Création de la CMAS : L’imam Mahmoud Dicko officialise son entrée en politique

En créant la Coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS), l’imam Mahmoud Dicko vient de franchir un pas dans l’arène politique. Confirmant ainsi les préjugés maintes fois évoqués par certains analystes dont votre serviteur.
La Coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS) de l’imam Mahmoud Dicko vient d’être créée. L’information a été donnée aux médias par Issa Kaou Djim le jeudi 1er août 2019 à la Maison de la Presse. Objectif numéro 1 : conquérir le pouvoir politique. L’islam politique de Mahmoud Dicko est enfin étalé au grand jour. La grande manifestation organisée par Dicko contre le président de la République Ibrahim Boubacar Kéita et son ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga le 5 avril 2019, qui avait drainé plus de 50 000 personnes, lui aurait sans doute donné des idées.

En annonçant tambour battant à la presse la création de la CMAS, les soutiens de l’imam disent défendre les idéaux de l’Imam Mahmoud Dicko, l’ancien président du Haut conseil islamique du Mali (HCIM). Cette coordination est une organisation «politico-religieuse» dont la création officialise sans doute les ambitions politiques à peine voilées de l’Imam Dicko. «La CMA va s’engager à trouver des solutions aux maux qui minent le Mali», a assuré le porte-parole de la coordination, Issa Kaou Djim, lors du point de presse animé à la Maison de la Presse jeudi dernier. En briguant la présidence de la République en 2023 ?

La tentation doit être forte chez l’imam qui s’était allié à ceux qui ont un moment tenté de dissuader IBK de briguer un second mandat et surtout de démissionner pour qu’un régime transitoire soit mis en place afin «d’organiser des présidentielles transparentes et apaisées». Et naturellement qu’il voyait à l’époque les rennes de l’organe transitoire entre ses mains.

Des propos de son porte-parole, on peut lire entre les lignes qu’il n’est pas interdit à un religieux de faire de la politique et de chercher à exercer le pouvoir. Et cela d’autant plus que la politique a beaucoup d’autres aspects, beaucoup d’autres chemins. Ce ne serait donc pas la fin du monde si Mahmoud Dicko se présente dans le starting-block en 2023 pour la succession d’IBK.

Pour M. Djim, la mise en place de la nouvelle organisation se justifie par «le rôle joué par l’imam Mahmoud Dicko dans l’apaisement de la crise que connaît notre pays depuis 2012». Les initiateurs de la coordination n’ont pas manqué d’énumérer quelques actions à l’actif de l’ancien président du Haut conseil islamique du Mali, dont l’ouverture d’un cordon alimentaire pendant l’occupation des régions du Nord.

Sans compter les missions de bons offices menées par l’imam Dicko pour apaiser les tensions. «Aujourd’hui, nous pouvons clairement dire que l’imam Dicko est une personnalité incontournable de la vie socioculturelle et politique de notre pays. Il se bat toujours pour le bien être des Maliens», a défendu Issa Kaou Djim qui est aussi le beau-fils de l’imam.

Face à la multiplication des initiatives allant dans le sens de soutenir les actions de l’imam Dicko et dans le souci de mieux conjuguer les efforts des uns et des autres pour une meilleure visibilité, «une synergie d’actions s’impose afin d’améliorer leur efficacité et leur efficience sur le terrain», a assuré M. Djim.

Rendez-vous est pris pour le 7 septembre prochain pour le lancement officiel de cette nouvelle chapelle politique dédiée et dévouée à l’Imam Mahmoud Dicko.

Hamady Tamba

Source : Le Matin

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