Navigation sur le fleuve Sénégal : le projet entre en phase opérationnelle

Le projet de restauration de la navigation sur le fleuve Sénégal franchit une étape décisive. Autorisée par la 78ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), tenue les 30 et 31 janvier à Nouakchott, la première phase des travaux est programmée pour avril 2026. La réunion, présidée par le ministre malien de l’Énergie et de l’Eau, Boubacar Diane, en présence du Haut commissaire de l’OMVS, Mohamed Abdel Vetah, a réuni les ministres des pays membres : Mali, Guinée, Mauritanie et Sénégal.

Un corridor fluvial stratégique pour le Mali

Le projet vise à rétablir une navigation efficace sur les 905 kilomètres séparant Saint-Louis, au Sénégal, du futur terminal fluvial d’Ambidédi, situé à une dizaine de kilomètres de Kayes, au Mali. À terme, les marchandises débarquées au port maritime de Saint-Louis pourront être acheminées directement par voie fluviale jusqu’au Mali, réduisant la dépendance aux corridors routiers et aux ports des pays voisins.

La première phase prévoit notamment :

  • le dragage du chenal pour permettre le passage de barges transportant plusieurs milliers de tonnes ;

  • le balisage et l’aménagement du fleuve pour une navigation de jour comme de nuit ;

  • la réhabilitation des escales fluviales avec quais, zones de stockage et infrastructures logistiques.

Le coût estimé de cette étape initiale est de 7,38 milliards de FCFA.

Des avantages multiples pour le Mali et la région

Pour le Mali, pays enclavé, le projet constitue un levier majeur de désenclavement et de souveraineté économique. Une seule barge peut transporter l’équivalent de 40 à 50 conteneurs, réduisant significativement les coûts logistiques, la consommation de carburant et l’usure des routes, tout en diminuant les risques liés à l’insécurité sur les axes routiers.

Le futur terminal d’Ambidédi est appelé à devenir un hub logistique régional, générant des emplois directs et indirects, stimulant le commerce local et offrant des retombées socio-économiques importantes pour la région de Kayes.

Le projet bénéficie également aux autres États membres de l’OMVS. Le Sénégal, point d’entrée maritime du corridor, profitera d’une valorisation accrue de ses infrastructures portuaires et d’un meilleur écoulement des marchandises. Au total, plus de 800 kilomètres de localités riveraines seront désenclavées, et plus de 240 000 hectares de terres irrigables dans le delta et la vallée du fleuve pourront être exploités pour l’agriculture. Sur le plan environnemental, le projet contribuera à protéger Saint-Louis des inondations sur le long terme.

Une ambition historique pour l’intégration régionale

Le ministre Boubacar Diane a souligné l’importance stratégique du projet, rappelant que la croissance de la demande, les contraintes d’exploitation et la nécessité de répondre aux besoins futurs imposent d’accélérer la mise en œuvre et la modernisation des installations existantes, tout en intégrant les énergies renouvelables.

Le projet de navigation sur le fleuve Sénégal réaffirme qu’l’enclavement du Mali n’est pas une fatalité et qu’il existe des solutions durables pour connecter le pays aux échanges régionaux et mondiaux.

Justice : nouveau rebondissement dans le dossier Paramount au Mali

Le verdict attendu le vendredi 6 février 2026 dans l’affaire dite « Paramount–Embraer » n’a finalement pas été rendu. La Chambre criminelle spécialisée en matière économique et financière a décidé de rabattre le délibéré et d’ordonner un complément d’information, estimant le dossier insuffisamment éclairé pour être jugé en l’état.

Cette décision relance les débats dans un dossier déjà fortement contesté par la défense. Alors que l’opinion publique attendait un dénouement judiciaire, la juridiction a choisi de surseoir à statuer, considérant que plusieurs zones d’ombre persistent et empêchent une appréciation sereine des faits.

Pour mener ce complément d’information, la Cour a désigné un magistrat chargé d’accomplir des actes d’instruction précis. Une démarche rarement anodine à ce stade de la procédure et perçue par de nombreux observateurs comme un revers pour l’accusation. Elle revient, en filigrane, à reconnaître les insuffisances de l’instruction initiale, pourtant validée par la Cour suprême.

