Mali : Bamako reprend le contrôle stratégique de son or

Grâce à la réforme de son code minier, le Mali a profondément modifié le rapport de force avec les multinationales de l’or. En renforçant la participation de l’État et en imposant de nouvelles règles fiscales, Bamako affirme sa souveraineté économique et ouvre la voie à une transformation locale des ressources.

Depuis l’adoption du nouveau code minier en août 2023, le Mali a engagé une reprise en main de son secteur aurifère, longtemps dominé par des intérêts étrangers. Ce texte permet désormais à l’État de détenir jusqu’à 30 %, voire 35 %, des parts dans les projets miniers, incluant une participation gratuite de 10 %.

Les effets financiers sont déjà visibles. Selon le ministère des Mines, les recettes minières ont augmenté de plus de 50 % en 2024, passant de 547 à plus de 835 milliards de FCFA. L’or, qui représente environ 80 % des exportations du pays, devient ainsi un levier central de la souveraineté économique.

Cette nouvelle orientation s’est illustrée dans le bras de fer avec le groupe canadien Barrick Gold, exploitant du complexe Loulo-Gounkoto. En novembre 2025, un accord a été conclu prévoyant le paiement de près de 430 millions de dollars d’arriérés fiscaux et douaniers, ainsi que des dividendes annuels estimés à 90 milliards de FCFA.

Au-delà des recettes, les autorités misent sur la transformation locale. L’extension de la raffinerie de Sénou, lancée en 2025, vise à capter davantage de valeur ajoutée sur le sol national. Par ailleurs, un décret impose désormais aux sociétés minières de confier une part importante de la sous-traitance à des entreprises maliennes.

Cette dynamique s’inscrit dans une vision régionale portée par l’Alliance des États du Sahel (AES). Le Mali, le Burkina Faso et le Niger cherchent à harmoniser leurs politiques minières afin de renforcer leur poids face aux multinationales et aux marchés internationaux.

En reprenant la main sur son or, Bamako affirme une ligne claire : l’exploitation des ressources naturelles doit désormais servir en priorité le développement national et le bien-être des populations.

Alliance des Etats du Sahel – La Force unifiée entre en action

Le Président de la Transition du Mali et Président de la Confédération des États du Sahel (AES), le général d’Armée Assimi Goïta, a présidé ce samedi 20 décembre 2025 la cérémonie solennelle de remise de l’Étendard à la Force unifiée de l’AES (FU-AES), marquant le démarrage opérationnel officiel de cette force multinationale stratégique.

Une cérémonie à forte portée symbolique et stratégique

Force Unifiée de AES
Force Unifiée de AES

La cérémonie s’est tenue en présence du Premier ministre du Mali, du Président du Conseil national de Transition, des présidents des institutions de la République, des ministres chargés de la Défense des États membres de la Confédération AES, des chefs d’État-major des armées, ainsi que des représentants diplomatiques, des organisations internationales, des attachés de défense et des délégations des pays membres.

Dans son allocution, le Président Assimi Goïta a qualifié la remise de l’Étendard de « marqueur historique », symbolisant l’entrée officielle en activité de la Force unifiée de l’AES. Il a salué l’installation du nouveau commandant de la FU-AES et rendu hommage au professionnalisme et à l’engagement des forces de défense et de sécurité des pays membres.

Une force bâtie sur l’expérience des opérations conjointes

Force Unifiée de AES
Force Unifiée de AES

Le chef de l’État a rappelé que depuis la Déclaration de Niamey du 6 juillet 2024, les forces armées des pays de l’AES ont conduit plusieurs opérations conjointes majeures, notamment Yéréko I et Yéréko II, ayant permis la neutralisation de chefs terroristes et la destruction de sanctuaires criminels.

Ces résultats ont été obtenus grâce à une planification rigoureuse, un partage renforcé du renseignement et une mutualisation accrue des moyens, a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’une anticipation stratégique permanente face à l’évolution des modes opératoires des groupes armés terroristes.

Une réponse globale aux menaces sécuritaires et informationnelles

Force Unifiée de AES
Force Unifiée de AES

Le Président de la Confédération AES a également mis en exergue les menaces multiformes auxquelles sont confrontés les États du Sahel : terroristes, économiques et informationnelles.

Dans ce cadre, il a rappelé les initiatives structurantes engagées par l’AES, notamment la création de médias communautaires AES (télévision, radio et presse écrite), visant à renforcer la souveraineté informationnelle et à lutter contre la désinformation.

Affirmant que « l’AES est une réalité irréversible », le Président Goïta a salué la résilience et le soutien constant des peuples sahéliens, tout en rendant hommage aux civils et militaires tombés au combat.

La FU-AES, symbole d’une souveraineté assumée

Prenant la parole, le ministre de la Défense et des Anciens combattants du Mali, le général de corps d’Armée Sadio Camara, a rappelé que le Sahel traverse un moment décisif de son histoire, soulignant que la paix, la sécurité et la souveraineté ne se délèguent pas.

Il a présenté la Force unifiée de l’AES comme l’aboutissement d’une mutualisation stratégique fondée sur les valeurs sahéliennes de solidarité, d’entraide et de dignité.

L’Étendard remis à la FU-AES a été décrit comme un symbole vivant, porteur de la mémoire des sacrifices consentis et de l’engagement irréversible des États membres.

Un commandement confié à un homme de terrain

Placée sous le commandement du général de brigade Daouda Traoré, officier reconnu pour son expérience et sa connaissance du terrain, la Force unifiée de l’AES aura pour mission de conduire les opérations multinationales dans un contexte sécuritaire exigeant, au service de la stabilité, de la souveraineté et de la sécurité de l’espace AES.

Atterrissage au Burkina Faso : L’Armée de l’Air Nigériane évoque un « problème technique » et un « atterrissage de précaution »

L’État-Major de l’Armée de l’Air nigériane (NAF) a réagi à l’incident survenu le 8 décembre 2025 au Burkina Faso, où un avion militaire C-130 a dû se poser en urgence à Bobo-Dioulasso. La force aérienne évoque une « urgence technique », une version qui contraste avec les accusations de « violation de souveraineté » formulées par la Confédération des États du Sahel (AES).

Selon un communiqué officiel, l’appareil avait décollé de Lagos pour une mission de convoyage vers le Portugal lorsque l’équipage a détecté une défaillance nécessitant un atterrissage immédiat. Bobo-Dioulasso constituait « l’aérodrome le plus proche », précise la NAF, qui assure que la manœuvre s’est déroulée conformément aux protocoles de sécurité internationaux. L’équipage, indemne, aurait été « chaleureusement accueilli » par les autorités burkinabè.

La NAF indique que les préparatifs sont en cours pour permettre la reprise de la mission. Elle remercie par ailleurs le public pour son soutien et réaffirme son engagement à respecter « les normes de sécurité et les procédures opérationnelles », rappelant que la protection de son personnel reste une priorité.

malitime.com