Coronavirus : 10 questions pour tout comprendre

Le 7 janvier 2020, la découverte dans la ville de Wuhan d’un nouveau coronavirus, appelé le 2019-nCoV, en lien avec les cas de pneumopathies a été officiellement annoncée par les autorités sanitaires chinoises. Cette maladie est à transmission respiratoire et probablement de l’animal à l’homme, mais la source n’est pas encore identifiée. Des milliers de cas ont été recensés depuis, dont certains mortels, avant de s’étendre dans la proche région puis à d’autres pays dont la France où trois cas ont été confirmés. Le point sur la situation.

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Qu’est-ce qu’un coronavirus ?

Les coronavirus, qui doivent leur nom à la forme de couronne qu’ont les protéines qui les enrobent, font partie d’une vaste famille de virus dont certains infectent différents animaux, d’autres l’homme, et susceptibles d’être à l’origine d’un large éventail de maladies. Chez l’homme, ces maladies vont du rhume banal à une infection pulmonaire sévère, responsable d’une détresse respiratoire aiguë. Sur le sujet, l’Inserm rappelle que deux épidémies mortelles sont déjà survenues au 21e siècle, impliquant des coronavirus émergents, hébergés par des animaux (ils ont tous deux eu la chauve-souris comme réservoir) et soudain transmis à l’Homme : le SRAS-CoV (Chine, 2002-2003) et le MERS-CoV (Moyen Orient, 2012-2013).

D’où provient ce nouveau virus et quel est son mode de transmission ?

Le virus identifié en Chine est un nouveau coronavirus, en lien avec des cas groupés de pneumopathies : il a été dénommé 2019-nCoV. Les premiers cas recensés sont des personnes s’étant rendues sur le marché de Wuhan, en Chine (fermé depuis le 1er janvier) : l’hypothèse d’une zoonose (maladie transmise par les animaux) est désormais privilégiée. Compte tenu des nouveaux cas rapportés par les autorités sanitaires chinoises depuis le 19 janvier, la transmission interhumaine est aujourd’hui avérée. La maladie se transmet par les postillons (éternuements, toux), il faut donc des contacts étroits pour la transmettre (famille, même chambre d’hôpital ou d’internat) ou avoir eu un contact à moins de 1 mètre du malade, en l’absence de mesures de protection efficaces.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes évoquent principalement une infection respiratoire aiguë (fièvre, toux), mais des difficultés respiratoires et des anomalies pulmonaires détectables radiologiquement sont également décrites, ainsi que des formes plus sévères. Dans ce cas-là, « le patient peut présenter une détresse respiratoire aiguë, une insuffisance rénale aiguë, voire une défaillance multiviscérale pouvant entraîner un décès », affirme le ministère de la Santé qui précise que « l’évolution des connaissances dans les prochaines semaines permettra d’en savoir plus sur les modes de transmission de ce virus, son niveau de transmissibilité, sa virulence, le délai d’incubation et les animaux qui peuvent être porteurs. »

Y a-t-il des personnes à risque de développer une forme plus sévère de la maladie ?

L’information disponible suggère que le virus peut causer des symptômes similaires à ceux d’une grippe modérée, mais aussi des symptômes plus graves. La maladie peut notamment progresser dans le temps chez un patient. Comme pour beaucoup de maladies infectieuses, les personnes présentant des maladies chroniques pré-existantes (hypertension, maladies cardiovasculaires, diabète, maladies hépatiques, maladies respiratoires…) semblent plus susceptibles de développer des formes sévères, de même que les personnes âgées et immunodéprimées.

Combien de personnes sont touchées en Chine et dans le monde ?

Selon les dernières estimations des autorités chinoises datant du 27 janvier, 2 744 cas pour 80 décès ont été recensés. Mais selon France Info, le maire de Wuhan, la ville chinoise au cœur de l’épidémie de pneumonie virale, a déclaré s’attendre à environ un millier de contaminations supplémentaires, sur la base du nombre de patients hospitalisés qui n’ont pas encore été testés. Par ailleurs, dans ce pays, 56 millions de personnes sont à l’isolement dans des villes en quarantaine. Les autres pays ayant signalé des cas sont : Taïwan (6), Thaïlande (5), Australie (4), Singapour (4), Malaisie (4), Japon (3), Corée du Sud (3), Etats-Unis (2), Vietnam (2), Népal (1) et Canada (1).

Qu’en est-il de la France ?

La ministre de la Santé a annoncé le vendredi 24 janvier que deux premiers cas d’infection par le nouveau coronavirus 2019-nCoV ont été détectés. Un troisième cas, proche parent de l’un des cas, qui était en cours d’investigation, a aussi été confirmé. Aucun cas n’a été contracté en France puisque les trois patients ont tous séjourné à Wuhan. Ils sont actuellement hospitalisés l’un à Bordeaux et les deux autres à Paris mais ne présentent pas de signes de gravité. « Toutes les mesures d’isolement et d’hygiène nécessaires ont été prises », souligne le ministère. Une enquête épidémiologique autour de ces cas a été mise en place et toutes les personnes ayant été en contact étroit avec ces trois patients sont en cours de recensement.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn qui « s’attend à ce qu’il y ait de nouveaux cas, comme ailleurs », selon ses déclarations à la radio RTL a fait savoir dimanche 26 janvier qu’une dizaine de cas sont sous surveillance. En cas de contacts considérés comme susceptibles de donner lieu à une transmission du virus, les personnes concernées sont informées sur la conduite à tenir. Celle-ci consiste à un suivi durant les 14 jours après le dernier contact avec le cas, à appeler le 15 en cas de symptômes, à prendre sa température deux fois par jour et à porter un masque chirurgical en cas d’apparition des premiers symptômes. Mais l’agence sanitaire Santé Publique France se veut rassurante, et souligne que « cet évènement ne modifie pas l’analyse en faveur d’un risque actuellement très faible de circulation du virus dans la population française. »

Quelle est la procédure de prise en charge pour les cas suspects en France ?