Une instruction fragilisée par les critiques de la défense

Depuis l’ouverture du procès, les avocats des prévenus dénoncent la faiblesse des éléments à charge, ciblant notamment le rapport d’audit qui fonde l’essentiel des poursuites. Selon la défense, ce document serait dépourvu de valeur probante et incapable d’établir des responsabilités pénales claires.

La décision de la Chambre criminelle semble accréditer ces critiques, en consacrant la nécessité d’investigations complémentaires avant toute décision sur le fond.

Dans ce cadre, la Cour prévoit l’audition du Contrôleur général des services publics, appelé à s’expliquer sur l’exécution du budget lié à la Loi d’orientation et de programmation militaire, ainsi que sur les contrats d’équipements militaires au cœur de la procédure. Les sociétés Paramount et Embraer devront également produire un état détaillé des éléments relatifs aux contrats incriminés, afin de permettre à la juridiction de disposer d’une vision complète des engagements financiers et contractuels.

La reprise de l’audience est fixée au 23 mars prochain. D’ici là, l’affaire Paramount demeure dans une zone d’attente judiciaire, prolongeant l’incertitude pour les prévenus comme pour l’opinion publique, dans un dossier emblématique mêlant défense nationale, finances publiques et exigence de transparence.

Pour rappel, le procès Paramount au Mali porte sur des soupçons de surfacturation d’équipements militaires. En février 2026, le parquet avait requis de lourdes peines, allant jusqu’à la réclusion à perpétuité contre des accusés absents — anciens ministres et hauts gradés — et dix ans de prison contre les prévenus présents, visant plusieurs figures de l’ère IBK pour corruption et atteinte aux biens publics.

Affaire Moussa Mara : la Cour d’appel confirme la condamnation

Le dossier judiciaire de Moussa Mara connaît son épilogue. La Cour d’appel de Bamako a rendu, ce lundi 9 février 2026, son arrêt dans l’affaire impliquant l’ancien Premier ministre, confirmant le jugement prononcé en première instance.

Moussa Mara est définitivement condamné à deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme et un an avec sursis. Par cette décision, la juridiction d’appel rejette le recours introduit par la défense et valide l’intégralité de la sentence initiale.

Cette confirmation marque un tournant majeur dans une affaire qui a largement mobilisé l’opinion publique et suscité de nombreux débats, tant sur le plan judiciaire que sur celui des libertés publiques au Mali.

Libye : l’après Saïf al-Islam, discours de continuité et tensions

Des figures pro-Kadhafi affirment pouvoir dépasser l’élimination de Saïf al-Islam Kadhafi et préparer une alternative politique. Des déclarations qui masquent mal les fractures persistantes et l’absence d’un leadership crédible.

Des responsables et soutiens de l’ancien régime libyen ont multiplié les déclarations ces derniers jours pour afficher leur volonté de maintenir une dynamique politique après l’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi. Un discours de résilience qui vise à projeter une image de continuité, alors même que le camp pro-Kadhafi reste profondément fragmenté et privé de figure fédératrice.

Othman Baraka, présenté comme une figure de proue du « Mouvement national » soutenant Saïf al-Islam, a ainsi affirmé que les partisans de l’ancien régime, malgré une instabilité persistante, disposeraient des capacités organisationnelles et politiques nécessaires pour « dépasser le stade » de la disparition de leur leader. Selon lui, le mouvement serait en mesure d’assurer une transition vers un cadre de leadership alternatif, sans remettre en cause son orientation idéologique.

Cette lecture optimiste contraste avec les réserves exprimées par d’autres acteurs du même camp. Des sources proches d’Ahmed Gaddaf Al-Dam, responsable politique du Front de lutte nationale libyen, ont indiqué au quotidien Asharq Al-Awsat qu’il était prématuré d’évoquer un successeur ou un nouveau dirigeant.

Les cérémonies de deuil, encore en cours à Bani Walid, à 172 km au sud de Tripoli, serviraient aussi de rappel à une réalité plus brutale : l’absence de consensus et la difficulté à transformer l’émotion en projet politique structuré.

Même prudence du côté de Nasser Saeed, porte-parole du Mouvement populaire national libyen. Celui-ci anticipe la formation prochaine d’une direction politique, tout en repoussant la question d’un leader ou d’un symbole à plus tard.

Le projet, insiste-t-il, serait « idéologique et doctrinal, et non lié à des individus ». Une formule qui sonne autant comme une profession de foi que comme un aveu : sans figure incarnant cette idéologie, la mobilisation reste fragile.

