite indiqué s’appuyer sur des renseignements américains pour mener ses propres opérations.

Pressions et insécurité persistante

Ce déploiement intervient alors que Washington dénonce des violences que le président Donald Trump qualifie de « génocide » et de « persécution » des chrétiens, accusations rejetées par Abuja et par des experts.
Le Nigeria, confronté depuis 2009 à une insurrection jihadiste dans le nord-est, fait aussi face à des groupes armés dits « bandits » dans le nord-ouest et le centre-nord.
……..Africa Radio 

Source : Africa Radio

Niger : une vingtaine de terroristes « neutralisés » dans l’ouest du pays (armée)
Les Forces de défense et de sécurité (FDS) nigériennes ont déclaré mercredi avoir « neutralisé » une vingtaine de terroristes ayant attaqué leur position à Makalondi, dans la région de Tillabéry (ouest), proche de la frontière avec le Burkina Faso.
Selon le bulletin hebdomadaire d’information de l’armée, les interventions des FDS ont également abouti à la destruction d’une douzaine de motos et à la saisie de divers matériels de guerre. Trois éléments des FDS avaient été tués et sept autres blessés.
« L’attaque de la position mixte est intervenue le 4 février aux environs de 16H00 heure locale (15H00 GMT), lorsque les éléments des FDS positionnés à Makalondi ont fait face à une horde de criminels avec professionnalisme et bravoure. Très vite, les renforts aéroterrestres se sont mis en place pour cerner la menace imminente et la ‘neutraliser' », a-t-on précisé de même source.

Source : Xinhua

Libye : l’après Saïf al-Islam, discours de continuité et tensions

Des figures pro-Kadhafi affirment pouvoir dépasser l’élimination de Saïf al-Islam Kadhafi et préparer une alternative politique. Des déclarations qui masquent mal les fractures persistantes et l’absence d’un leadership crédible.

Des responsables et soutiens de l’ancien régime libyen ont multiplié les déclarations ces derniers jours pour afficher leur volonté de maintenir une dynamique politique après l’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi. Un discours de résilience qui vise à projeter une image de continuité, alors même que le camp pro-Kadhafi reste profondément fragmenté et privé de figure fédératrice.

Othman Baraka, présenté comme une figure de proue du « Mouvement national » soutenant Saïf al-Islam, a ainsi affirmé que les partisans de l’ancien régime, malgré une instabilité persistante, disposeraient des capacités organisationnelles et politiques nécessaires pour « dépasser le stade » de la disparition de leur leader. Selon lui, le mouvement serait en mesure d’assurer une transition vers un cadre de leadership alternatif, sans remettre en cause son orientation idéologique.

Cette lecture optimiste contraste avec les réserves exprimées par d’autres acteurs du même camp. Des sources proches d’Ahmed Gaddaf Al-Dam, responsable politique du Front de lutte nationale libyen, ont indiqué au quotidien Asharq Al-Awsat qu’il était prématuré d’évoquer un successeur ou un nouveau dirigeant.

Les cérémonies de deuil, encore en cours à Bani Walid, à 172 km au sud de Tripoli, serviraient aussi de rappel à une réalité plus brutale : l’absence de consensus et la difficulté à transformer l’émotion en projet politique structuré.

Même prudence du côté de Nasser Saeed, porte-parole du Mouvement populaire national libyen. Celui-ci anticipe la formation prochaine d’une direction politique, tout en repoussant la question d’un leader ou d’un symbole à plus tard.

Le projet, insiste-t-il, serait « idéologique et doctrinal, et non lié à des individus ». Une formule qui sonne autant comme une profession de foi que comme un aveu : sans figure incarnant cette idéologie, la mobilisation reste fragile.

De fait, les partisans de l’ancien régime demeurent éclatés entre plusieurs structures concurrentes, organisations politiques et personnalités indépendantes. Le Mouvement national populaire libyen, fondé en 2012, et le Front populaire libyen pour la libération de la Libye, créé en 2016 par des responsables politiques et des chefs tribaux en soutien à Saïf al-Islam, illustrent cette dispersion. Chacune revendique une légitimité historique ou idéologique, sans parvenir à s’imposer comme pôle unificateur.

Dans un paysage politique libyen déjà morcelé, ces déclarations relèvent autant de la communication que d’une stratégie réellement opérationnelle. L’invocation d’un projet « au-delà des individus » tente de compenser le vide laissé par la disparition de Saïf al-Islam, mais elle ne résout ni les rivalités internes ni l’absence d’ancrage institutionnel.

Plus qu’une transition maîtrisée, l’après-Kadhafi version pro-régime s’annonce comme une recomposition incertaine, tiraillée entre nostalgie, divisions et quête de légitimité.

MK/ac/APA