IBK : « aucune fanfaronnade politicienne ne me fera demander le départ de la force barkhane »

Politique

Le sommet, qui a débuté, lundi dernier, à Pau, dans le sud de la France entre le président Macron et les Chefs d’Etat du G5 Sahel. C’est l’unique sujet de cette interviou – imaginaire ou presque – que le président de la Rue publique a bien voulu nous accorder. C’était, dimanche dernier, quelques seulement avant le décollage de l’avion présidentiel. Interview. Sans concession.

Le sommet de Pau sera-t-il celui du pot de terre contre le pot de fer ?

C’est un subtil jeu de mots, mais rassurez-vous : ce ne sera pas le pot de terre contre le pot de fer ; mais une réunion au cours de laquelle nous, Chefs d’Etat du G5 Sahel mettrons toutes les options sur la table.

Ces options concernent-elles, aussi, le départ de la France du Mali ?

Vous voulez me provoquer ou quoi ? Faites gaffe, car je ne suis pas d’humeur. Encore un mot sur le départ de la France du Mali et je t’envoie tenir compagnie à Tiégoum Boubeye Maïga à Bamako-Coura. Mais qu’est-ce que vous avez contre la France ?

Vendredi dernier, la Plateforme « Yéréwolo Débout sur les Remparts » a organisé un meeting grandiose pour réclamer le départ de la France du Mali. Qu’en dites-vous ?

Je l’ai dit, je vous le répète : faire croire aux Maliens que nos amis, venus nous soutenir dans la lutte contre le terrorisme, est contraire aux intérêts du Mali.
Si l’armée française s’en va, qui la remplacera sur le théâtre des opérations ?
Ceux-là qui tiennent des discours de ce genre sont les ennemis du Mali et des forces armées et de sécurité. Car la force Barkhane soutient les FAMA sur le terrain. Et aucune fanfaronnade politicienne ne me poussera à demander le départ de la force Barkhane.

L’invitation adressée aux Chefs d’Etat du G5 Sahel et le ton employé par votre homologue français avait créé la controverse autour de ce sommet auquel vous vous apprêtiez à participer demain…

Moi, je ne vois pas de quoi vous voulez parler. J’ai reçu une invitation en bonne et due forme à ce sujet.

Irrité par le ton employé par votre homologue français, le président burkinabè avait déclaré que « le partenariat doit être respectueux des uns et des autres »

Et mon homologue nigérien de dire clairement que « nous avons besoin de plus de Barkhane, nous avons besoin de plus d’alliés ».

C’est à dire ?

C’est à dire que nous voulons que Barkhane renforce sa capacité d’intervention pour soutenir nos forces armées sur le terrain ; mais aussi, que nous avons besoin du soutien d’autres partenaires, comme la Russie par exemple, pour venir à bout de ces « barbus » sans « foie », ni loi.

Que direz-vous à Macron à Pau ?

Nous allons clarifier les termes de notre partenariat

Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Nous dirons, clairement, à Macron que nos populations ne sont pas contre la France, mais contre la politique française dans nos pays. Nos concitoyens ne comprennent pas comment la France peut disposer d’autant de matériels dans le Sahel sans venir à bout des terroristes, qui sèment la mort sur leur passage à moto.
Donc, il faut revoir le dispositif français sur le terrain ; mais aussi, sa collaboration avec les forces armées nationales sur le théâtre des opérations.
En un mot, il faut un recentrage des opérations militaires pour maximiser leur efficacité.

Qu’allez-vous bouffer à Pau ? Des ailes de pigeon ? Ou des queues de salamandre, comme ce fût le cas lors de votre visite à Yokohama, au Japon ?

Cette fois-ci, j’ai pris toutes les dispositions pour ne pas être pris au dépourvu. Je suis arrivé à Pau, avec 2 tonnes de « Tiguadégué » dans la soute de l’avion présidentiel pour préparer, moi-même, mes repas.

Pourquoi 2 tonnes de « Tiguadégué » ?

2 tonnes de « Tiguadégué » ? C’est même insuffisant pour un Maninka qui se respecte. Mais s’il en reste, j’en ferai cadeau pour l’épouse du fiston.

Votre fiston ? De qui parlez-vous ?

Je parle, bien entendu, de Macron. C’est mon fiston. Il a le même âge que Karim. Ou presque. Alors…

Le sommet de Pau durera 24 heures. Est-ce suffisant, selon vous, pour aborder en profondeur tous les sujets ?

C’est, largement, suffisant. Avant de nous rendre à Pau, nos ministres des Affaires Etrangères se sont réunis, à Ouaga, récemment, pour finaliser le document consensuel, regroupant nos revendications.
C’est ce document que nous devons défendre. Collégialement.

Qu’espérez-vous à l’issue de ce sommet ?

Que la partie française reconnaisse les failles du dispositif français au Sahel et que des mesures vigoureuses puissent être prises, afin de raffermir davantage la coopération militaire entre la France et nos pays.
C’est le seul moyen de venir à bout du terrorisme dans nos pays. Et, plus largement, dans le Sahel.

Mr le président, qu’est-ce que le Canard déchaîné peut vous souhaiter pour ce nouvel an ?

C’est simple comme bonjour : que vous m’épargniez vos questions à 2 balles.

Propos recueillis par Le Mollah Omar

Source : Canard Déchaîne

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