De fait, les partisans de l’ancien régime demeurent éclatés entre plusieurs structures concurrentes, organisations politiques et personnalités indépendantes. Le Mouvement national populaire libyen, fondé en 2012, et le Front populaire libyen pour la libération de la Libye, créé en 2016 par des responsables politiques et des chefs tribaux en soutien à Saïf al-Islam, illustrent cette dispersion. Chacune revendique une légitimité historique ou idéologique, sans parvenir à s’imposer comme pôle unificateur.

Dans un paysage politique libyen déjà morcelé, ces déclarations relèvent autant de la communication que d’une stratégie réellement opérationnelle. L’invocation d’un projet « au-delà des individus » tente de compenser le vide laissé par la disparition de Saïf al-Islam, mais elle ne résout ni les rivalités internes ni l’absence d’ancrage institutionnel.

Plus qu’une transition maîtrisée, l’après-Kadhafi version pro-régime s’annonce comme une recomposition incertaine, tiraillée entre nostalgie, divisions et quête de légitimité.

MK/ac/APA

Mali : plus d’une trentaine de terroristes neutralisés lors d’opérations militaires à l’ouest de Ségou

Plus d’une trentaine de terroristes ont été neutralisés lors de plusieurs opérations menées par les Forces armées maliennes (FAMa) à l’ouest de Ségou

Plus d’une trentaine de terroristes ont été neutralisés lors de plusieurs opérations menées par les Forces armées maliennes (FAMa) à l’ouest de Ségou, dans le centre du pays, a annoncé, dimanche, l’État-Major général des Armées.

Dans un communiqué rendu public, l’armée indique que, « dans le cadre des missions de surveillance du territoire, un premier groupe armé terroriste a été pris en filature avant de tenter de se dissimuler dans une zone boisée située à l’ouest de Ségou ». La quinzaine d’individus composant ce groupe a été ciblée et neutralisée avec succès.

Selon la même source, « une seconde frappe a permis de neutraliser une dizaine de terroristes supplémentaires, ainsi que leur logistique, alors qu’ils tentaient d’accoster à bord d’une pirogue sur la rive gauche du fleuve Niger, toujours à l’ouest de Ségou ».

Par ailleurs, « un autre groupe d’environ une dizaine de terroristes circulant à moto a été repéré dans la même zone et neutralisé avec succès », précise l’État-Major.

Le Chef d’État-Major général des Armées a assuré que les opérations coordonnées de recherche et de neutralisation des groupes terroristes se poursuivent sur l’ensemble du territoire national.

Depuis 2012, le Mali est confronté à une grave crise sécuritaire marquée par des attaques terroristes récurrentes. Malgré le déploiement de forces étrangères et internationales au cours des dernières années, la situation sécuritaire demeure instable dans plusieurs régions du pays.

Mali: une société publique pour gérer les participations minières
Le Conseil des ministres du Mali a adopté, le 6 février 2026, les textes portant création de la Société de patrimoine minier du Mali, une société anonyme détenue intégralement par l’État. Cette structure est chargée de gérer les participations publiques dans les sociétés minières opérant sur le territoire national.
Réuni le vendredi 6 février 2026 au Palais de Koulouba sous la présidence du chef de l’État, le Conseil des ministres a adopté, sur rapport du ministre de l’Économie et des Finances, les projets de texte portant création de la Société de patrimoine minier du Mali, dénommée SOPAMIM S.A. La nouvelle entité est constituée sous la forme d’une société anonyme dont le capital est détenu à 100 % par l’État malien.
La création de la SOPAMIM intervient dans le cadre de l’application de la Loi n°2023-040 du 29 août 2023 portant Code minier en République du Mali. Ce texte prévoit un renforcement de la participation de l’État dans le capital des sociétés minières, ainsi que la mise en place d’une société de patrimoine chargée de détenir et d’administrer ces participations pour le compte de la Nation.
Selon les textes adoptés, la SOPAMIM a pour missions principales de gérer les participations de l’État dans les sociétés minières, de prendre des participations stratégiques dans de nouveaux projets et d’assurer le portage des intérêts des acteurs nationaux. Elle est également appelée à centraliser la gestion du patrimoine minier public, jusque-là répartie entre plusieurs structures administratives.
Le secteur minier constitue l’un des piliers de l’économie malienne. Il représente plus de 75 % des exportations du pays, environ 25 % des recettes budgétaires et près de 10 % du produit intérieur brut, selon les données officielles.
Le Mali figure parmi les principaux producteurs d’or du continent africain, avec une production annuelle supérieure à 70 tonnes ces dernières années, faisant du métal jaune la première source de devises du pays.
La réforme introduite par le Code minier de 2023 a porté la participation de l’État dans les sociétés minières à des niveaux pouvant atteindre jusqu’à 30 %, incluant des participations gratuites et des options d’acquisition supplémentaires.
La SOPAMIM constitue l’instrument opérationnel destiné à mettre en œuvre ces dispositions et à assurer le suivi des intérêts financiers de l’État dans le secteur extractif.
Les autorités indiquent que la centralisation de la gestion des participations minières vise à améliorer la traçabilité des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles et à renforcer la coordination entre les différents acteurs publics impliqués dans le secteur. Les modalités de gouvernance, de contrôle et de reddition des comptes de la SOPAMIM doivent être précisées par des textes d’application.