Le cas suspect identifié par un professionnel de santé est signalé au 15. Le Samu se met en lien avec l’infectiologue le plus proche et à l’issue d’un questionnaire, le cas est classé en possible ou exclu. Un cas « possible » est pris en charge et isolé dans un service d’infectiologie et si une infection à coronavirus est exclue, le cas est pris en charge par son médecin traitant. A noter que le pays a décidé de ne pas prendre la température des passagers à la descente de l’avion contrairement à d’autres pays (USA, Japon…), car cette mesure est jugée « complexe et pas toujours efficace » pour plusieurs raisons : autres causes de fièvre, fièvre masquée par des médicaments, délai d’incubation… D’autant que celle-ci n’est pas recommandée par l’OMS à ce jour. Sur le territoire, la surveillance des cas possibles est assurée par Santé publique France qui diffuse aussi la définition actualisée des cas.

Comment se fait le diagnostic ? Existe-t-il des traitements ?

Les agences régionales de santé, aux sociétés savantes (urgentistes, SAMU, infectiologues) ont reçu des fiches de conduite à tenir et de définition de cas. Le diagnostic est suspecté devant des signes d’infection respiratoire chez une personne revenant de Chine dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes mais un examen biologique spécifique est nécessaire à la confirmation de l’infection au 2019-nCoV. « Un examen de détection rapide a été développé par le centre national de référence des virus respiratoires. A ce jour, il est pratiqué par l’Institut Pasteur (à Paris) et en cours de déploiement dans d’autres laboratoires de biologie médicale », indique le gouvernement. A ce jour, aucun traitement spécifique n’a été identifié pour ce nouveau coronavirus : le traitement est symptomatique car de nombreux symptômes peuvent être traités selon l’état clinique des patients. Mais plusieurs traitements sont en cours d’évaluation par l’OMS.

Quelles sont les mesures prises par le gouvernement ?

Les vols entre Paris et Wuhan ont été suspendus. Le ministère de la Santé a annoncé que l’État Français procède au recensement de l’ensemble des ressortissants français dans la province de Hubei pour proposer un rapatriement par vol direct entre Wuhan et Paris en milieu de semaine, accompagné d’une équipe médicale. A leur arrivée en France, les personnes concernées seront confinées dans un lieu d’accueil pendant 14 jours, période maximum d’incubation du virus. Il a également été décidé depuis le 25 janvier la mise en place d’un accueil spécifique des voyageurs pour les vols en provenance de Chine, Hong Kong et Macao à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle et de Saint-Denis de la Réunion.

En ce qui concerne la population en France, ce dernier affirme « qu’à ce stade, il n’y a pas de recommandations particulières pour la population. » Mais comme pour l’épisode actuel de grippe saisonnière, les mesures barrières (tousser dans son coude, utiliser des mouchoirs à usage unique, porter un masque, se laver régulièrement les mains) sont à privilégier.

Quelles précautions les voyageurs doivent-ils prendre ?

Au retour d’un voyage en Chine, il est recommandé de contacter rapidement le 15 en faisant état du lieu de séjour en cas de symptômes d’infection respiratoire (fièvre, toux, difficultés respiratoires) dans les 14 jours suivant le retour en France. Le ministère de la Santé conseille de ne pas se rendre chez son médecin traitant ou aux urgences, pour éviter toute potentielle transmission. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a mis jour ses fiches « conseils aux voyageurs » dans les pays touchés par le virus, réévaluées en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique internationale et des recommandations de l’OMS.

Lors d’un voyage en Asie, des précautions s’imposent d’autant plus. Il est ainsi conseillé d’éviter tout contact avec des animaux, notamment dans les marchés et avec des personnes ayant de la fièvre et qui toussent, de ne pas manger de viande non ou peu cuite, et de se laver régulièrement les mains. En cas de symptômes d’infection respiratoire (fièvre et toux/difficultés respiratoires) il est recommandé de porter un masque chirurgical et de consulter rapidement un médecin localement.

Dans un communiqué, le ministère des Solidarités et de la Santé rappelle les précautions à prendre en cas de signes d’infection respiratoire (fièvre et toux/difficultés respiratoires) :

  • Porter un masque chirurgical en cas d’apparition des premiers symptômes.
  • Contacter le Samu Centre 15 en faisant état des symptômes et du séjour récent en Chine.
  • Ne pas se rendre chez son médecin traitant ou aux urgences, pour éviter toute potentielle contamination

Une page d’information officielle a été mise en place par le gouvernement et sera alimentée quotidiennement ➡️ www.gouvernement.fr/info-coronavirus

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