Affaire Moussa Mara : le verdict attendu le 9 février

L’issue judiciaire de l’affaire Moussa Mara est désormais imminente. Condamné en première instance à deux ans de prison, dont un an ferme, l’ancien Premier ministre attend la décision de la Cour d’appel de Bamako, appelée à statuer définitivement sur son sort.

Poursuivi à la suite de publications sur les réseaux sociaux, Moussa Mara est détenu depuis le 1er août 2025. Lors de l’audience du 19 janvier 2026, il a réaffirmé son attachement aux libertés publiques. À l’issue des débats, la Cour a mis sa décision en délibéré, renvoyant le verdict au 9 février 2026.

Pour la défense, le dossier doit être tranché strictement sur le terrain du droit. Dans l’opinion publique, ce procès dépasse toutefois la seule personne de Moussa Mara et relance le débat sur l’équilibre entre l’autorité de l’État et la liberté d’expression au Mali.

Bamako : la police démantèle un réseau de vol et de recel de motos à Sebenikoro

Dans le cadre de la lutte contre la criminalité et la délinquance, le Commissariat de police de Sebenikoro a procédé, le 29 janvier 2026, à l’interpellation de quatre individus soupçonnés d’appartenir à un réseau spécialisé dans le vol, le cambriolage et le recel de motos. L’opération s’est déroulée en Commune IV du District de Bamako.

Menée par la Brigade de Recherches sur la base de renseignements jugés fiables, l’intervention a permis la saisie de sept motos de provenance suspecte ainsi que d’un important lot de pièces détachées. Parmi les engins récupérés figurent cinq motos de marque Jakarta, une Haoujun et une TVS.

Les perquisitions effectuées dans le cadre de l’enquête ont également conduit à la découverte de carnets et factures d’achat, de cachets, de carénages, de cadres et réservoirs démontés, de clés de contact et de diverses pièces de rechange, renforçant les soupçons de recel et de démantèlement d’engins volés.

Les suspects, âgés de 30 à 35 ans et identifiés par les initiales S.S, N.S, D.C et D.S, ont été placés à la disposition de la justice. Les investigations se poursuivent afin d’identifier et d’interpeller d’éventuels complices.

Cette opération s’inscrit dans la dynamique de lutte contre la criminalité impulsée par la Direction générale de la Police nationale, sous l’autorité du Contrôleur général Youssouf Koné, avec le soutien du ministère de la Sécurité et de la Protection civile.

À l’issue de l’opération, le commissaire divisionnaire Boubacar Sanogo a salué l’engagement de ses équipes et appelé les populations à renforcer leur collaboration avec les forces de sécurité en signalant tout comportement suspect.

Crise à la FEMAFOOT : la FIFA confie l’organisation du processus électoral à Sidi Békaye Magassa

La crise institutionnelle au sein de la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) entre dans une phase décisive. La FIFA, en concertation avec la Confédération africaine de football (CAF), a arrêté sa position sur la conduite du processus électoral à venir.

Conformément aux statuts de la FEMAFOOT, le Secrétaire général, Sidi Békaye Magassa, est officiellement chargé d’organiser l’Assemblée générale extraordinaire élective, sous la supervision des instances internationales.

Cette décision intervient après la démission collective du bureau exécutif, intervenue fin janvier 2026, actant une vacance totale des postes dirigeants. Dans ce contexte, la FIFA confie au Secrétaire général la gestion transitoire de la fédération, avec pour missions principales d’assurer les affaires courantes, d’élaborer une feuille de route électorale et de conduire le processus devant aboutir à l’élection d’un nouveau Comité exécutif pour un mandat de quatre ans.

Les commissions électorales installées le 15 novembre 2025 demeurent en fonction. La FIFA souligne leur indépendance et leur protection par les textes réglementaires en vigueur. Sur le plan financier, l’instance mondiale a également précisé les modalités relatives aux signataires des comptes fédéraux jusqu’à la tenue des élections.

À travers cette décision, la FIFA adresse un message clair : coopération, transparence et strict respect des statuts doivent guider l’ensemble du processus. L’instance annonce par ailleurs un suivi étroit du scrutin, avec la présence de ses représentants lors de l’Assemblée générale élective.

Le football malien s’engage ainsi dans une étape institutionnelle déterminante pour son avenir.