La création de cette société publique s’inscrit dans un contexte régional marqué par l’adoption, dans plusieurs pays producteurs de ressources naturelles, de mécanismes similaires de gestion des participations étatiques. Au Mali, la SOPAMIM est appelée à intervenir dans un secteur qui demeure central pour les finances publiques et les équilibres macroéconomiques du pays.

MD/ac/Sf/APA

Football africain : week-end contrasté pour les clubs maliens

Titres publics : le Mali vise 1 450 milliards FCFA de mobilisation en 2026

Le ministère de l’Économie et des Finances a officiellement lancé, le 5 février 2026, le calendrier d’émission des titres publics pour l’exercice en cours. La cérémonie, présidée par le Directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique, Siaka Samaké, représentant le ministre Alousséni Sanou, a permis de faire le point sur les performances de 2025 et de dévoiler les orientations stratégiques pour 2026.

Un bilan 2025 jugé satisfaisant

Malgré un contexte économique exigeant, l’État malien a confirmé la solidité de sa signature sur le marché financier régional. En 2025, le Trésor public a mobilisé 1 193 milliards de FCFA à travers 34 émissions de titres.

Cette performance a été portée en grande partie par le secteur bancaire national. Selon la présidente de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF), Sidibé Aïssata Koné, les banques maliennes ont contribué à hauteur de 686 milliards de FCFA, soit 58 % du montant total mobilisé.

Les principaux investisseurs distingués

La cérémonie a également été marquée par la reconnaissance des partenaires financiers les plus actifs. Le classement des meilleurs investisseurs de l’année 2025 place la BDM-SA en tête, suivie de la BMS-SA et de la BNDA.

Objectif 2026 : financer des projets structurants

Pour l’exercice 2026, l’État malien affiche des ambitions renforcées avec un objectif de mobilisation fixé à 1 450 milliards de FCFA. Les ressources attendues serviront au financement de projets structurants jugés prioritaires pour le développement économique et social du pays.

La directrice de l’UMOA-Titres, Oulimata N’Diaye Diasse, a salué la qualité de la coopération avec le Mali, mettant en avant la crédibilité du cadre de gestion de la dette publique. De son côté, le ministre Alousséni Sanou a insisté sur la nécessité de renforcer la transparence dans la gestion des titres publics et de maintenir un dialogue constant avec les investisseurs afin de préserver la stabilité du marché.

Ségou : Plusieurs groupes terroristes neutralisés par les FAMa

L’État-Major Général des Armées a annoncé, ce dimanche, d’importants succès opérationnels des Forces Armées Maliennes (FAMa) dans la région de Ségou. Le 7 février 2026, des frappes coordonnées ont permis de neutraliser plusieurs groupes terroristes grâce à une surveillance renforcée du territoire.

Une quinzaine de terroristes dissimulés dans une zone boisée à l’ouest de Ségou ont d’abord été localisés puis neutralisés. Le même jour, une dizaine d’assaillants tentant d’accoster en pirogue sur le fleuve Niger ont été frappés, entraînant la destruction de leur logistique. Un autre groupe circulant à moto a également été repéré et neutralisé sur un axe terrestre.

L’État-Major rassure que les opérations de recherche et de neutralisation se poursuivent sur l’ensemble du territoire et appelle les populations à maintenir leur confiance et leur vigilance aux côtés des FAMa.