Burkina Faso : « Armer des civils ne peut qu’augmenter le risque d’exactions »

L’Assemblée nationale burkinabè vient d’adopter un projet de loi pour le recrutement de civils volontaires afin de lutter contre le terrorisme. William Assanvo, chercheur à l’Institut d’études de sécurité, analyse les conséquences et les risques que pourraient avoir une telle mesure, déjà mise en oeuvre au Cameroun et au Nigeria.

S’engager pour défendre son pays face aux attaques jihadistes sera désormais possible pour les Burkinabè. L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité, le 21 janvier, un projet de loi instituant des « Volontaires de défense de la patrie » (VDP). Désormais, l’armée pourra former des civils volontaires pour tenter de mettre fin aux attaques terroristes, qui se sont multipliées depuis 2015.

La veille, 36 civils avaient été tués dans une attaque terroriste dans la région du Centre-Nord. « Cette attaque abjecte et ignoble sur des populations civiles nous renseigne encore, une fois de plus, sur la cruauté de nos ennemis. Aussi, devrions-nous, dans un sursaut national et patriotique, réaffirmer notre détermination et notre engagement aux côtés de nos forces de Défense et de Sécurité, pour venir à bout de ces forces du mal », avait alors déclaré le président Roch Marc Christian Kaboré dans un communiqué, décrétant un deuil national de 48 heures.

Selon les autorités, les volontaires bénéficieront d’une formation de 14 jours à l’issue de laquelle ils seront dotés d’outils de communication, de vision et d’un armement léger. Ils seront par ailleurs « continuellement remis à niveau » durant l’année de leur engagement et « dépendront des forces armées nationales », a expliqué le porte-parole du gouvernement Rémi Fulgence Dandjinou. Ce dernier a précisé que le nombre de civils concernés dépendrait « des villages et des nécessités ».

Avant le Burkina Faso, d’autres pays africains comme le Cameroun et le Nigeria ont tenté de faire participer les civils à la lutte contre le terrorisme à travers des initiatives similaires. William Assanvo, chercheur à l’Institut d’études de sécurité (ISS) et spécialiste de l’Afrique de l’Ouest, en dresse le bilan et alerte sur les risques.

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