Mali : Le Président Assimi Goïta décrète 2026-2027 Année de l’éducation et de la culture

Le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a décrété la période 2026-2027 Année de l’éducation et de la culture.
Cette décision vise à refonder durablement le système éducatif, renforcer la cohésion sociale et promouvoir la souveraineté culturelle, conformément à la vision Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma et à la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable 2024-2033.

L’État entend ainsi placer le capital humain, l’excellence citoyenne et la culture au cœur du développement national.

Téhéran et Washington négocient à Oman après la répression sanglante en Iran

L’Iran et les États-Unis entament ce matin des négociations à Oman, que Téhéran veut limiter strictement à son programme nucléaire, Washington laissant pour sa part planer la menace militaire en cas d’échec. Avant le début des discussions, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a appelé au « respect mutuel ».

Des discussions doivent s’ouvrir ce vendredi 6 février 2026 à Mascate (Oman) entre l’Iran et les États-Unis, a annoncé Téhéran. Il s’agit des premiers échanges entre les deux pays depuis les frappes sur des sites nucléaires iraniens menées en juin par Washington, lors de la guerre de 12 jours déclenchée par une attaque israélienne contre l’Iran.

Elles seront pilotées par l’émissaire du président américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi.

Ce dernier est arrivé à Mascate jeudi soir, a rapporté l’agence de presse officielle Irna.

Avant d’entamer les entretiens, Abbas Araghchi a appelé vendredi matin au « respect mutuel ».

« L’égalité, le respect mutuel et l’intérêt réciproque ne sont pas de vaines paroles, mais des conditions indispensables et les piliers d’un accord durable », a-t-il déclaré dans un message en anglais sur X.

La France doit-elle s’engager pour faire tomber le régime Iranien ?

Les pourparlers interviennent après la sanglante répression par le pouvoir iranien du vaste mouvement de contestation de début janvier – qui a fait des milliers de morts selon les défenseurs des droits – et des échanges de propos bellicistes entre Washington et Téhéran.

Les Iraniens « négocient », avait déclaré plus tôt Donald Trump. « Ils ne veulent pas que nous les frappions », a-t-il ajouté, rappelant que les États-Unis avaient envoyé « une grande flotte » de guerre dans le Golfe.

Après avoir menacé de frapper l’Iran en soutien aux contestataires, le président américain centre désormais sa rhétorique sur le contrôle du programme nucléaire iranien.

« Nous restons focalisés sur cette question : veiller à ce qu’ils n’obtiennent pas l’arme nucléaire », a affirmé mercredi le vice-président américain, JD Vance.

Les pays occidentaux et Israël accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, ce que Téhéran dément.

« Risque d’escalade »

L’Iran et les États-Unis avaient déjà mené des négociations au printemps notamment dans le sultanat d’Oman, gelées par la guerre des 12 jours. Elles achoppaient notamment sur la question de l’enrichissement d’uranium par Téhéran.

L’Iran a martelé ne vouloir discuter que du dossier nucléaire, pour obtenir la levée des sanctions internationales qui asphyxient l’économie, rejetant toute négociation sur son programme balistique ou son soutien à diverses formations hostiles à Israël, notamment le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien.

« Les pourparlers portent sur le nucléaire », a encore insisté jeudi soir la télévision d’État, citant un responsable de la délégation iranienne.

Mais le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, est lui aussi catégorique : pour aboutir, les négociations devront « inclure certains éléments, notamment la portée de leurs missiles balistiques, leur soutien aux organisations terroristes […] et le traitement réservé à leur population ».

Le chancelier allemand Friedrich Merz a pour sa part exhorté jeudi Téhéran à « entamer de véritables négociations » avec les États-Unis, mettant en garde contre le risque « d’escalade militaire ».

Citant des responsables iraniens anonymes, le New York Times a indiqué que les États-Unis avaient toutefois concédé que les discussions excluent les acteurs régionaux, contrairement à ce qu’ils souhaitaient.

« Inflexibilité »

« L’Iran continue de faire preuve d’inflexibilité face aux demandes des États-Unis, ce qui réduit la probabilité […] d’une solution diplomatique », analyse l’Institute for the Study of War, basé aux États-Unis.

Face au maintien par Washington des menaces d’action militaire, Téhéran a répété qu’il riposterait contre les bases américaines de la région en cas d’attaque.

