La presse sportive en deuil : “Puissant” dépose le micro

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Notre aîné et confrère Ousmane Koné dit Puissant nous a quittés le dimanche 10 mai à l’hôpital du Point G des suites d’une longue maladie. Affectueusement appelé “Puissant” ou “Almamy den” (son père était dans les années 1980 un grand prêcheur de la capitale), la disparition de notre confrère nous marquera à jamais. Et pour cause ! L’homme était agréable et avait un sens très élevé du social. Il laisse derrière lui une veuve, quatre enfants et surtout un monde sportif inconsolable.

 

Cela fait mal en apprenant le décès d’une personne que l’on a côtoyée. Il n’est pas non plus facile d’assister à ses obsèques. Le lundi dernier dans la famille de feu Fodé Seydou Koné à Tomikorobougou, l’émotion était à son comble. Les journalistes sportifs du Mali accompagnaient un des leurs à sa dernière demeure. Il s’agit d’Ousmane Koné dit Puissant, animateur sportif à la Radio FR3. Le grand frère a rendu définitivement le micro.

Cet autre aîné, Souleymane Bobo Tounkara dans la parution du lundi, du quotidien national L’Essor a presque tout dit sur l’homme. Au-delà de cela, Puissant a forgé son admiration dans le cœur de tout un chacun. Parce qu’il avait le don de donner un sens à la relation humaine. Il m’a toujours appelé “n’toma” ou homonyme en français.

Depuis 1998 (date de nos premiers pas dans la presse), nous nous côtoyions dans les stades, à la Fédération et même lors des événements sociaux. Chaque fois que je passais à Malifoot, je commençais toujours par lui donner bonjour. Il méritait cette considération, que je qualifie même de revers de la médaille du respect qu’il avait pour moi.

Personnellement, nous retenons deux souvenirs impérissables de lui. En 2009, à Ségou, où s’est jouée la finale de la Coupe du Mali entre le Djoliba et le Stade malien de Bamako, les journalistes sportifs étaient logés au Cerfitex, juste à l’entrée de la Cité des Balanzans. Pour manger, ils devaient se rendre  en ville. Puissant avait des parents à Ségou, qui lui apportaient à manger. Et chaque fois que son repas était servi, il me rejoignait dans ma chambre pour me dire “n’toma, il y a un pacte entre les homonymes, je ne saurai manger sans toi. Alors viens !”

Cela a été ainsi jusqu’à la fin de notre séjour. Même après le match, puisqu’il est parti par ses propres moyens, avant de quitter il m’a cherché pour me demander si je suis intéressé à faire chemin avec lui. Je l’ai remercié infiniment pour sa marque de considération à mon égard, de surcroît un jeune frère. Pour le convaincre, je lui ai dit que j’avais une course très importante en ville avec mon voisin de chambre, Mamadou Massa Diallo dit Mass.

Autre fait marquant : c’était au moment de la crise qu’a connue notre football. Un jour nous nous sommes croisés au Badialan I, derrière la maison de feu le capitane Sidibé. Sachant bien que cette crise, intérieurement me rongeait, Puissant a tenu à me rassurer en ces termes : “N’toma, je sais que tu es peiné, nous avons le même état d’âme. Sois serein, cette crise prendra fin très bientôt et nous retrouverons le sourire au stade Omnisports, comme d’habitude”. Avec de tels propos je me suis dit que le grand frère avait sûrement des informations importantes qu’il n’a pas voulu me dire.  Dommage ! Ainsi va la vie !

Mon cher homonyme  tu as été un exemplaire, tous les journalistes sportifs maliens sont fiers de toi. Ta grande ouverture d’esprit et ton humour décapant manqueront à tout jamais. Les journalistes sportifs maliens n’étaient vraiment pas préparés à ton départ. Tu laisses un immense vide dans les cœurs qui t’aimaient. Combien de temps faudrait-il encore pour que nous disions, si Puissant était là ?

Repose en paix n’toma !                                                                                                                                 

 O. Roger Sissoko

SourceAujourd’hui

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