« Nous sommes prêts à nous défendre, et c’est au président américain de choisir entre le compromis ou la guerre », a déclaré jeudi le porte-parole de l’armée, le général Mohammad Akraminia, cité par la télévision d’État.

L’Iran, a-t-il averti, a un accès « facile » aux bases américaines dans le Golfe.

« L’Iran est pleinement prêt à faire face à toute menace et à tout ennemi étranger », a aussi déclaré l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ali Akbar Velayati, conseiller de l’ayatollah Khamenei, cité par l’agence iranienne Isna.

Port de Dakar et les 4000 conteneurs bloqués au Mali : Plus de 13 milliards de francs CFA envolés
Privé de milliers de conteneurs immobilisés au Mali, le port de Dakar subit de plein fouet une crise logistique qui pourrait coûter 20 millions d’euros soit plus de 13 milliards de francs CFA aux armateurs. Ce qui risque de faire flamber les prix dans toute la région. Le port autonome de Dakar, poumon économique du Sénégal et porte d’entrée de l’Afrique de l’Ouest, se retrouve alors au centre d’une équation économique. L’immobilisation de plus de 4 000 conteneurs vides au Mali prive la plateforme sénégalaise d’un matériel essentiel à son fonctionnement.

Avec un prix moyen de 5000 euros par conteneur neuf, ce sont environ 20 millions d’euros de matériel qui échappent au circuit logistique de Dakar. Mais la perte financière va bien au-delà pour les compagnies maritimes opérant depuis le port sénégalais. « Un conteneur vide et immobile est un conteneur qui ne travaille pas, qui ne transporte pas de marchandises. C’est un manque à gagner très important pour les compagnies maritimes », explique un économiste malien dont les propos sont relayés par RFI. Pour MSC et Hapag-Lloyd, principales victimes avec respectivement 2800 et 700 conteneurs bloqués, l’impact sur la rentabilité des lignes Dakar-Bamako est considérable.

Cette hémorragie de conteneurs trouve sa source dans le chaos sécuritaire malien. Les attaques jihadistes récurrentes dans la région de Kayes, à la frontière avec le Sénégal, ont transformé la route Dakar-Bamako en parcours à hauts risques. Les transporteurs rechignent désormais à effectuer le trajet retour, même pour récupérer les précieux conteneurs.

Le Conseil malien des chargeurs évoque un « risque réel de durcissement des conditions d’exploitation des opérateurs économiques maliens par les armateurs ». Traduction concrète : les compagnies maritimes pourraient augmenter leurs tarifs ou réduire leurs services depuis Dakar pour compenser leurs pertes, pénalisant l’ensemble de la chaîne logistique ouest-africaine.

L’impact pourrait se faire sentir bien au-delà des bureaux des armateurs. « Les coûts logistiques sont immédiatement répercutés sur les prix des produits », avertit l’économiste malien interrogé par RFI, rappelant l’explosion des prix du ciment pendant l’été dernier. Avec 70 % des importations maliennes qui transitent par Dakar, toute perturbation de la circulation des conteneurs entre les deux capitales affecte directement les consommateurs maliens. À l’approche du ramadan, période de forte consommation, la pression monte sur les autorités pour trouver une solution.

Dakar avait pourtant fait des efforts

En novembre dernier, c’était le problème inverse qui préoccupait Bamako : plus de 2 000 conteneurs pleins attendaient au port de Dakar d’être acheminés au Mali, bien au-delà de la durée règlementaire. La ministre malienne des Transports, Dembélé Madina Sissoko, s’était déplacée personnellement à Dakar pour négocier.

Le Sénégal avait alors accepté l’annulation totale des pénalités de stockage pour les sociétés maliennes et accordé un délai de trois mois pour leur évacuation. Résultat : il ne reste aujourd’hui que 304 conteneurs en attente à Dakar, avec une date limite fixée au 24 février pour leur « enlèvement ».

Face à cette nouvelle crise, les compagnies maritimes ont choisi de ne pas communiquer directement depuis Dakar. Elles ont laissé les autorités maliennes relayer leurs doléances, exprimées lors d’une réunion le 20 janvier dernier dans la capitale sénégalaise. Ni le Conseil malien des chargeurs, ni le ministère des Transports n’ont répondu aux demandes de clarification sur les solutions envisagées pour débloquer la situation, rapporte la Rfi.